SAINT JEAN LE THOMAS (50) LES SHADDOCKS SONT DE RETOUR

Au printemps 2020 quelques 3000 m3 de sable ont été disposés sur la place pour éviter l'effondrement de la Dune.

Depuis la semaine dernière, la communauté d’Agglomération MONT SAINT MICHEL NORMANDIE fait procéder au rechargement en sable de la plage Sud de Saint Jean le Thomas.

Pas moins de 15000 m³ de sable pompés au Nord du Bec d’Andaine, au moyen d’une armada de tracteurs avec remorques, ce qui va générer au moins 3000 aller/retour.

stjt-1

 

 

 

 

 

Force est de constater d’ailleurs que pour préserver les routes et les transferts par la plage (qui ont pourtant eu lieu pendant quelques jours) un chemin d’accès qui part de la route du bec d’Andaine vers la plage de Dragey, pour mener à la plage, a été élargi, encaissé avec des tonnes de graviers, la dune a été ébréchée pour le passage des engins, et la descente vers le sable empierrée.

stjt-2

A l’entrée deux panneaux de stationnement interdit et un panneau de sens interdit, sur l’un d’eux est affiché l’arrêté de la Maire de Genêts interdisant la circulation et le stationnement, plus un panneau d’interdiction aux piétons.

stjt-4

Si ce « chantier » est interdit autant mettre une barrière grillagée à l’entrée, afin de ne pas inciter des stationnements tout aussi illégaux pendant les fins de semaine ?

stjt-9

Or cet endroit est en site classé, et aucune autorisation de travaux n’a été demandée à la DREAL.

stjt-8

De plus comme il avait été précisé antérieurement le secteur est en zone littorale protégée par le Conservatoire du Littoral, en zone Natura 2000, sous convention RAMSAR et UNESCO (Mont Saint Michel et sa baie).

Certes une autorisation d’occupation temporaire du Domaine Public Maritime a été obtenue, une étude environnementale a été réalisée, mais en tout état de cause, aucune dérogation espèces protégées n’a été sollicitée.

La communauté d’agglo n’aurait obtenu qu’une autorisation tacite de travaux de ré ensablement du Préfet.

stjt-6

Mais la ronde infernale des engins, empruntent la route « côtière » qui va du Bec d’Andaine à St Jean le Thomas, voie extrêmement étroite, qui pose de sérieux problèmes de sécurité, lorsque l’on croise ces engins, qui n’hésitent pas lorsqu’eux mêmes se croisent à écraser la berme !

De plus bonjour l’empreinte carbone de ces navettes et les émissions de CO2.

Par ailleurs au printemps nous avions dénoncé la non protections d’espèces protégées tels le gravelot à collier ininterrompu, ou l’hirondelle de rivage, alors en période de nidification, mais aussi du Grillon Maritime, espèce patrimoniale à protéger

Nous avions aussi insisté sur la destruction partielle de la biodiversité de l’estran, détruisant la laisse de mer essentielle à la stabilité de l’écosystème.

La communauté d’agglo avait été prévenue à l’époque (courrier du 15 avril 2020 envoyé par MANCHE NATURE) dont voici un extrait :

Les dispositions de l’article L. 411-1 du code de l’environnement interdisent notamment,

la destruction de ces espèces protégées, ainsi que de leurs œufs et leurs nids ou leur enlèvement, la destruction, l’altération, la dégradation de leurs habitats, la perturbation intentionnelle de ces espèces protégées,

sauf dérogation préfectorale préalable prévue par l’article L. 411-2 dudit code. La violation de ces dispositions constitue une infraction prévue et réprimée, selon les cas, par les articles L. 415-3 et R. 415-1 du code de l’environnement. Les autorisations ou décisions obtenues ou qui vous seraient délivrées à l’avenir ou les démarches entreprises au titre d’une autre législation, notamment au titre des sites classés, de l’évaluation environnementale, de l’évaluation des incidences Natura 2000, au titre du code général de la propriété des personnes publiques, de part leurs objets, ne vous autorisent pas ou ne vous permettent pas de déroger aux dispositions précitées relatives à la protection des espèces et de leurs habitats. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Normandie, est l’administration compétente pour vous apporter toute information complémentaire en relation avec ce sujet. Il est du devoir de chacun, et notamment des collectivités territoriales, de prendre part à la préservation des ressources naturelles et de notre environnement, patrimoine commun de la nation. Pour les mêmes raisons, je porte à votre connaissance les éléments suivants : Les travaux projetés se situent en ZNIEFF, en site Natura 2000 et surtout dans une partie naturelle d’un site classé. Elle est ainsi protégée par les dispositions de la loi littoral relative aux espaces remarquables du littoral. Dans ce cas, l’autorisation ministérielle obtenue au titre des sites classées, ne vous autorise pas à déroger à ses dispositions, notamment aux différentes conditions et procédures prévues aux articles L. 121-23 à 26, R. 121-5 et R. 121-6 du code de l’urbanisme.

En conséquence aucune demande de dérogation n’a été effectuée concernant les espèces protégées, ni aucune autorisation de travaux en site classé. Par ailleurs cela avait été précisé, mais semble-t-il non entendu, ces rechargements en sable sont parfaitement inutiles puisqu’ils repartent avec les grandes marées, même non tempêtueuses.

Les édiles et conseillers communautaires (au vu des dégâts provoqués par la tempête Eléanore en janvier 2018) veulent soudainement protéger les habitations en zone inondable derrière la dune, alors que la re localisation est à commencer d’urgence avec un calendrier précis, et beaucoup d’information, mais surtout sans indemnité.

Nous reviendrons sur ce point particulier. Mais quid des permis accordés depuis plusieurs années au mépris de l’élévation du trait de côte, mais surtout de ceux délivrés après la tempête Eléanore ?

Le problème est supporté par le contribuable du secteur (coût de l’opération actuelle 150000€) alors qu’il y a eu manifestement erreur d’analyse et de réflexion de la part des élus.

D’ailleurs la communauté d’agglo se cache derrière la publication imminente du Plan de Prévention des Risques Littoraux du secteur, mais diantre, que peut-il conseiller d’autre que la re localisation  et fixer des zones inconstructibles ?

Le plan local d’urbanisme intercommunal à peine approuvé va devoir être modifié en urgence. Que de temps passé sur ce document, la prochaine fois au lieu de confier le travail à un bureau d’études, mandatez une classe de CP, de toutes les façons ils ne pourront pas faire pire ! Enfin regardons la carte de Cassini où l’on constate que le marais de Claire Douve existait déjà, et ce de St Jean le Thomas, à Genêts.

st-jean-le-thomas-carte

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.