NON AU PROJET DE MODIFICATION DE LA CONSTITUTION. NI ETAT D'URGENCE ENCORE MOINS LA DECHEANCE.

Hollande propose la déchéance de nationalité et l'Etat d'urgence comme énième bricolage de la VEME REPUBLIQUE qui n'en finit plus de mourir.

Tout a certainement été dit ou presque sur le projet de "réforme constitutionnelle" qui inclurait et l'Etat d'urgence que le Conseil Constitutionnel vient de valider, et la déchéance de nationalité des binationaux auteurs de crimes terroristes. Ce faisant il divise les Français. Il créé même en mirroir un statut des Français de souche qui n'aurait pas l'audace de prendre une autre nationalité. 

Certains proposent des alternatives... c'est le cas d'une député PS... D'autres proposent une lecture juridique et tournent les mots les uns dans les autres pour finir finalement par le rejeter... d'autres encore "implorent le président" comme si le monarque républicain avait une fois durant ce mandat respecté le mandat reçu par la majorité de ce pays, comme si ensuite, il avait écouté le ras le bol généralisé qui s'exprime dans l'opinion. 

Or, nous avons devant nous un projet dont l'efficacité ne fait pas partie des arguments des porteurs. Un projet qui se passe d'un vrai diagnostic de la situation, d'un vrai débat populaire, car nous sommes en état d'urgence pour encore deux mois, se passe d'un référendum qui serait légitime pour changer la constitution. 

Avant de proposer un tel projet, il serait bien que quelques députés socialistes libres, nous apporte quelques chiffres : 

- Combien de terroristes de l'EI, portant la nationalité française ? 

- Combien d'entre eux ont la double nationalité ? Est ce une majorité qu'il faille dans une logique de guerre, dit M HOLLANDE, qu'on pourrait ressentir comme une loi du talion ? 

- Combien sont français sans origine autre que française ou européenne ? Quelle est la proportion ? Quelle est l'origine sociologique de ces jeunes et moins jeunes ? 

La question se pose puisque l'ensemble de la propagande, de la "com", oriente les débats, non sans danger, autour de la "communauté musulmane", de l'Islam etc...

- Combien d'armes saisies depuis l'Etat d'urgence ? Quelles en sont les origines ? D'où viennent elles à l'origine ? Il est en effet frappant de voir autant d'armes circulant en UE, à partir parfois des Balkans.. mais pas seulement. 

- Qui a armé l'EI lorsqu'il était encore le front al nostra ? 

- Qui achète le pétrole de l'EI ? 

- Combien de civils tués en IRAK, en SYRIE par les bombardement de la coalition et de l'OTAN ? 

Ces questions attendent des réponses essentielles afin d'alimenter un débat lui aussi fondamental dont le gouvernement, et en premier lieu le Président Hollande, écarte le peuple, afin de changer la constitution comme d'autres avant lui l'ont fait sans avoir à demander l'avis de la Nation. Pire, il semble que les moins de 15 % de l'électorat inscrit qui ont voté FN aient droit à ce projet qui les inspirent contre tous ceux qui n'ont pas voté pour eux.

De tout cela rien... de sorte que comme depuis le mois de janvier le président de la République a lui même à des fins politiciennes, privées et personnelles, relancé un débat qui n'est guère que celui que Besson eût en charge, que Sarkozy flanqué de BUISSON lança lors du dernier mandat présidentiel. 

Nous assistons donc à un cortège de positions morales, des discours préfabriqués sur les binationaux, les banlieues, ciblant telle ou telle origine, sans jamais s'acquitter de la moindre des choses en démocratie, celui de véritablement s'acquitter d'un diagnostic précis de la situation. 

Certes on a eu les attentats, le seul diagnostic précis, la seule réponse qu'apporte le gouvernement et la Réprésentation Nationale à ses électeurs, à ses citoyens est le "on est en guerre" qui suffit aujourd'hui à décréter l'Etat d'urgence prolongé avec un quitus global à l'aveugle de la quasi totalité des députés, qui n'ont reçu par définition aucun mandat populaire pour prendre une telle décision. Tous sauf sept députés qui eux ont eu le courage de dire non. 

Inscrire l'Etat d'urgence tel que le veut HOLLANDE ne sert à rien d'autre que de manipuler l'ensemble du champ politique puisque le Conseil Constitutionnel a validé l'ensemble des dispositions mises en oeuvre par les pouvoirs publics. Le but est donc de signifier au peuple qu'on fait quelque chose, et que le Monarque tient la barre, et qu'il se représentera devant le peuple en 2017, malgré un bilan désastreux, mais... en ayant assuré la sécurité de tous. 

La déchéance des binationaux condamnés pour des faits de crimes terroristes seraient déchus... Tout a été dit sur l'inefficacité, tout sur la violation de la déclaration des droits de l'Homme, tout également sur la stigmatisation d'un bouc émissaire tout trouvé... les binationaux ... et de voir le débat tourné autour de "est ce que les bi nationaux ne seraient pas plus égaux que les autres " , c'est un peu le sens de l'écrit de SAPIR qui en voulant jouer l'important, pour dire qu'il s'opposait à ce projet (tant mieux !!!) disserte sur un sujet qu'apparemment il ne connaît pas. 

Hollande réussit donc par ce projet scélérat à atteindre son objectif unique... faire diversion sur le fait qu'il se représentera en 2017 coûte que coûte à la République. Pour cela il est prêt à relancer un débat stérile, diviseur, dangereux pour bien des Français. Il n'hésite pas à faire tapis de la déclaration des Droits de l'Homme, des bases mêmes de la Nationalité Française, des primes principes fondateurs de la République, de l'Histoire Révolutionnaire de notre pays pour assouvir sa pulsion de monarque.

Son calcul est simple, ce projet écrabouille Sarkozy, le place en second derrière LE PEN aux élections présidentielles selon ses projections savantes, entouré qu'il est de têtes bien remplies qui ont si bien géré la France depuis 3 ans. En même temps, il escompte que le sacrifice des électorat du nord et du sud permettront de lui garantir les votes de la droite... tel est le calcul du glorieux monarque de l'Elysée en nous faisant entrer dans une République des Représailles se substituant à une République de la justice.

Après avoir rendu les armes devant MERKEL et lui avoir servi de spadassin pour éliminer le peuple grec en mettant le couteau sous la gorge de TSIPRAS, refusé toute écoute des salariés, toute indulgence envers les syndicalistes en lutte, toute mansuétude vis à vis des plus pauvres, tout courage vis à vis des patrons, après ne pas avoir levé le petit doigt pour cesser l'austérité, et construire les conditions d'une réduction du chômage drastique... Son altesse offre pour les étrennes cette obole au FN et aux droitiers de LR, à BUISSON la déchéance sur un plateau. 

Que les députés pleurnichards du PS qui ont tout accepté jusqu'ici assument et qu'ils réclament s'ils se souviennent du mandat qu'ils ont reçu en 2012, un Référendum. 

Ce référendum ne sera pas une partie de plaisir pour la gauche ni pour ceux qu s'opposeront à ces mesures scélérates. Mais au moins les choses deviendront claires pour ceux qui en doute encore :

- Au lieu de trouver des solutions au marasme que les français vivent au quotidien, Hollande spécule sur les présidentielles à venir. 

- Si référendum il y a, alors nous pourrons voir clairement le FN faire la campagne dans les mêmes termes et aux côtés des partis qu'il dénonce comme le système. Ce sera une belle illustration qu'il en fait partie.

- Si le peuple se prononce, alors le FN apparaîtra comme une force d'appoint qu'il a toujours été des pouvoirs pas seulement politiques, en place. Il sera clair qu'il sert à maintenir le pouvoir en place partagé entre la droite et le PS, comme il sert à Strasbourg et Bruxelles de force de division dont se sert les deux groupes de droites et PSE pour maintenir l'UE dans la dépendance de l'OTAN, de l'austérité, dans l'idéologie de la dette. 

- La gauche pourra compter les siens avec aussi l'occasion pour les vrais républicains et démocrates de le faire aussi. 

- Cette convergence gauche et républicains véritables doit déboucher sur une porte de sortie de ces institutions qui ne répondent plus depuis longtemps aux besoin du pays. 

La République est une chose bien trop sérieuse pour la laisser dans les mains d'un monarque élyséen. Les événements des derniers jours montrent notamment qu'au sein même du gouvernement l'information ne circule plus et qu'une ministre au moins, et non des moindres, la Garde des Sceaux officiellement en charge de ce projet est régulièrement bafouée et court circuitée, la transformant, sous les coups les plus rudes de la droite, tantôt en alibi tantôt en putsching ball. 

Que Hollande assume son projet jusqu'au bout en le proposant au peuple, qu'il nous permette de faire campagne et de le contrer sur le terrain politique. Que les députés prennent acte que nous avons d'emblée changé de régime, qu'il n'y a plus de majorité et qu'ils aient le courage de démissionner de leurs partis. S'ils démissionnent de leurs mandats, cela otera au monarque d'être à l'origine d'une dissolution qui couve depuis des mois. Il se pourrait même que ce projet boiteux et scélérat n'ait de but que d'en arriver là. 

Trop c'est trop. Avec le rejet de ce projet c'est toute la VEME et sa noblesse d'Etat, son aristocratie privée qu'il convient démocratiquement de contrarier sévèrement. 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.