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Billet de blog 28 mai 2012

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Les désintérêts techniques et scientifiques de la gauche font l’intérêt de la droite

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Mon idée est que les gens de gauche sont trop désintéressés de la complexité des sciences et des techniques du réel qui fournissent pourtant les éléments et les modèles du pouvoir politique que savent très bien utiliser à leur exclusif profit les gens de droite et de l'élite financière.

Je comprends le mot « désintéressé » aussi bien au sens passif qu'au sens actif :

- au sens passif : involontairement, chacun se trouve isolé de fait, cloisonné des autres, restreint par les obligations et les réserves des secrets de sa profession. La récupération de nos compétences parvient toujours, directement ou non, aux organismes favorisant l'élite dominante du pays, et ceci jusqu'aux sphères mondiales, et c'est un service rendu souvent au nom de la nation ou du service public, alors qu'en réalité il ne sert qu'en partie et très marginalement le bien commun et l'intérêt du plus grand nombre. Il arrive que certains de nos contemporains ne soient pas du tout conscients de leur (de notre) participation à cette manne, une manne qui leur échappe et qui nous échappe et, qu'eux et nous, offrons involontairement à d'occultes directions par notre main d'œuvre, nos travaux, nos implications, nos cultures, nos sous-traitances, nos bénévolats, nos ignorances, nos naïvetés, notre illusoire cynisme, notre désintérêt pour l'intérêt du plus grand nombre...

- au sens actif : chacun de nous, à gauche, peut être un excellent chercheur ou technicien, ou artiste, médecin, juriste, économiste, etc., mais son savoir et son savoir faire seront mis professionnellement au seul profit des institutions dominant le monde. Jamais (ou très rarement, que je sache, ou encore très peu, à la marge) les institutions sociales ne tireront de grands bénéfices des compétences techniques de leur collaborateur ou partenaire. Le paradoxe est que c'est tout à fait possible, dans nos sociétés, d'avoir d'excellents ingénieurs du nucléaire qui puissent à la fois faire vivre l'industrie nucléaire, et à la fois informer les militants des partis anti-nucléaires. Idem pour la haute finance d'affaires, l'agro-alimentaire, l'armement... C'est ce que nous appelons "les contradictions du système", c'est-à-dire que, personnellement, dans nos métiers, nous faisons allégeance à des hiérarchies dont nous n'ignorons pas qu'ils sont nos adversaires politiques (il y a une politique pour la finance et une politique pour le social... Il arrive qu'en préférant moralement le social, nous servions l'intérêt du financier), nous sommes de fait les loyaux collaborateurs libres et volontaires d'un système qui est pourtant celui que nous réprouvons, et c'est en toute conscience que nous participons de sa réussite, ce qui est le cas de la plupart des gens de la bourgeoisie dite "bohème", cadres, hauts fonctionnaires... qui votent PS ou droite.
Mon idée est que, globalement, le monde se partage entre deux fronts : l'un qui pense d'abord FINANCE et l'autre qui pense d'abord SOCIÉTÉ.
1. a) - Le front financier sait jouer d'une infinité de techniques et de sciences complexes dont toutes les réussites donnent jusqu'à présent le pouvoir au libéralisme d'affaires.

1. b) - Le front social sait raisonner en termes humanistes et de prise en considération des autres et de soi dont toutes les réussites donnent des mutualisations, des coopératives et des mesures solidaires.

2. Aujourd'hui (depuis l'Argentine 2001, la crise de novembre 2008, l'Islande 2010, la Tunisie 2011) ces deux fronts sont en train de se faire une véritable guerre (la finance des banques contre le social du peuple).
?

La paix ne viendra pas d'une victoire de l'un sur l'autre, mais, selon moi, d'une capacité des gens de gauche et des gens de droite à savoir s'intéresser aux techniques de fonctionnement et de pensée du front adverse... et mêler le financier au service du social, le social au service du financier.

Entre les temps que nous vivons aujourd'hui et les temps où le bien-être social se confondra au bien-être financier, il faudra la prise de conscience que tout le pouvoir ne se résume pas au seul politique : nous avons vu l'économique prendre le pouvoir en s'affranchissant du suffrage universel. D'autre part, la politique idéale, si elle est démocratique, ne peut pas être cette fausse démocratie qui laisse toujours le pouvoir aux élites bourgeoises dominantes et jamais aux gens du peuple. Il faut revoir donc deux principaux paradigmes : d'abord les moyens de rendre le pouvoir au peuple dans sa diversité, et, ensuite penser aux moyens de redistribuer au social toutes les richesses que de la finance a confisquées au peuple.

Jean-Jacques M’µ

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