Quand la Démocratie n'est pas là, la pandémie danse...

"En temps de paix, les riches auront le droit de prendre la sueur au front des pauvres et en temps de guerre, les pauvres auront le droit de prendre la place des riches... au front également" Pierre Déproges.

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"En temps de paix, les riches auront le droit de prendre la sueur au front des pauvres et en temps de guerre, les pauvres auront le droit de prendre la place des riches... au front également"
Pierre Déproges.

Depuis l'explosion de l'épidémie de COVID 19 en Février, tombent les salariés, les médecins, les militants, les soignants, les personnels d'entretien, les éboueurs, les agents d'entretien, les secouristes, les policiers, les militaires, les électriciens dont ceux du nucléaire. Cette épidémie pénètre ainsi les chaînes de fonctionnement du quotidien du  pays. Ce virus tue, affaiblit les individus obstruant les services médicaux et de sécurité civile, les morgues, les bousculant, secouant les organisations anémiées par des années de coupes budgétaires, auxquelles se sont agglomérées les manifestations de mépris du pouvoir Macron. 

Après les équipes soignantes décimées par le COVID, les travailleurs précaires livreurs de biens de premières nécessité, les caissières, les électriciens des centrales nucléaires, les policiers, les gendarmes, ce sont aussi les militaires de la marine, de l'armée de l'air, de terre en OPEX qui se trouvent percutés par la contamination. 

La Ministre de la Défense s'est illustrée par une citation qui fera date par son exotisme en réponse à l'interrogation de la représentation nationale : " Qu'on tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de jeter la première pierre", qu'on pourrait traduire par silence dans les rangs !

Pourquoi donc, les services les plus stratégiques de ce pays, voient leurs "premières lignes" et premiers de cordée tomber sous les ravageuses pénétrations du COVID 19  ? 

1) Parce que le gouvernement, les pouvoirs qui en dépendent c'est à dire les cadres les plus haut de l'administration, les cabinets et officines privées qui "conseillent" le pouvoir, ne tiennent aucun compte, n'écoutent pas et n'entendent pas le faire les services de l'Etat compétents et ses "premiers de corvée".  Car qui peut un instant croire que les services français, les meilleurs spécialistes n'aient pas prévenus dès Novembre et durant des mois que des événements, des mouvements anormaux avaient lieu en Chine et que des anomalies sanitaires se produisaient .

2) Non seulement, le gouvernement a choisi de s'appuyer sur des gens de leur "bord" du moins, ne représentant aucun potentiel critique à l'endroit de sa ligne politique et de ses décisions contre l'avis de ses propres services mais il a choisi de réduire au silence toute voix discordante comme c'est son habitude. 

3) Il a choisi d'amuser le "bon peuple" parce qu'il le toise ,- c'est son habitude- et le méprise, le sous estime, parce qu'il se croit supérieur. 

4) Si ce pouvoir à tout ses niveaux des départements aux ministère et évidemment  à l'Elysée, peut se comporter de la sorte faisant fi de tous les avertissements, de toutes les informations, de toutes les alertes, c'est parce que la Vème façon Macron n'est pas démocratique, car un régime démocratique avec un pouvoir dépendant de la souveraineté populaire et nationale, ne peut ou ne pourrait se payer le luxe d'une hécatombe résultant en grande partie sinon entièrement sur sa négligence et des choix absolument édifiant de l'errance de ce qui les a sous tendu : un complexe de supériorité et un fanatisme idéologique incurable, emprunt d'un mépris de classe brutal et violent. 

5) Le fait que les équipes du Nucléaire, les lignes stratégiques de la Défense Nationale (Armée de l'Air, Le Charles de Gaulle, voire des agents de renseignements ) aient été atteintes bien au delà des premiers cas officiels et aussi en amont de ces cas alors que l'épidémie est méconnue en France) révèle non seulement les dégâts des coupes aveugles dans les budgets, la faillite collective (non individuelle) du système de promotion et de recrutement des décideurs au sein de l'organisation de l'Armée et de l'Etat Major dont la qualité principale important au pouvoir politique est celle d'accepter n'importe quoi sans critiquer , et de gérer la pénurie. C'est ainsi que la culture de sécurité sanitaire a été sabrée, ce qui révèle aussi le déclin de la défense nationale qui a subi comme l'ensemble des services et entreprises d'Etat la systématisation de "l'externalisation" et de la privatisation asséchant les compétences de ces services .  Ceci révèle une fois de plus l'absence de "sens de l'Etat" de gens qui doivent tout à l'Etat et aux impôts que versent les citoyens .

6) Ce pouvoir car il est affranchi par la constitution de l'essentiel de ce que devrait être un contrôle démocratique considère ses agents comme des pions, des rien, quand ce n'est pas comme des bouches inutiles voire des parasites.  On pourrait en cela, parler de syndrome auto référentiel c'est à dire qu'en miroir déformant, cette caste qui accapare le pouvoir voit ceux qui servent ou plutôt craignent qu'ils ne se comportent comme elle même.. 

7) De la pénétration de ce virus au confinement rendu incontournable par l'absence de procédures de prévention, d'outils de mesure , d'équipements de protection à la contamination et l'exposition des véritables élites de ce pays (celles qui font tourner le pays en réalité même mise en danger) tout révèle la carence démocratique génératrice de chômage de masse autant que d'inégalités dont souffre de façon aigue ce pays. 

8) Cette absence de démocratie et de représentativité tant des dirigeants, de la haute fonction publique , des cadres de l'Etat , du pouvoir l'isole, et le rend alors totalement perméable à une hyper dépendance au grand capital... C'est ainsi que plutôt que de réquisitionner on fait appel au mécénat de ceux que l'Etat arrose d'argent public tant pour Notre Dame que pour les masques et le reste. 

9) L'exposition des premières lignes a été favorisée également par l'affaiblissement chronique de leur image auprès du "grand public" et aussi de leurs salaires. Le salaire est devenu un "gros mot" pour ce pouvoir et non seulement leur augmentation . c'est à la tâche que "la reconnaissance " macroniste s'exprime : On donne des primes... et non des salaires, comme on donne des médailles aux militaires. Un symptôme de plus de la caporalisation de la société. 

Macron est passé de ses rodomontades, -" qu'ils essaient la dictature" -, à la fausse autocritique , - "il n'est pas responsable de la pénurie puisque la pénurie est partout" ou " le marché est en tension" . L'Etat d'urgence sanitaire comme la distanciation évite toute contradiction, et le quasi monopole de la prise de parole est réservée dans les médias au pouvoir politique comme au "pouvoir scientifique" . La distanciation sociale s'accouple dans les médias, au gré d'une constitution où l'opposition est limitée au témoignage et écartée de la prise de décision. 

Elle assigne à résidence le peuple des " gouvernés" dont la dernière expression citoyenne a été suivie outre l'hécatombe qu'elle a généré en partie, par une assignation à résidence généralisée, et contrainte par une répression et un contrôle de plus en plus serré. Le tracking est même "à l'étude" via des opérateurs privés ... Notre privation de liberté est ainsi monnayée, mise sur le marché et privatisée potentiellement . 

Comme ailleurs dans le monde, la pandémie profite en France de l'affaiblissement de la démocratie, des inégalités et de la toute puissance des grands groupes et de leurs communicants qui ont table ouverte à l'Elysée .

Si le vaccin est la meilleure parade contre la maladie, la Démocratie est la meilleure barrière contre la pandémie qui elle profite de la privatisation de pans entiers des compétences des services et entreprises publiques. 

Django Reinhardt - Echoes of France © Andreas Misund Berntsen

 

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