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Billet de blog 30 oct. 2022

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L’économie de la décroissance reste encore à inventer

L’année 2022 restera sans doute dans les mémoires. Parce que la conjonction des contradictions de la société n’a jamais été aussi étroite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme je répète moi-même depuis plus de trente ans que la bonne stratégie de transition commencerait par « ralentir », je pourrais approuver complètement le titre « Ralentir ou périr » de Timothée Parrique. Lecture critique.

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Aux contradictions sociales dont la dévalorisation du travail et la montée des inégalités sont la partie la plus visible, aux contradictions écologiques faites de réchauffement du climat, d’épuisement des ressources, de perte de biodiversité et de pollutions multiples, se sont ajoutées la guerre en Europe déclenchée par l’impérialisme russe et la montée de l’inflation, déjà perceptible depuis plus de dix ans sur les matières premières, notamment agricoles. Les rapports de force géopolitiques dans le monde s’exacerbent pendant que les mouvements politiques d’extrême droite prospèrent, voire accèdent au pouvoir. Tout cela sur fond d’une crise latente du capitalisme qui ne parvient plus, depuis au moins deux décennies, à faire engendrer des gains de productivité importants par la force de travail, et qui, à trop dégrader les systèmes de santé collectifs, est pris de court pour faire face à une pandémie ou à l’augmentation des besoins sociaux.

L’affaire est tellement sérieuse qu’on voit certains pouvoirs, empêtrés dans leurs politiques néolibérales désastreuses, s’affoler ou bien faire assaut d’un cynisme étourdissant – on ne sait – au point de récupérer des thèmes comme la planification écologique ou la sobriété, mais qui restent à l’état de slogans. Le gouvernement français en est l’exemple le plus proche de nous : la planification « bornée » se résout en un projet d’électrification complète du parc automobile. Cette situation explique que la sortie nécessaire du productivisme donne un coup de projecteur au projet de la décroissance, qui dépasse aujourd’hui le périmètre militant restreint de ces dernières années. Ainsi, le jeune chercheur à l’Université de Lund en Suède, Timothée Parrique, vient de publier Ralentir ou périr, L’économie de la décroissance (Paris, Seuil, 2022) et il obtient un succès médiatique important.

Un livre à lire

Commençons par dire que cet ouvrage rassemble de manière pédagogique les éléments les plus importants des dégâts écologiques et sociaux, qui sont maintenant très connus, mais qu’il faut toujours rappeler, tellement le chemin allant de la prise de conscience à l’action pour y remédier semble inatteignable. L’auteur critique à juste titre les « fausses promesses » (chapitre 4, p. 119 et suiv.) de la croissance, fût-elle verte, notamment parce que le « découplage » entre production et émissions de gaz à effet de serre n’est jamais absolu (chapitre 2, p. 53 et suiv.). Il dessine alors un « chemin de transition » afin de « mettre l’économie en décroissance » (chapitre 6, p. 189 et suiv.), c’est-à-dire qui consisterait en « une réduction de la production et de la consommation », le « B.A.BA de la décroissance ». Et, pour que ce soit clair, « une économie en décroissance produirait et consommerait moins » (p. 189).

Comme je répète moi-même depuis plus de trente ans que la bonne stratégie de transition commencerait par « ralentir », « décélérer », au grand dam pendant longtemps des principaux théoriciens de la décroissance qui disaient que le ralentissement était un faux-fuyant, je pourrais approuver complètement le titre Ralentir ou périr de Timothée Parrique, même si la présentation qu’il en donne pourrait laisser penser que le type de marchandises produites serait le même qu’aujourd’hui : « L’économie viendrait ralentir. Nous continuerions de produire et consommer certaines de nos marchandises, mais à des rythmes fortement ralentis, et selon d’autres modalités. Il importe ici de bien différencier la frugalité  d’une part, une forme de renoncement (choisir de ne plus faire des choses que l’on faisait, par exemple prendre l’avion, acheter des SUV, faire de la publicité, concevoir des produits financiers, manger de la viande, et vendre des pesticides), de la sobriété d’autre part, une forme de modération (choisir de limiter les choses que l’on faisait : garder le même téléphone plus longtemps, partir en vacances moins loin, produire lentement avec des low tech  et des énergies renouvelables, travailler moins). Nous produirions à peu près les mêmes choses qu’aujourd’hui, mais les fréquences et les volumes de production seraient moindres. » (p. 190-191). Bien entendu, « pour qu’une économie stationnaire en harmonie avec la nature puisse prospérer, il faut nécessairement que les décisions d’extraction, de production, d’allocation, de consommation, et d’élimination soient prises ensemble. L’une de ces décisions – et pas des moindres – concerne le partage des richesses. » (p. 233). En d’autres termes, cela supposerait que « les richesses soient équitablement partagées » (p. 233).

Sur ces bases-là, on peut convenir qu’une discussion fructueuse est possible et on peut espérer que des procédures démocratiques permettraient au corps social d’avancer dans cette direction. Et cela d’autant mieux que l’engagement de l’auteur en faveur d’une démocratie renouvelée pour instituer les communs  et partager le pouvoir est sans équivoque. On peut même le créditer de se démarquer nettement de certaines thèses anciennes [1] au sujet des pays pauvres : « Dans un monde aux contraintes environnementales de plus en plus serrées, nous devons partager nos budgets écologiques de manière plus équitable. Si les pays du Sud ont besoin de davantage de ressources pour construire les infrastructures essentielles au bien-être, il faudra faire décroître les économies des pays du Nord. Dit autrement, la décroissance des pays riches est une condition sine qua non pour la prospérité des pays pauvres. » (p. 207). Telle est, dit l’auteur, « la décroissance dans un esprit de justice sociale » (p. 206).

Dans une tribune publiée par Socialter [2], Timothée Parrique propose de réduire les écarts de salaires en France dans une fourchette de 1 à 12. Reconnaissons que ce serait une amélioration importante par rapport à l’échelle actuelle. Mais la proportion de personnes recevant un salaire ou un revenu plus de 12 fois supérieur au SMIC est infime : moins de 1 %, selon l’estimation de l’Insee [3]. Dès lors, raisonner sur les très riches est nécessaire, mais est-ce suffisant ?

Un livre à décrypter

Que Timothée Parrique me permette de lui adresser quelques remarques qui pourront paraître répétitives à cause de la longue discussion, jamais achevée, que j’ai depuis longtemps avec beaucoup de décroissants [4] qui, souvent, s’imaginent que je suis un adversaire de l’objectif de ralentir et d’amorcer une véritable décroissance sélective, que j’ai pourtant exprimée à de nombreuses occasions, objectif qui, explicitement, est également celui affiché par cet auteur [5].

Essentiellement, mes remarques portent donc moins sur les objectifs que sur la méthodologie de l’auteur qui ne me semble pas toujours à la hauteur de son ambition et qui, en plusieurs endroits, souffre d’un manque de rigueur. Il ne s’étonnera pas sans doute de mes remarques, puisqu’il m’avait gentiment écrit juste avant la parution de son livre pour me demander mon avis sur certains points. Il a tenu bon, c’est son droit, mais je pense qu’il a tort sur au moins trois ou quatre d’entre eux.

Le PIB est-il vraiment le baromètre du capitalisme ?

Le premier point discuté concerne la racine de la critique de l’économie dominante. Il est symptomatique que le premier chapitre du livre de Timothée Parrique soit « La vie secrète du PIB, Entre phénomène et idéologie » et qui commence ainsi : « Les économistes l’encensent, les politiques l’adulent : la croissance économique est notre mantra, "la quête perpétuelle" de nos politiques économiques, comme l’annonce ouvertement le site du ministère de l’Économie. Véritable baromètre de nos sociétés modernes, le produit intérieur brut (PIB) fait la pluie et le beau temps. » (p. 17).

Presque tout est faux dans ce début. Tout d’abord, « les » économistes n’existent pas, c’est une profession très clivée ; certes, la majorité d’entre eux sont du côté des classes dominantes et de leur idéologie, mais, heureusement, un nombre – insuffisant ! – maintient, envers et contre tout, une critique de l’économie et de ses rapports sociaux. D’ailleurs, Timothée Parrique écrit : « Ce qui compte ne peut pas toujours être compté et ce qui est compté ne compte pas forcément – une phrase que les économistes devraient tous apprendre par cœur. » (p. 18). Or, cette phrase, je l’ai écrite aussi mot pour mot il y a vingt ans : « Quand on aime la vie, on ne compte pas ce qui d’ordinaire se compte et compte ce qui ne se compte pas » [6]. Et, heureusement, je ne suis pas tout à fait le seul. Donc évoquer « les » économistes n’a pas grand sens. Puisque Timothée Parrique traque les « fake news » (p. 56), on lui en signale deux, diffusées par lui, car il affirme dans des sous-titres de paragraphes : « On ne parle que de carbone » (p. (57), et « On ne comptabilise pas les importations » (p. 60) au sujet des émissions de carbone. C’est faux, les atteintes à la biodiversité sont du domaine public, car les rapports du WWF ou de l’IPBES ne sont pas secrets et lui-même s’y réfère. Et l’empreinte carbone totale est maintenant dans tous les rapports, même gouvernementaux, distinguée de l’empreinte des productions domestiques [7].

Ensuite, et c’est sans doute le point le plus important dont découlera plus tard d’autres contradictions dans le raisonnement, le PIB n’est pas le « baromètre » de notre société, sa boussole en quelque sorte. Parce que le capital s’en moque : son seul indicateur, sa référence exclusive, c’est le taux de profit, c’est-à-dire le taux de rentabilité des investissements réalisés. Aucun capitaliste ne regarde le PIB pour décider de ses placements ; « la pluie et le beau temps » sont rythmés par le taux de rentabilité et non par le PIB. Se tromper à ce point sur la nature profonde du capitalisme conduit à ne pas vraiment comprendre la logique de l’accumulation du capital, dont la croissance économique n’est que le résultat. Malheureusement, Timothée Parrique reproduit nombre d’approximations et erreurs commises par les « reconstructeurs d’indicateurs de richesse » de tous bords, qu’ils soient proches de l’économie dominante ou qu’ils ne le soient pas [8]. Certes, à nouveau, le PIB revient constamment dans la bouche des gouvernants, mais est-ce qu’il faut prendre cela au pied de la lettre ou bien comme un effet diffracteur de la réalité, ou bien encore comme une croyance de type idéaliste – au sens philosophique – d’un effet performatif exclusif sur la réalité ? Que je sache, le processus de développement accéléré de l’économie capitaliste est né près de deux siècles avant qu’on ne se mette à calculer le PIB, et il n’est pas exact de répéter à l’envi que la croissance économique est née « dans les années 1950 […] créant dès lors une dynamique d’accumulation systémique » (p. 47).

On ne répètera jamais assez que le PIB est un indicateur de flux de production monétaire et qu’il n’est pas fait pour comptabiliser des stocks. Donc, reprocher au GIEC qu’il ne tient pas compte que le PIB « est établi sans déduire l’épuisement et la dégradation des ressources naturelles » (p. 31) montre l’étendue des incompréhensions à ce sujet. Heureusement que des recherches innovantes ont lieu pour construire d’autres indicateurs, distincts du PIB, qui peuvent mesurer les inégalités ou comptabiliser des bilans matières des stocks de ressources, mais qui jamais n’entreront dans le PIB. Le regretter témoigne d’une conception pré-newtonnienne de l’économie politique, pour ne pas dire pré-aristotélicienne, qui ne fait pas la différence entre richesse et valeur [9]. Cette conception qui domine toute la discipline économique dominante parcourt tout le livre de Timothée Parrique : « L’agroécologie et la mobilité douce, par exemple, n’ont pas les mêmes rendements que leurs homologues industriels en termes de valeur ajoutée classique, même si leur valeur ajoutée sociale (plaisir au travail, santé, relations sociales) et écologique (sobriété énergétique, impact environnemental, résilience) est supérieure. » (p. 193). La seconde ne peut être dite « supérieure » à la première puisqu’elles sont incommensurables entre elles. La « valeur sociale » dont il parle est d’un autre registre que l’économique et ne relève pas d’une métrique monétaire. On ne peut formuler les choses que politiquement et philosophiquement : on choisit de privilégier telle activité ou telle manière de produire au nom de considérations autres qu’économiques.

Enfin, s’agissant encore de ce premier point de désaccord méthodologique, Timothée Parrique écrit à propos de la productivité du travail et du rôle que joue sur elle le progrès technique : « Si je me rends compte que je suis plus productif le matin car j’écris plus vite, et que je décide d’écrire le matin et non pas le soir, c’est du progrès technique : je produirai plus de pages avec la même quantité de travail, d’énergie, et les mêmes outils. » (p. 40). On reste dubitatif : a-t-il écrit cette phrase tellement tôt le matin qu’il était encore endormi ou lors d’une insomnie qui l’a fatigué ? S’il est plus efficace le matin, cela n’a rien à voir avec un progrès technique (lui-même dit qu’il a les mêmes outils), mais cela a tout à voir avec l’intensité avec laquelle il travaille, l’une des sources de l’augmentation de la productivité du travail. L’auteur poursuit en invoquant une idée qu’on a peine à déchiffrer : « une augmentation de la production monétaire n’est pas forcément le signe d’une hausse de la productivité d’usage » (p. 40, je souligne). Mais arrive rapidement le pataquès dans lequel s’empêtrent, pour le coup, presque tous « les » économistes, Timothée Parrique comme les autres : « Le problème, c’est que le progrès technique des économistes mesure des valeurs d’échange et non des valeurs d’usage. » (p. 42). Mais, si Timothée Parrique a une méthode pour mesurer la valeur d’usage, par définition non mesurable, parce que se situant hors de l’ordre quantitatif, qu’il la fasse connaître ! On lui souhaite bien du plaisir, celui-là même qui doit remplacer selon lui le PIB ! En attendant, se pencher sur les maîtres ancestraux de l’économie politique, libéraux comme non libéraux, comme Smith, Ricardo ou Marx, permettrait de rencontrer l’incommensurabilité de la valeur d’usage et de la valeur d’échange. Par la même occasion, on verrait que le concept de « productivité globale des facteurs », que, d’une certaine façon, Timothée Parrique cherche à réhabiliter, n’est que l’indice de l’impasse néoclassique refusant de comprendre que la productivité du travail est la seule source de la valeur et donc que le travail est au sens propre le seul facteur de production (de valeur, s’entend !). Même Keynes l’écrit sans ambiguïté [10].

Timothée Parrique nous propose un calcul étonnant pour expliquer ladite productivité globale des facteurs : « Si je travaille deux fois plus longtemps et que je produis deux fois plus, il n’y a pas de progrès technique. Si je travaille 1,5 fois plus longtemps et que je produis deux fois plus, le progrès technique sera de 0,5. C’est ce qu’on appelle le "résidu de Solow". […] Peut-être suis-je plus productif parce que je suis mieux reposé. […] Le facteur de production "travail" dépend du facteur de reproduction "repos". Si je travaille 1,5 fois plus longtemps et que je produis deux fois plus parce que je suis mieux reposé, le résidu de 0,5 n’est pas du progrès technique, c’est du temps de repos. » (p. 97-98). Timothée Parrique pense ainsi réfuter la théorie de la croissance de Solow mais il tombe dans le même écueil que les théoriciens néoclassiques parce qu’il ne voit pas que le facteur multiplicatif de sa productivité est égal à 2/1,5 = 1,33. La productivité de son travail augmente de 33 % et il confond cette variation avec sa cause qui est ici son meilleur repos, dont le chiffrage de 0,5 n’a de sens que dans l’imaginaire néoclassique qui est une réplique de l’imaginaire bourgeois fantasmant sur la fécondité du capital. On est dans une fiction de type balzacien et non dans une réalité socio-anthropologique.

Que signifie la personnalisation du PIB à laquelle se livre Timothée Parrique ? D’une part, le PIB aurait une « vie secrète » (titre du premier chapitre). D’autre part, « chaque moteur [de la croissance économique] a son indicateur de vitesse : les individus veulent maximiser leurs revenus, les entreprises leurs bénéfices, et les gouvernements leur PIB » (p. 45, je souligne). S’agit-il encore de dire, avec l’utilisation de l’adjectif possessif « leur », que ces derniers mettent l’accent sur cet indicateur ? Ce serait assez exact. Mais la baisse des dépenses publiques ou celle de la dette publique ne sont-elles pas au moins aussi présentes dans le discours gouvernemental, sinon davantage à l’ère néolibérale ?

Quel lien la productivité du travail a-t-elle avec la décroissance ?

Le deuxième motif pour se démarquer de la méthode d’analyse de Timothée Parrique porte sur les relations complexes entre production, productivité du travail, emploi et durée du travail. La discussion devient un peu technique, mais cela vaut le coup d’être attentif.

D’abord, il est de bon ton aujourd’hui de se moquer d’Adam Smith [11], ce « pauvre Adam » (p. 91) théorisant la productivité mais qui doit tout aux bons soins de sa mère, cette « généreuse Margaret Douglas » (p. 91), afin de mettre en évidence que la production de marchandises nécessite tout un semble d’institutions dites de « reproduction sociale ». En réalité, d’où vient la mise en évidence de la place de l’environnement institutionnel dans la dynamique des sociétés,  sinon de l’économie politique, celle d’Adam Smith en particulier, suivie par celles de Marx, puis de Polanyi, et même du keynésianisme ? Et que nous dit Timothée Parrique ? « L’ordinateur sur lequel je l’ [ce livre] ai écrit, le temps que j’y ai passé, ainsi que les compétences que j’ai mobilisées (ce que les [12] économistes appellent les facteurs de production) n’expliquent qu’une petite partie du résultat final. C’est qu’il y a toute une série d’autres éléments sans lesquels ce livre n’aurait jamais pu exister : mes amis, ma famille, mes colocataires et leur soutien émotionnel, les innombrables discussions avec mes collègues, les précieux commentaires de l’armée de relectrices et de relecteurs ayant généreusement enrichi le texte, le hacker kazakh qui m’a donné accès aux articles académiques, les personnes qui ont fait pousser la nourriture qui m’a gardé en vie et celles qui m’ont aidé à me déplacer, ou encore la beauté des plages d’Anglet qui accompagnent mes ballades quotidiennes. La liste est longue. Ce qui est sûr, c’est que livré à moi-même dans le désert avec du papier et un stylo, je n’aurais pas produit grand-chose. » (p. 92). Timothée Parrique a raison, la liste est longue et il aurait pu la rallonger encore.

Mais cela ne répond à aucun problème à résoudre, en particulier celui-ci : que veut-on mesurer ? Des choses par définition incommensurables ? Eh bien, l’auteur s’attelle à ce rocher de Sisyphe : « La sphère de la reproduction est d’ailleurs bien plus vaste que celle de la production. La journée moyenne des Français est composée de 2h32 d’activités professionnelles et 40 minutes d’études, 3h31 d’activités domestiques, 12h14 d’activités personnelles et de récupération (dont 8h29 de sommeil) et de 5h03 de loisir. Le Français moyen ne passe donc que seulement 10 % de sa journée à travailler. » (p. 93). On reste médusé devant ce calcul qui additionne manifestement des heures quotidiennes à des heures sur l’ensemble de la vie converties en heures moyennes quotidiennes pour aboutir à 2h32 de travail par jour. J’ai eu la curiosité d’aller consulter l’étude de l’Insee que cite Timothée Parrique [13]. Évidemment, il se garde bien d’expliquer la méthode que cette étude utilise : pour le dire vite, on dort tous les jours, mais on ne travaille pas tous les jours, et donc ramener l’un à l’autre n’a aucun sens si on ne précise pas qu’il s’agit de la répartition du temps de vie et non pas d’un temps passé au jour le jour.

D’autres raccourcis méthodologiques sont encore pratiqués par Timothée Parrique. Il explique que « Des années 1960 au milieu des années 1970 se forme un surplus macroéconomique représentant près de la moitié du revenu total. En 2013, ce surplus atteint 42 % du revenu national, soit environ 900 milliards d’euros et l’ordre de grandeur a peu varié depuis (le surplus était de 44 % en 2021, selon les dernières estimations de Pierre Concialdi). Ce chiffre est extrêmement précieux : il montre qu’il est théoriquement possible que tout le monde vive décemment, nous avons assez de richesse pour cela. Par conséquent, la croissance économique n’est plus une condition nécessaire pour éradiquer la pauvreté en France. » (p. 121). Là encore, il convient de vérifier la méthodologie utilisée. Que ce soit dans un article en anglais ou dans d’autres en français [14], Concialdi ne parle pas  d’un « surplus » représentant presque la moitié du « revenu national global », comme le dit Timothée Parrique, mais de la proportion du revenu disponible des ménages au-delà de la couverture de leurs besoins de base. La nuance est de taille, car, dans la version de Timothée Parrique, le revenu national global serait écrêté de tout ce qui dépasse la consommation de base des ménages, ne laissant alors aucune place à l’investissement net ni même au renouvellement des équipements.

La relation existant entre les quatre variables production, productivité du travail, emploi et durée du travail est évacuée en un tour de main [15] : « la question est mal posée, et le débat public s’enlise rapidement dans l’abstraction, limitée par une définition trop étroite de la richesse (le PIB) et du travail (l’emploi salarié) » (p. 132-133), affirme Timothée Parrique, en se référant uniquement à des auteurs n’ayant pas analysé cette relation, ayant dit tout et le contraire de tout sur le travail, et en occultant tout le travail statistique en France d’un Michel Husson [16] ainsi que la clarification conceptuelle menée par quelques auteurs du travail, de l’emploi (salarié ou non) et du PIB qui rassemble tout le flux de production monétarisée et qui ne peut être élargi par rapport à un volume donné de travail lui aussi monétarisé [17]. Quant à l’affirmation non étayée qu’on pourrait « réduire l’activité économique de moitié, sans créer de chômage, voire en le réduisant » (p. 193) [18], Timothée Parrique aurait dû aller au bout de son raisonnement et conclure : il faudrait diviser par deux le temps individuel de travail, à productivité horaire stable, et, si celle-ci ne diminue pas, sans créer un seul emploi supplémentaire, mais on ne pourrait pas conserver les revenus antérieurs, réduits également de moitié en moyenne. Donc, de deux choses l’une : ou la décroissance se définit comme une division par deux de la production, ou elle se définit par le ralentissement pendant toute une période transitoire, mais il faut choisir, à moins que ce soit une division par deux avant que la production se stabilise [19]. À ma connaissance, tous les théoriciens de la décroissance hésitent entre ces divers paris, et c’est logique puisque c’est tout l’enjeu de la discussion.

Au passage, Timothée Parrique réduit la sphère monétaire à la sphère marchande et, par conséquent, il confond le non-monétaire et le non-marchand qui peut être monétaire (p. 142, 190, 194) ; ainsi, « le segment monétaire de la production rétrécirait » (p. 190). Quelle est ensuite la cohérence du projet « qui vise à abandonner toute référence à la métrique du PIB » (p. 175) tout en insistant pour en modifier la répartition ? C’est bien la preuve que les revenus distribués proviennent de ce PIB. Mais cette provenance, indéniable, ne peut être transformée en une conséquence sur les débouchés : « À l’échelle macroéconomique, il y a toujours assez de revenus pour acheter ce qui est produit car les revenus découlent directement de la production » (p. 135), dit l’auteur, sans doute par mégarde, ressortant subrepticement de la naphtaline la loi des débouchés de Say niant toute possibilité de surproduction.

Décroissance ou économie stationnaire ?

Si la question de la relation entre production, productivité du travail, emploi et durée du travail est « mal posée », comme le dit Timothée Parrique, il faut qu’il s’en prenne à lui-même, car, dans une note de bas de page (p. 193), il affirme que la tendance de la productivité est à la baisse. Non, c’est son augmentation qui baisse tendanciellement. Cette erreur n’est pas anodine car elle met malheureusement à bas l’adhésion au « ralentissement ». Mathématiquement, ralentissement se dit d’une fonction dont la dérivée première est positive et la dérivée seconde est négative. Comme le dit à un autre endroit l’auteur, c’est le B.A.BA.

Au final, quel est l’objectif à atteindre, selon les propres mots de Timothée Parrique : « Il est donc nécessaire de clarifier la destination du processus de transformation qu’est la décroissance, c’est-à-dire le système économique qui viendrait remplacer l’économie de croissance que l’on connaît aujourd’hui. » (p. 219) ? Eh bien, on ne sait pas trop, car tantôt on lit qu’« une économie en décroissance produit et consomme de moins en moins », tantôt qu’il s’agit d’« une économie stationnaire » (p. 220, à deux lignes d’intervalle). Et l’auteur assimile son projet à celui « que les économistes appellent une "stagnation séculaire" » (p. 220) ou bien à « l’annulation des taux de croissance, comme on l’observe au Japon depuis le milieu des années 1990 » (p. 220), après avoir expliqué que la décroissance n’avait rien à voir avec une récession.

Dans son projet de société, Timothée Parrique revient sur « l’équilibre entre trois grandes familles d’objectifs : la soutenabilité (la charge écologique), la convivialité (le bien-être des parties prenantes), et la productivité (l’efficience productive) » (p. 229). Le troisième objectif ne peut être recherché que si les deux autres sont satisfaits, dit-il. Il a parfaitement raison, mais aussitôt dit, aussitôt démenti, car « baisser la productivité horaire n’est pas une régression si elle permet  d’augmenter la convivialité horaire » (p. 230), ce qui signifie qu’on n’est plus dans un hiérarchie chronologique (j’augmente la productivité à condition que la soutenabilité écologique et la convivialité soient respectées), mais on fait de la productivité en baisse une condition de la convivialité, « un objectif pour remplacer le PIB » (p. 230). Toujours l’obsession du remplacement du PIB, alors qu’on ne cesse d’en réclamer le partage.

La décroissance et ses controverses ?

Très sportivement, Timothée Parrique termine son livre par un chapitre consacré aux controverses nées au sujet de la décroissance. Il dénombre douze critiques de la décroissance. Toutes sauf une sont faites, de près ou de loin, au nom de la défense de la croissance économique. Ce sont donc des critiques qu’on peut qualifier de droite et que l’auteur n’a pas de peine à réfuter : Le Maire, Ferry, Poirson, Fillon, Philippe, Duffourcq, Charlez, Institut Sapiens, Paris Match, ContrepointsL’Opinion, L’Usine nouvelle, Le Point, en ne retenant ici que des références françaises qu’il donne. Mais était-ce nécessaire encore à cette étape puisque tout le livre est une critique forte de la croissance économique ? Reste une critique, non pas au nom de la défense de la croissance, mais au nom d’une remise en cause du capitalisme. Et je n’ai pas de chance parce que c’est mon nom qui est cité, suivi de celui de Frédéric Lordon et de celui de Daniel Tanuro. Timothée Parrique n’admet pas la critique adressée aux théoriciens de la décroissance s’abstenant de voir la logique capitaliste derrière la croissance économique. Il la réfute en disant : « Martelons-le : depuis l’origine, le courant de pensée décroissant est fondamentalement anticapitaliste. » (p. 256). Il confirme en disant : « La décroissance vise non seulement à sortir du capitalisme et du néolibéralisme, mais aussi de l’extractivisme, du productivisme et du consumérisme. C’est un "mot obus" qui vise à élargir le cadre de la critique anticapitaliste  – une véritable relance de la pensée critique en économie politique. » [20] L’affirmation, exprimée aussi fortement, est-elle crédible, alors que le discours décroissant se borne à critiquer la croissance du PIB, faisant de cet indicateur le « baromètre » du système, en lieu et place du taux de profit, et qu’il démarre la critique capitaliste ainsi au lieu de voir d’emblée les rapports sociaux antagoniques entre capital et travail et la logique de l’accumulation inhérente au capital ? Quelle portée sa réponse a-t-elle puisque les trois « anticapitalistes » qu’il cite affirment eux aussi leur résolution « anti-extractiviste, anti-productiviste et anti-consumériste » ? Le démenti véhément de Timothée Parrique au soupçon d’ignorer la logique capitaliste nous ramène donc au point de départ de sa thèse et également aux nombreux débats s’étant noués ces dernières années avec les théoriciens de la décroissance.

Fondamentalement, ces débats portent à la fois sur des objectifs politiques (par exemple, peut-on verser davantage de revenus – dont un revenu d’existence – avec une production monétaire moindre ?), sur des problèmes méthodologiques (tout peut-il être mesuré monétairement et donc intégrer le PIB ou se substituer à celui-ci ?) et sur des problèmes épistémologiques (peut-on réduire tout changement social aux effets performatifs des discours ?). Les difficultés sont croissantes lorsqu’on parcourt ces trois dimensions successivement. Cela est sans doute le signe que l’économie de la décroissance reste encore à inventer, non pas tant parce que des questions purement économiques sont en suspens, mais parce qu’il s’agit de rapports sociaux à transformer. Or, le capitalisme ne se définit-il pas avant tout par les rapports sociaux qu’il institue et impose ? Le fétichisme dénoncé par Marx est moins « une obsession pour le potentiel financier des choses », comme l’écrit Timothée Parrique (p. 116), qu’une dissimulation des rapports sociaux derrière ces choses réifiées. À cette heure, je n’ai pas connaissance de la moindre réponse aux questions posées et résumées ici, théoriques, méthodologiques et épistémologiques, de la part des théoriciens de la décroissance, questions qui vont bien au-delà du sempiternel souci du PIB à la manière du fou qui cherche ses clés sous le lampadaire.

Mais laissons à Timothée Parrique le mot de la fin : « Déserter, ce n’est pas abandonner la société dans son ensemble, mais seulement un capitalisme vide de sens et à bout de souffle. » (p. 277). En gage d’une participation « à l’un des débats les plus importants de notre temps » (p. 268)… Sur le capitalisme… ? Ce serait un pas en avant…

[1] Notamment de Serge Latouche s’insurgeant il y a près de vingt ans contre « l’imaginaire occidental » voulant construire des hôpitaux et des écoles partout : « Contre l’ethnocentrisme du développement, Et la décroissance sauvera le Sud », Le Monde diplomatique, novembre 2004. Voir ma recension de son « Que sais-je ? », dans « Que sait-on de la décroissance ? À propos du Que sais-je de Serge Latouche », 15 avril 2019, et « La décroissance de Serge Latouche et le temps de travail »,1ernovembre 2021.

[2] Timothée Parrique, « En réponse aux dévots de la croissance », Socialter, juin 2021. L’expression « mot obus » pour signifier la décroissance est due à Paul Ariès.

[3] Insee, Insee Première, n° 1750, avril 2019, « Distribution des salaires mensuels nets en équivalent temps plein (EQTP) en 2016».

[4] Notamment, pour les discussions les plus récentes : avec Denis Bayon : « Le salaire universel, version iconoclaste du revenu d’existence », 12 avril 2021 ; et avec Vincent Liegey : « La décroissance de Vincent Liegey et le travail, les revenus, la monnaie, etc. », 17 novembre 2021.

[5] Remarquons d’ores et déjà que l’idée de décroissance sélective et donc d’une croissance sélective ne dit rien de la balance entre les deux mouvements : qu’en sera-t-il de la valeur globale de la production et, par suite, du revenu national ?

[6] Dans un texte soumis à Patrick Viveret lors de la Rencontre internationale « Reconsidérons la richesse » du Secrétariat d’État à l’économie solidaire, Délégation interministérielle à l’innovation sociale et à l’économie sociale, sous le parrainage du PNUD, Paris, 1er et 2 mars 2002.

[7] Ministère de la transition écologique et solidaire, « Stratégie nationale bas carbone, La transition écologique et solidaire vers la neutralité carbone», mars 2020 ; Haut Conseil pour le climat, « Maîtriser l’empreinte carbone de la France », 2020. Voir le graphique du Haut Conseil pour le climat (p. 19) que j’ai repris dans En finir avec le capitalovirus, L’alternative est possible, Paris, Dunod, 2021, p. 42.

[8] Voir Jean-Marie Harribey, « Richesse : de la mesure à la démesure, examen critique du rapport Stiglitz », Revue du MAUSS, « La gratuité, Éloge de l’inestimable », n° 35, 1ersemestre 2010, p. 63-82.

[9] Jean-Marie Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, Paris, Les Liens qui libèrent, 2013, épuisé mais en libre accès.

[10] John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936, Paris, Payot, 1969, p. 223.

[11] Voir Jean-Marie Harribey, « La productivité est-elle synonyme de productivisme ? », Commentaire critique du livre de Laetitia Vitaud, En finir avec la productivité, Critique féministe d’une notion phare de l’économie et du travail (Payot & Rivages, 2022),  5 août 2022.

[12] Encore « les ».

[13] Cécile Brousse, « Travail professionnel, tâches domestiques, temps libre : quelques déterminants sociaux de la vie quotidienne »,Économie et statistique, n° 478-479-480, 29 octobre 2015, p. 119-154.

[14] Voir Pierre Concialdi, « What does it mean to be rich ? Some conceptual and empirical issues », European Journal of Social Security, 2018, Vol. 20(I), p. 3-20 ; « Les très hauts revenus : un effort contributif bien plus faible que la moyenne », Revue de l’IRES, 2013/2, n° 77, p. 79-105 ; « Comment définir des limites socialement acceptables à l’inégalité des revenus », Revue de l’IRES, 2021/3, n° 105, p. 61-92.

[15] Rappelons qu’à tout moment : productivité horaire du travail = production / (nombre d’emplois x durée individuelle moyenne du travail).

[16] Parmi les innombrables travaux de Michel Husson, voir une synthèse Le Capitalisme en 10 leçons, Petit cours illustré d’économie hétérodoxe (avec Charb), Paris, La Découverte, 2012.

[17] Notamment Thomas Coutrot, Libérer le travail, Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer, Paris, Seuil, 2018 ; Jean-Marie Harribey, « Travail, emploi, activité : essai de clarification de quelques concepts », Économies et Sociétés, Série « Économie du travail », A.B., 1998, n° 20, 3, p. 5-59 ; et La richesse, la valeur et l’inestimable, op. cit.

[18] Serge Latouche propose jusqu’à une réduction des trois quarts dans « Le grand saut dans la sobriété involontaire », La Décroissance, n° 193, octobre 2022.

[19] Avec une hypothèse d’une telle transition d’ici le milieu du XXIesiècle (27 ans), une baisse de moitié équivaut à une baisse moyenne d’environ 2,5 % par an. Si la baisse de la production était de 75 % au cours des 27 prochaines années, la baisse annuelle moyenne serait de 5 %.

[20] Timothée Parrique, dansSocialter, op. cit.

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