URGENT : IL FAUT SAUVER LES TERRES AGRICOLES

Le congrès des SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) ouvre à la Baule

Vaste programme me direz vous sachant que bon an mal an ce sont 50000 ha qui sont consommées DEFINITIVEMENT, ce sera environ 550 ha pour le département de la Manche, alors que dès 2012 les objectifs de la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) proposait de ramener cette consommation à 300 ha

Le congrès des SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) ouvre à la Baule sur ce bilan catastrophique.

Les chiffres de la Safer rapportés dans un article Ouest France de ce jour sont éloquents.

La surface des terres agricoles en France (hors forêts) étaient de :

- 32 millions d’ha en 1980.

- 28 millions d’ha en 2017.

Soit une différence négative de 4 millions d’ha représentant environ 67000 fermes.

De même la moyenne superficielle des exploitations étaient de 28 ha en 1980 et de 63 ha en 2016.

Cela veut dire que tous les 6 ou 7 ans c’est l’équivalent d’un département qui disparaît au profit de l’urbanisation effrénée pour le plus grand profit des promoteurs et lotisseurs soutenus par les élus en mal de votants, des zones d’activités de toutes sortes et des infrastructures routières.

Petit retour en arrière il y a quelques dizaines d’années les fermes étaient exploitées par leurs propriétaires ou louées par les agriculteurs.

Le statut du fermage protégeaient les paysans des velléités des spéculateurs fortement encouragés par la mise en place des premiers documents d’urbanisme qui plaçaient telle ou telle terre agricole en zone constructible permettant au propriétaire de réaliser une jolie plus value. Pouvant toutefois constituer un enrichissement sans cause.

Les SAFER ont eu, outre la défense des terres agricoles, à faire face aussi à ces petits arrangements entre amis.

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Terrain de la Clémentière à Granville (34 ha) dont le PLU a été annulé pour consommation excessive d'espace agricole.

Elles pouvaient dès qu’un projet de vente leur était signifié soit préempter au prix demandé, soit demander la réduction de prix si celui-ci paraissait trop élevé.

Lorsqu’elle préemptait soit elle recherchait un « repreneur agricole » soit elle achetait et se donnait le temps de les revendre et ce pendant 5 ans, renouvelable deux fois.

Elle disposait ainsi d’un fond de réserve, pour les expropriations, les infrastructures routières, etc.

Les fonds abondant la SAFER diminuant elle devint peu à peu un agence immobilière rurale de grande ampleur.

Mais le pire c’est qu’auparavant un agent foncier de la SAFER venait sur place dès qu’une vente s’annonçait pour rechercher un acquéreur, mais désormais et depuis trop longtemps cette tâche est confiée à un élu représentant le syndical de la commune.

Devinez quel est le syndicat agricole majoritaire à la SAFER eh bien la FNSEA et ses satellites régionaux et départementaux, et je peux vous dire que l’on est bien placé dans le département de la Manche pour observer les mutations.

Alors oui je suis bien d’accord avec le constat du directeur de la SAFER sur l’essor des sociétés agricoles aux montages bien ficelés, qui ont attiré des investisseurs en mal de profit, c’est là aussi que le bât blesse, mais il y a aussi le jeu pervers du syndicat majoritaire, qui laisse sciemment partir des terres agricoles, au profit de quels arrangements ou compensations ? Mais cela sent trop l’entre soi.

Je vous donne un exemple de ce que constate Monsieur HYEST : Un quidam vend une terre agricole, la SAFER décide de préempter, car elle a des doutes sur l’acquéreur. Eh bien le vendeur peut retirer et retire purement et simplement le bien de la vente.

Il crée une société à laquelle il apporte la terre en question et vend 99 % des parts sans risquer la préemption de la SAFER, c’est ainsi qu’une société chinoise a acquis par deux fois des surfaces importantes de terres qui seront travaillées par une entreprise agricole.

Bien sûr qu’il faut mettre fin à ces pratiques et étendre le droit de préemption de la SAFER, mais parallèlement il faut aussi mettre fin au monopole de la FNSEA sur la SAFER.

Le député socialiste Dominique POTIER propose de renforcer le pouvoir de LA SAFER, bien mais il faut aussi l’étendre, ainsi que parallèlement le droit de préemption du fermier.

Il faut permettre aux collectivités locales d’instaurer un droit de préemption sur les terres agricoles si ce n’est un agriculteur exploitant qui achète, afin de constituer une réserve foncière mais uniquement à destination agricole et bio de préférence.

Il est vital de réfléchir au devenir du foncier agricole et forestier, car la terre est nécessaire pour nourrir les hommes et les animaux, mais l’ensemble doit être absolument protégé pour recouvrer une BIODIVERSITE d’EXCELLENCE.

Il faut donc changer de modèle agricole et arrêter de massacrer les terres avec des pesticides et des engrais chimiques de synthèse.

La terre agricole, naturelle et forestière ne devrait faire l’objet d’aucune spéculation, ce sont des biens communs de l’humanité qu’il faut travailler de manière durable et renouvelable.

Début juillet Nicolas HULOT a présenté un plan pour la biodiversité, dans lequel il suggère que plus UN METRE CARRE de terre agricole ne soit artificialisé.

Les CDPENAF (Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers) sont là pour éviter l’hémorragie malgré la volonté d’urbanisation des élus.

Ci-dessous travaux de la déviation de Marcey les Grèves, grande consommatrice d'espace agricole perdu définitivement.

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