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Billet de blog 28 déc. 2021

Pour Macron, les politiques sont toujours bonnes, l'enfer c'est les gens...

Rarement un dirigeant n'aura autant systématisé un management brutal reposant sur un principe, presqu'un adage : les politiques mises en oeuvres sont toujours bonnes, l'enfer c'est les gens.

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Adoptant un ton martial, répétant chaque fin de phrase de façon sentencieuse, Castex annonçait ce lundi un cortège de mesures dont certaines laissent pantois, d'autres ont le goût du réchauffer, du déjà vu lors des dernières vagues de l'épidémie covid. 

Peu importe qu'aucune de ces mesures n'aient vraiment fait leurs preuves. Non, il s'agit de montrer que le pouvoir agit dans un contexte où jamais il ne remettra en question, malgré d'anciennes promesses,  des politiques de fermetures de lits, de services , d'hôpitaux, et la désorganisation territoriale du service public de santé. 

L'étendue de la vague covid est consécutive à bien des mesures prises par Macron aux différentes fonctions qu'il a occupées durant la décennie écoulée, mais qu'importe, la pression sera mise sur les gens jusqu'à les empêcher de boire ou de manger debout dans les cafés , où déjà ne sont autorisés que les porteurs du fameux QR Code, dont l'obtention se complexifie "en même temps, obligeant les entreprises à organiser le télétravail "où cela sera possible " (sans plus de précision) etc etc.. 

Pour l'ISF, Macron avait promis qu'il évaluerait la suppression au cours de ce mandat. Promesse en l'air évidemment. 

Un article de Jacobin analyse ce principe constant chez Macron et son pouvoir, "les gens sont toujours le problème, jamais les politiques menées," déguisées pour ces dernières de termes pompeux fortement anglicisés, pour permettre de le rattacher à une science managériale, supposée moderne et dans le vent  ! Et du vent c'est bien ce qui caractérise le mieux les contextualisations que Macron , Darmanin , Véran, Castex et les autres nous servent pour imposer sans débat des mesures et politiques plus ou moins scélérates et souvent désastreuses dans leurs effets. Il suffira ensuite de produire un bricolage d'évaluation, un chapelet de chiffres fournis à la demande , parfois inventés ou conçus sur mesure par des administrations "dédiées" ! 

La pauvreté est donc la faute des pauvres, le chômage celle des chômeurs, la maladie la faute des malades (rappelons la tirade du Préfet Lallement au début de la pandémie affirmant que les gens en réanimation étaient ceux qui ne respectaient pas les gestes barrière ! ) ...

L'extrême droite ne fait pas autre chose lorsqu'elle tente de faire accroire que les gens se regroupent volontairement dans certains quartiers selon leurs ethnies et religions et non parce que le foncier, le coût des loyers, la fiscalité locale ne leur laissent guère la liberté de s'installer ailleurs ! 

L'article de Jacobin* a pour thème le Schéma National de Maintien de l'Ordre et développe l'analyse qui suit... 

... "Le dernier Shéma National de Maintien de l'Ordre laisse une si grande marge de manœuvre et d'interprétation aux personnes chargées de « préserver l'ordre » inquiète les défenseurs des libertés civiles, qui craignent que peu de choses ne changent dans la culture de la police française.

Par exemple, le dernier SNMO contourne avec élégance l'interdiction du Conseil d'État de faire bouillir les manifestants. « Afin d'éviter l'utilisation de techniques répressives qui pourraient présenter des risques encore plus importants de préjudices pour les personnes », lit-on dans le document, « il peut être nécessaire d'encercler un groupe de manifestants pour prévenir et mettre fin à des violences graves et imminentes contre personnes et biens.

S'il semble que le ministère de l'Intérieur se moque du Conseil d'État, le document précise qu'un « point de sortie contrôlé » sera prévu et que le piégeage ne peut être utilisé que pendant une « période de temps strictement définie et nécessaire ». De même, les policiers sont encouragés à « communiquer régulièrement » avec les manifestants piégés afin de « les informer de la situation ». Sans surprise, la section conclut en remettant un chèque en blanc aux policiers : « La possibilité offerte aux [manifestants] de sortir de l'enceinte clôturée doit être constamment réévaluée avec discernement au vu de la persistance de la menace ou des troubles qui ont justifié la mise en œuvre de cette technique."

« Tout est orienté vers l'usage de la force. Les protestations sont présentées comme un risque », a déclaré Simpere à Jacobin . « La police a également la responsabilité de faciliter les manifestations, d'assurer la sécurité des manifestants. Ce rôle positif a été entièrement marginalisé. De toute évidence, « préserver l'ordre » est un aspect de toute protestation. Mais la rendre aussi centrale qu'elle l'est aujourd'hui, dans le contexte de tensions majeures entre les forces de police et les manifestants, n'est pas ce dont nous avions besoin.

En effet, mis à part les subtilités du protocole policier, le plus inquiétant est la philosophie qui sous-tend le nouveau SNMO du début à la fin. Grenades lacrymogènes, balles en caoutchouc arrachant les yeux, déploiement de nouvelles technologies comme les drones, arrestation immédiate d'individus suspects, piégeage de manifestants afin d'inciter à la violence et justifier ainsi un éclatement forcé de la manifestation. . . pour un ministère de l'Intérieur enhardi, l'arsenal massif d'armes et les nouvelles tactiques agressives que l'appareil policier français a développées ces dernières années ne sont tout simplement pas le problème.

Selon les auteurs, c'est la présence « d'éléments révolutionnaires et séditieux » et « d'individus bien organisés et ultraviolents » qui « remet sérieusement en cause la liberté de manifester et la capacité de la garantir ». Dans le monde à l'envers présenté par le SNMO, ce sont les manifestants eux-mêmes qui représentent la plus grande menace pour le droit de manifester."*

Ainsi, les politiques et les mesures prises sont elles excellentes quand les manifestants eux, menacent la liberté de manifester selon Macron... 

Et lorsque l'OMS déclare qu'il ne faut contraindre qu'en dernier recours à la vaccination et que convaincre est plus efficace, Macron lui ne rend pas obligatoire le vaccin, mais rend la vie des gens impossible afin de les contraindre à se faire vacciner. Et la pression mise sur les non vaccinés, parfois au péril du fonctionnement normal de certains services, c'est évidemment aux non vaccinés qu'on le doit, eux qui remettent en cause selon le pouvoir, la liberté vaccinale prévue par la Loi en France. 

(*) Pour Emmanuel Macron, le libéralisme, c'est laisser la police armée faire ce qu'elle veut - Jacobin  (en anglais)

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