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Billet de blog 6 juillet 2018

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PLUS BAS QUE BAS !

Les anti bios s'affichent dans la Manche

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Issu des états généraux de l’alimentation qui ont donné lieu à une consultation du publique, façon Macron, c’est à dire uniquement sur Internet, au questionnaire tellement touffu qu’une truie élevée sur caillebotis intégral n’y aurait pas retrouvé ses petits, le projet de loi agriculture alimentation est arrivé bien amendé par les députés sur le bureau du Sénat.

L’un des points importants porte sur l’approvisionnement de la restauration collective avec 50 % de produits locaux et de qualité d’ici à 2022, dont 20 % de produits bios, c’est peu mais c’est déjà un début.
Par contre pour les 30 % restants que veut dire « produits de qualité » ? Je renvoie pour ce faire le lecteur à l’article sur « Créances : Les carottes… sont cuites » bénéficiant du label rouge mais abondamment traitées notamment avec le Chlorodypropène, interdit, mais bénéficiant d’une dérogation annuelle que cette année le ministère de l’agriculture n’a pas voulu signer. Tiens donc, l;a longue marche vers l’interdiction totale et définitive d’utilisation des pesticides serait-elle en mouvement ?

Et là nous sommes bien dans le département de la MANCHE.

Eh bien, la commission des affaires économiques du Sénat supprime les 20 % de bio, mais le Sénat en séance plénière les réintroduit.

Serait-ce de la part de nos sénateurs une conversion soudaine à l’agriculture biologique ? Que nenni, car dans les colonnes de Ouest France du 29 juin, notre sénateur manchot Philippe Bas (de surcroît président de la commission des lois au Sénat) déclare tout de go « La bio n’a pas à être généralisée » Ah bon, et pourquoi diantre ?

Mais le plus intéressant est dans les propos du sénateur qui répondant à l’un de ses collègues par rapport à la production laitière en bio déclare « la production en bio doit être librement décidée par l’agriculteur qui fait ce choix dans le respect des engagements pris à l’égard de sa laiterie en cas de résiliation de son contrat ».

On croît marcher sur la tête car c’est donc la laiterie qui décide, ceci afin de se faire toujours plus de fric au détriment et des paysans et des consommateurs.

Et le sénateur pousse le bouchon en déclarant « que la bio constitue un modèle économique alternatif, mais qu’il n’a pas à être généralisé pour constituer un modèle dominant, voire unique » et il insiste sur la coexistence entre les méthodes d’agriculture « raisonnée » et l’agriculture biologique.

Eh bien non monsieur le sénateur, la coexistence, de la bio avec le modèle dominant, productiviste et bien pesticidé, n’est pas admissible.

D’autant que vous utilisez à dessein le terme d’agriculture « raisonnée » lancé par Mme Lambert et ses amis il y a déjà 30 ou 40 ans, qui consistait principalement à régler les injecteurs des épandeurs de pesticides.

Le choix qui s’impose est celui de la protection de la biodiversité, de la qualité d’une alimentation accessible à tous, tout en rémunérant correctement le paysan.

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