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Billet de blog 11 août 2018

ZERO PHYTO, ZERO PESTICIDES

France Nature Environnement (FNE) : « PAS DE SURPRISE : L’USAGE DES PESTICIDES CONTINUE D’AUGMENTER EN FRANCE ».

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ZERO PESTICIDES QUAND ?

A l’heure ou vient de tomber le jugement du tribunal de San Francisco (1), condamnant Monsanto (Bayer désormais) à verser à Dewayne Johnson 290 millions de dollars, rendant la firme responsable de son cancer du système lymphatique après utilisation du Round up pro et du ranger pro, il est navrant de constater comme vient de le dénoncer dans un communiqué de presse du 27 juillet 2018 France Nature Environnement (FNE) : « PAS DE SURPRISE : L’USAGE DES PESTICIDES CONTINUE D’AUGMENTER EN FRANCE ».

L’augmentation de l’utilisation des pesticides par l’AGRICULTURE FRANÇAISE (j’ajouterai PRODUCTIVISTE) a été pour 2016/2017 de 12,4 % par rapport à 2009 !

Il faut l’admettre les plans Echophyto lancés dès 2008, dont l’objectif principal était de réduire l’utilisation des pesticides de 50 % d’ici à 2018, sont un échec total.

Pendant ce temps le ministre de l’Agriculture (de concert avec l’empereur Macaron 1er) annonce un plan Ecophyto 2+, la sortie du glyphosate en 3 ans et l’interdiction des Néonicotinoïdes.

C’est de l’éparpillement façon puzzle (comme diraient les tontons flingueurs) qui sera de toutes les manières combattu par les firmes chimiques, soutenues en cela par la trop puissante FNSEA.

Pour aller plus avant dans l’efficacité des mesures à prendre, au lieu de déclarations fumeuses dans le communiqué de FNE, par la présidente du CREPAN « L’outil echophyto est intéressant, mais la sortie des pesticides ne se fera as sans l’activation d’autres leviers économiques et règlementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l’ensemble de la profession ».

Désolé pour les nouveaux « leviers » mais pour parler clair il s’agit d’un CHANGEMENT RADICAL DE MODE DE PRODUCTION AGRICOLE, assorti d’un cadre législatif d’interdiction totale de la chimie en ce domaine.

Pour ce faire il faut une volonté politique forte au niveau national mais surtout au niveau européen, et l’abandon de l’usage de la langue de bois et de la parcellisation au niveau de la commission européenne et du parlement européen, ce qui n’est pas gagné, mais ce qui est jouable si les consommateurs se réveillent !

Quand j’utilise le mot éparpillement, cette année le ministère de l’agriculture a refusé de signer la dérogation d’utilisation d’un pesticide pour les carottes de Créances (voir l’article : Créances… les carottes sont cuites) c’est bien, mais sur le glyphosate on verra dans trois ans afin de trouver des solutions alternatives, mais enfin vous prenez les gens pour des imbéciles, elles existent ces solutions et sont pratiquées les agriculteurs de la CONFEDERATION PAYSANNE, soit en agriculture paysanne, soit en bio, soit en en biodynamie.

ZERO PHYTO QUAND ?

Cela fait belle lurette que nombre d’ONG, comme Greenpeace, Générations futures, tirent la sonnette d’alarme sur la fin des pesticides. Dans cette démarche plusieurs élus de la Manche ont été rencontrés il y a 4 ans, Messieurs BAS, BIZET, HUET et TRAVERT, eh bien devinez lequel était le plus retord ? Travert, et qui est devenu ministre de l’Agriculture macronien = Travert !

Dernièrement dans la Manche Libre (21 07 2018) en page 35 un titre ronflant « Zéro pesticides : une ville exemplaire » mais quelle est donc l’heureuse élue, mais Avranches, bien sûr, qui a obtenu les trois feuilles, indiquant le passage en zéro phyto pour tous les lieux publics et ouverts au public de la commune y compris cimetières et terrains de sport.

Mais quel est l’exemple à partir du moment ou la loi imposait aux communes l’interdiction des produits phyto-sanitaires depuis le 1er janvier 2017, et nous sommes en août 2018.

Certaines communes n’avaient pas attendu et heureusement cette obligation légale pour démarrer un processus « Zéro Phyto » notamment la Lucerne d’Outremer, citée dans l’article comme étant une des premières (avec La Mouche, Cavigny, Coudeville, et Jullouville) communes à avoir obtenu les trois feuilles, délivrée par la FREDON organisme régional accompagnant les collectivités dans leur démarche, ce qui n’est aucunement obligatoire.

Avranches fait donc simplement partie des 70 communes du département à avoir décroché les trois feuilles.

Quant à dire comme le titre l’article que « La Manche est (à) la pointe » du fait que 181 communes ont engagé une démarche zéro phyto avec la FREDON, il faut rappeler que le département en compte 477 !

On est loin du compte et la date est largement dépassée !

A cela il faut ajouter qu’à partir du 1er janvier 2019, ce sera au tour des particuliers de se passer des produits pesticides (se décomposant éthymologiquement en pesti provenant du latin pesto se traduisant par maladie contagieuse, peste, puis de cide, provenant du latin cidae = tuer). Théoriquement des personnes dédiées devraient déjà accompagner les acheteurs de ces produits dans les jardineries ou les grandes surfaces où ils sont en vente, mais que nenni et perte de temps.

En ce qui concerne justement l’enlèvement des « mauvaises herbes » rien n’est plus efficace que l’huile de coude avec binette et sarclette. Mais ne gaspillez pas l’eau chaude même celle de la cuisine qui refroidie peut être utilisée pour arroser les plantes.

Mais pour pallier à la pénurie certains feront des réserves avant la date fatidique, ou iront comme certains agriculteurs frontaliers en chercher en Espagne, notamment pour ceux interdits d’utilisation en France.

Quels seront les contrôles ? Comment seront détruits les stocks ? Quelles garanties aura-t-on ?

Parce que c’est avant tout :

- Un problème grave de santé publique tant humaine qu’animale.

- Un problème grave d’atteinte à la qualité de la biodiversité.

Comme le rappelle à juste, mais inquiétant titre, FNE :

- 80 % des insectes ailés ont disparu en Europe depuis 30 ans.

- Les oiseaux des milieux agricoles ont diminué de 33 % entre 1989 et 2017 (Pendant ce temps les productivistes agricoles continuent d’arracher massivement les haies bocagères en toute impunité.

Alors pour en revenir sur le Zéro Phyto communal, c’est déjà une bonne démarche, mais ce sera beaucoup mieux pour tout le vivant quand il s’agira d’un « zéro phyto sur l’ensemble du territoire de la commune » ?

Dans quel monde vit on ? Est-il vraiment sérieux, comme je le titrai dernièrement ?

(1) Le jury du tribunal de San Francisco avait à répondre à onze questions parmi lesquelles :

"Est-ce que le roundup ou le ranger pro ont contribué à la maladie du plaignant ? Oui.

Est-ce que Monsanto connaissait la dangerosité de ses produits contenant du glyphosate ? Oui.

Est-ce que le groupe a volontairement choisi de ne pas accompagner ses pesticides d’un avertissement destiné au consommateur ? Oui."

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