L'affaire KERVIEL rebondit... On pouvait s'y attendre...
M SAPIN déclarait au moment de la photo que KERVIEL était un escroc, établissant sur son compte le délit d'escroquerie...
Ainsi, la vidéo dont le lien est mentionné montre la violence et l'acharnement du pouvoir à boucler cette affaire rapidement. Quand on compare à certaines affaires dont les protagonistes furent de hauts dignitaires de l'Etat, on peut légitimement s'intérroger sur les lenteurs de la JUSTICE à statuer sur les "affaires"...
KERVIEL aujourd'hui porte un bracelet électronique, après des mois de prison, pour une enquête, qui si la commandante dit la vérité, a été largement orientée, pour ne pas dire truquée.
Bien évidemment, la révision du procès KERVIEL est un impératif.
Si la révision de ce procès donne raison à KERVIEL. C'est qu'elle donne tort à tous ceux qui à des niveaux divers de décisions ont contribué à l'injustice présumée faîte à KERVIEL. De ces dignitaires, il en est dans l'ETAT, dans les services bancaires, dans les services financiers. Quelles suites judiciaires seront données pour ceux qui ont sciemment trompé l'Etat, ceux qui ont "renfloué" les pertes occasionnées par les "imprudences" de la SOCIETE GENERALE, et plus largement le système bancaire ?
Si la révision de ce procès donne raison à KERVIEL ... c'est toute la chaîne de transmission reliant l'ETAT, la JUSTICE, BERCY... qui a commis des manquements graves sous deux pouvoirs démocratiquement élus... Bien sûr on peut condamner les protagonistes... les acteurs de la partie adverse à KERVIEL. C'est d'ailleurs la moindre des choses si KERVIEL est définitivement innocenté.
Mais après avoir appris que les élections depuis 95 sont entachées d'irrégularités quant à leur financement, que l'arbitrage de l'affaire TAPIE, a également mis en liaison le CREDIT LYONNAIS, et l'homme d'affaire, pour une somme finalement réglée sur fonds publics, avec la "bénédiction" de hauts personnages de l'Etat.... et le reste... KARACHI, BETTENCOURT, et les autres...
L'affaire KERVIEL est un énième révélateur d'une crise sans précédent depuis l'affaire DREYFUS de la REPUBLIQUE. La vérité d'ETAT imposée... pour couvrir des intérêts privés, et imposer le dogme quasi religieux de la dette, de l'austérité, des choix à sens uniques, libéraux, de classe et de caste, afin de substituer à l'ordre démocratique, un ordre reposant sur l'installation de les inégalités sociales, statutaires, de droits. C'est un révélateur que nous vivons un ersatz de démocratie, pseudo républicaine, né du pourrissement de la VEME REPUBLIQUE..
Nous ne sommes plus dans une histoire d'individus verreux. L'Affaire KERVIEL n'est pas la défaillance de quelques hommes. C'est la défaillance de tout un système, la VEME REPUBLIQUE, qui a mis en défaut qui les organisations représentatives du peuple français, les médias, les juges, ainsi bien sûr que les plus hauts dignitaires de l'ETAT.
L'escroquerie que dénonce SAPIN... a bien eu lieu. Elle a permis à une banque de se renflouer sur le dos du contribuable, pour verser des dividendes à ses actionnaires, pour que ceux-ci se taisent sur le fonctionnement antérieur qui a mené à la quasi faillite de la SOCIETE GENERALE. Combien de banques ont été dans ce cas entre 2008 et 2010 ? C'est cette escroquerie là, que l'on tente aujourd'hui de camoufler depuis 2007 par de pseudos débats identitaires.
La raison en est simple. La perte de confiance de la classe moyenne en elle-même, le dogme de la dette, la divisant profondément, la perte de confiance dans l'avenir, la poussant dans l'endettement de ses propres enfants pour assurer les études, endettement qui autrefois, servait à accroître son patrimoine devenu monopole des couches supérieures... la conduit à renoncer à la solidarité, à la décence des conditions de travail, à tout progrès, à tout partage. Couteau du banquier sous la gorge, à force de mauvais coups, de maltraitance austéritaire, elle renonce, peu à peu à la REPUBLIQUE. KERVIEL est la preuve de l'escroquerie que nous vivons, qui consiste à faire du renoncement au droit, à la démocratie, à la REPUBLIQUE, le moindre mal, pour conserver un peu de sécurité, un peu d'espérance dans l'avenir de ses propres enfants, pour assurer à ceux-ci une instruction, une éducation, qui leur permettent d'avoir quelques chances de s'en sortir.
La révision du procès KERVIEL est incontournable. Avec elle, il s'agit de démasquer le crime de l'idéal républicain qu'on est entrain de commettre au nom de la sécurité... Celle-là même que le dévoiement de la justice par une banque a été compromise.. Celle-là même que les lois macron achèvent au travail... Celle-là même que la loi Renseignement entend garantir, en privant tout individu de toute intimité.
C'est un cadre de la fonction publique qui dénonce aujourd'hui les manquements graves commis lors de l'enquête. Ce sont des cadres qui individuellement se sont transformés en lanceurs d'alerte contre les banques suisses qui organisaient sur notre sol l'évasion fiscale. Ce sont des cadres aussi, qui dénoncent leurs administrations publiques et privées lorsque celles-ci compromettent la sécurité et la décence de procès de travail. Ce sont aussi des cadres qui protestent lorsqu'ils sentent leurs avantages aujourd'hui remis en question dans la société.
Il faut lire EMMANUEL TODD lorsqu'il exprime sa lecture de la société... Certes il reste dans les classes moyennes des poches de réelle résistance. Mais avant ces révélations, sous la pression, tout un pan de la classe moyenne avait adopté le point de vue de l'escroc... celui qui impose l'austérité, le remboursement de la dette... le point de vue de la Banque. Faute de s'attaquer à l'escroc, on cherche des boucs émissaires, perdu dans une crise métaphysique. Sans dieux, on croyait encore en la République, en la parole des juges, en la parole savante, en la banque (qui s'en était soi disant sortie)... Le bouc émissaire, c'est le plus pauvre... celui à qui on ne veut surtout pas ressembler.
La révision du procès est indispensable. Elle montrera la mort de la VEME REPUBLIQUE. Elle placera alors la classe moyenne devant un choix des plus simples. S'unifier avec ceux qui n'ont rien, elle qui n'a que des dettes...si elle y réfléchit, entre la sienne propre, celle de ses enfants étudiants, celle des autres... (des plus riches, des plus pauvres qui ne peuvent plus l'honorer), pour changer et aller vers une nouvelle République à qui elle donnera les moyens de la redistribution des richesses comme des dettes. Soit elle continuera de se diviser jusqu'à emmener ses enfants au désastre d'écouter les "sirènes" de ceux qu'elle rembourse déjà ... les mêmes qui la rackettent par l'austérité.
Justice pour KERVIEL doit être faîte. Justice également pour le Peuple. KERVIEL est dans cette affaire le digne représentant de ces classes moyennes pris en étau. A ne pas réagir comme il se doit... après avoir sacrifié son statut, sa sécurité, son confort, alors on lui demandera comme depuis un siècle de sacrifier ses enfants. Après s'être serré la ceinture, elle baissera le pantalon.
Il est largement encore temps de réagir. Changeons les règles. Changeons de REPUBLIQUE.