DU GRAND DEBAT NATIONAL AU DEBAT LOCAL

MACRON campe sur ses positions et ses objectifs mais continue de participer à certains "grands" débats mais qu'en ressortirat-t-il exactement, voici en tout cas ce qui s'est passé en milieu rural profond.

Pour ne pas avouer qu’il est quasiment devenu « macronpatible » (à l’insu de son plein gré bien sûr) depuis sa participation au premier grand débat de Macaron 1er dans l’Eure, l’édile de la Lucerne d’Outremer, utilise sa qualité de membre du bureau des Maires ruraux de la Manche pour organiser un grand débat à la Lucerne d’Outremer, puisque ledit bureau « a décidé de jouer le jeu du grand débat ».

Vendredi soir 1er mars ce grand débat local a donc eu lieu sur la commune, dans la salle des associations préférée à la salle des fêtes afin d’atténuer le risque de la salle à moitié vide.

Sur ce dernier point ce fut réussi car au plus fort de la réunion 28 personnes étaient présentes, dont trois maires (La Lucerne, la Haye Pesnel et Folligny) quelques lucernais, mais une grande majorité de gens extérieurs).

Le maire hôte a déploré l’absence de contributions sur le cahier de doléances, mais les gens ne sont pas dupes et savent très bien qu’il n’en sera tenu aucun compte.

J’en ai profité plus tard pour rappeler l’effet trompeur et bonne conscience des « consultations du public » par internet où l’on s’aperçoit que malgré les oppositions majoritaires les décisions sont prises et les textes votés en l’état.

D’emblée les dés sont jetés, quatre groupes sont proposés sur les thèmes du grand débat :

- Transition écologique

- Fiscalité

- Démocratie et citoyenneté

- Organisation de l’État et des services publics

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Une vieille militante soi disant écolo mais hamoncompatible refuse que l’on parle de Macron, dommage pour celui qui a lancé cette opération sous la pression des gilets jaunes, mais bon !

Les groupes se forment, discutent, et on s’écoute, on retrouve la parole libérée, mais si des désaccords pointent, puis vient le temps des rapports, où à nouveau les gens s’expriment émettent des idées, certaines farfelues du style « il faut faire évoluer le modèle agricole » pour une écolo c’est fort. Ben non il faut changer de modèle agricole et passer au bio après avoir interdit définitivement l’usage des pesticides.

L’édile haylandais ayant fait une remarque judicieuse, puisque vétérinaire de profession, il côtoie le monde agricole, annonçant qu’un éleveur laitier bio (35 vaches), dégageait un revenu mensuel de 1200 € et deux éleveurs laitiers conventionnels en Gaec (250 vaches), dégageaient chacun 400 € par mois ajoutant que c’est le salaire à l’extérieur de leurs conjointes qui leur permet de vivre.

Au niveau de la fiscalité il a été rappeler la nécessité de ramener la CSG au taux antérieur pour les retraités en leur rendant l’argent ponctionné, et de ré instaurer l’ISF, sur tous les biens mobiliers et immobiliers, sans exemption ni abattements. La question de l’échelonnement de l’Impôt sur le revenu a été évoqué, de même que lutter contre l’évasion et la fraude fiscale, mais légiférer pour restreindre l’optimisation fiscale.

Sur la transition écologique l’accent a été mis sur la protection de la biodiversité, lutter contre la disparition des espèces, stopper l’étalement urbain (mais peu ont désiré s’étendre sur le sujet) accentuer le recyclage, s’alimenter de manière raisonnable sans excès, promouvoir les pistes cyclables, éditer un livret sur les aides publiques pour les économies d’énergie.

Le groupe ruralité a rappelé la disparition des services dans les petites et moyennes communes, les nouvelles missions confiées aux municipalités, l’édile Follignays se plaignant de ses difficultés de gestion face à une réglementation trop complexe, malgré les annonces de simplification, en profitant pour dénoncer les associations notamment Manche Nature qui attaquent leurs décisions devant les tribunaux, en citant comme exemple l’annulation du PLU de Granville.

Je me permets de souligner que les trois édiles présents siègent tous à la communauté de communes de GRANVILLE TERRE ET MER qui a voté à l’UNANIMITÉ la création de la ZAC de ST PLANCHER.

Quelqu’un a au cours de ce rapport dénoncer les séries télévisées où l’on voit trop souvent les gens évoluer sans problèmes de fin de mois. Cela aurait pu permettre un excellent débat sur le rôle des médias télévisés et de la manipulation par l’image. Du coup une idée me vient à quand l’équipement vidéo internet des salles communales pour organiser des projections publiques d’émissions ou de films avec débat ensuite ?

Le débat est ensuite parti sur les gilets jaunes, sur les manifestations, sur les casseurs, ou le consensus s’établissait sur la violence qui leur est imputée, minimisant la violence policière pourtant outrancière, attaque lancée d’ailleurs par l’édile haylandais, puis repris par d’autres.

L’un deux paraphrasant Thorez qui avait dit aux travailleurs en 1947 ‘ll faut savoir arrêter une grève » en lançant « il faut savoir arrêter un mouvement » justifiant les propositions de Macron suffisantes. Ceci générat bien sûr une vive réaction d’une gilet jaune expliquant calmement les choses et replaçant les responsabilités, appuyée par un cégétiste (gilet rouge) mettant l’accent sur la majorité de gilets jaunes progressistes.

Du coup l’animateur de la soirée invite tout le monde à se lever, levant ipso facto la séance, bravo pour l’esprit démocratique et la mesure stalinienne alors que le débat venait tout juste de monter d’un cran et de réellement commencer.

Désormais que vont devenir les propos tenus hier ? Comment vont ils être retranscrits, analysés, passés à la moulinette, sachant que Macaron 1er a dit ne pas changer de cap, laisser entendre que la transition écologique allait attendre (la preuve en 15 jours il a de nouveaux reculer deux fois sur le glyphosate.

Une participante a émis l’idée de débats citoyens réguliers dans les communes mais il ne semble pas que les élus y soient prêts craignant de subir les critiques de leurs concitoyens face notamment à leurs votes moutonniers dans les structures où ils siègent.

En bref un débat a bien eu lieu, trop beaucoup trop court, mais il est naïf de croire que Macaron 1er en tiendra compte !

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