83 MARQUES ET MULTINATIONALES PROFITENT DU TRAVAIL FORCÉ DES OUIGHOURS

Il ne se passe pas une semaine sans qu'un article de la presse occidental et à raison ne dénonce le traitement des Ouighours par le régime Chinois. Pourtant cette même presse est bien plus discrète sur les liens entre grandes firmes multinationales et camps de rééducations...

travail forcé Apple Chine

Cette province du Nord Ouest jouxte la frontière Kazakh et celle de la Mongolie. Le Xinjiang est une région stratégique pour la Chine au climat dur, avec de fortes amplitudes thermiques, des paysages montagneux et arides, traversées par une route où le fret transite en continue comme sur la voie ferrée Yiwu - Londres ou Yiwu Madrid qui traverse cette  région très militarisée.

La capitale est Urumqi, confinée par Beijing en Janvier très tôt, puis récemment après l'annonce de nouveaux cas présumés de Covid . L'Etat Chinois d'ailleurs, explique dans le Quotidien du Peuple, que la région est "infiltrée" par des extrémistes musulmans, et que c'est pour faire la guerre aux terroristes que ces camps prétendument de rééducation sont ouverts. 

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Ce qu'on sait moins, et ce dont la presse parle rarement, c'est la complicité que ces camps ont avec des firmes, 83 au total parmi lesquelles des firmes automobiles, des grandes marques de prêt à porter etc etc ... dont beaucoup de produits ou de matières premières empruntent les routes de la Soie, soit par bateau mais aussi par train, entrant notamment en UE par Terespol en Pologne où le contrôle le plus drastique est effectué, pour ensuite un déboulé vers Madrid et Londres, sans rien de plus à présenter de formalités douanières. 

A Terespol, le train traverse la frontière, passe un examen aux rayons X, où le douanier qui inspecte ses écrans ordonnera de fouiller ça et là tel ou tel container. Le train s'arrêtera ensuite à Duisbourg en Allemagne, quasiment sans controle supplémentaire .. Nous sommes dans la zone Schengen et le laisser passer de Terespol suffit pour que la marchandise aille livrer vers un de ces comptoirs d'entrepôts qui jonchent le parcours jusque Madrid et Londres, et où des employés chinois travaillent sans compter. 

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On estime que dans la province du Xinjiang des dizaines de milliers (certains disent un million ) de Ouighours sont internés, non dans des camps de concentration selon Ding Yifang, universitaire chinois intervenant sur CGTN, média francophone de la RPC, mais précise t'il en "camp de rééducation". Ces camps sont en réalité des camps de travaux forcés, où il est bien plus facile d'entrer que de sortir. 

Ce qui permet de qualifier ces camps de camps de travaux forcés sont les critères suivants :

- La suggestion des détenus par l'intimidation et la menace, leur entrée par le biais d'arrestations arbitraire, leur surveillance en continu par le biais d'appareillages électroniques de la caméra à des bracelets sans parler de la camisole numérique que constitue l'appareil sécuritaire qui entoure ces camps. 

- Les détenus sont placés en situation de grande vulnérabilité, subissant des pressions quant à des membres de leurs familles menacés par le régime. 

- Leurs libertés de mouvements sont restreints par une surveillance high tech. 

- Les travailleurs y sont ségrégués entre travailleurs forcés et autres salariés, dans les usines reliées à ces camps, 

- Management militaire, endoctrinement, cadences infernales,  violence de l'encadrement. 

- Épuisement au travail, cours de mandarin, interdiction de pratiques religieuses (l'Islam est la religion des Ouighour)

Ces camps sont rattachés à des unités de productions qui font écran à leur caractère carcéral. 

Ces usines sont disséminées partout en Chine de sorte que cette main d'oeuvre de détenus travailleurs forcés. C'est dans des trains spéciaux que les travailleurs Ouighours vont assurer la production pour de grandes multinationales européennes, US et autres. 

Ainsi  Taekiang a Qingdao emploie 600 travailleurs forcés en plus de ses salariés. 

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 (Aspi)

Des unités comme celles ci, il en existe des dizaines dans toute la Chine

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 (Aspi)

On en trouvera évidemment au Xinjiang, comme HYP 

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(Aspi)

Ces 83 firmes et multinationales sont les suivantes :

 Abercrombie & Fitch, Acer, Adidas, Alstom, Amazon, Apple, ASUS, BAIC Motor, BMW, Bombardier, Bosch, BYD, Calvin Klein, Candy, Carter’s, Cerruti 1881, Changan Automobile, Cisco, CRRC, Dell, Electrolux, Fila, Founder Group, GAC Group (automobiles), Gap, Geely Auto, General Motors, Google, Goertek, H&M, Haier, Hart Schaffner Marx, Hisense, Hitachi, HP, HTC, Huawei, iFlyTek, Jack & Jones, Jaguar, Japan Display Inc., L.L.Bean, Lacoste, Land Rover, Lenovo, LG, Li-Ning, Mayor, Meizu, Mercedes-Benz, MG, Microsoft, Mitsubishi, Mitsumi, Nike, Nintendo, Nokia, Oculus, Oppo, Panasonic, Polo Ralph Lauren, Puma, Roewe, SAIC Motor, Samsung, SGMW, Sharp, Siemens, Skechers, Sony, TDK, Tommy Hilfiger, Toshiba, Tsinghua Tongfang, Uniqlo, Victoria’s Secret, Vivo, Volkswagen, Xiaomi, Zara, Zegna, ZTE.

Ces firmes sont citées dans un courrier de Global Legal Action Network (Glan) et le World Uyghur Congress (Wuc)  adressé  au gouvernement britannique, plus précisément au HM Revenue and Customs (HMRC), pour demander une enquête et  suspendre les importations de produits en coton de la région du Xinjiang où « des preuves accablantes » montrent le recours généralisé au travail forcé impliquant des Ouïghours de Chine dans son industrie cotonnière. 

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Volkswagen à Urumqi

Leurs produits jouissent de tous les allègements de taxes que leurs confèrent les traités de libre échange, parfois des aides publiques dans certains Etats. On reconnaîtra aussi des marques et industries profitant de la commande publique.. .Alstom, Bombardier... d'autres BMW, NOKIA, Mercedes-Benz et d'autres profitent des politiques de l'UE, avec à leur capital souvent des Etats donnant de grandes leçons de démocratie. 

Il paraît essentiel dans le sillage d'ASPI, et des associations qui l'exigent que la France et l'UE fasse toute la lumière sur les firmes qui profitent du travail forcé des Ouighours, des prisonniers politiques Chinois, Hong Kongais, et prennent les mesures, sanctionnent les multinationales ayant recours au travail forcé des Ouighours. 

Moins de déclarations de principes, plus de transparence, moins de complaisance, plus de bâtons dans les roues des persécuteurs seraient bienvenus. Comme il serait souhaitable de sanctionner lourdement, les firmes qui par leurs pratiques se rendent complices du régime chinois. 

Enfin, on remarquera que GM, ou Coca Cola, les principaux GAFAM font partie du lot. 

Il est temps qu'elles payent un lourd tribut de leur complicité objective avec l'organisation concentrationnaire de rééducation que la République Populaire de Chine a déployé sur son territoire .

D'après Australian Strategic Policy Institue, les firmes auraient pu être trompées par le régime Chinois et ne pas avoir su que leurs fournisseurs avaient recours à du travail forcé. 

Certaines se sont engagées à garantir des produits non fabriqués par des travailleurs forcés, d'autres non jamais daigné répondre aux questions des rares médias qui se sont penchés sur la question. 

Liens complémentaires  : 

Uyghurs for sale -Australian Strategic Policy Institute

​Apple, Nike, BMW, Alstom, Lacoste... 83 grandes marques liées au travail forcé des Ouïghours en Chine, selon une ONG - Marianne 

Les produits en coton en provenance de la région du Xinjiang en Chine sur la sellette - Commodafrica

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