CREANCES : LES CAROTTES... SONT CUITES !

Cette bourgade littorale de la Manche produit des monceaux de carottes labellisées Label rouge, mais traitées au dychloropropène afin d'empêcher le Nématode de la déformer !

Vendredi matin, l’édition du journal Ouest France, nous apprenait, que les producteurs de carottes de Créances, ne participeraient pas à la fête de la carotte cette année !

Mais pourquoi donc ? Eh bien le ministre de l’agriculture Travert n’a toujours pas signé la dérogation d’utilisation du « Dichloropropène » produit interdit par l’Union Européenne depuis 2009 permettant de lutter contre un ver, nommé « nématode » qui provoque des malformations, rendant ladite carotte invendable !

Sauf que le docteur Joël Spiroux, président du CRIIGEN (Comité de recherches et d’informations indépendantes sur le génie génétique) voit « ce produit possiblement cancérigène, pouvant provoquer une toxicité rénale hépatique, des troubles cutanés, pulmonaires » et il rajoute « utiliser ce produit c’est qu’on privilégie l’économie sur la santé ».

Un rapport de l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) de septembre 2017 a soulevé pour ce produit des risques de toxicité, de mutagenèse, de cancer, de perturbateur endocrinien . De ce faitPatrick Dehaumont, directeur de la direction générale de l’alimentation, a dit ne pouvoir accorder la dérogation.

Pourtant comme le déclare Céline Gentil, de l’association des producteurs de carottes de France, le produit est « utilisé dans des conditions strictes, afin de protéger les producteurs et les consommateurs » et elle rajoute « la carotte de Créances a le label rouge ce qui est une preuve de qualité ».

Bon sang mais c’est bien sûr, le label rouge signe de qualité, certes, mais aspergé de dichloropropène, il est bon de se demander pourquoi ce label a été décerné pour la carotte de Créances.

Petite question insidieuse, il y a d’autres produits phytosanitaires et engrais chimiques d’utiliser ?

Si oui merci de nous en communiquer rapidement la liste.

Les organisations professionnelles prétendent qu’on ne retrouve pas la molécule dudit produit dans la nappe phréatique, dans ce cas il faut sortir les analyses pratiquées par des laboratoires indépendants de la société fabricante.

Les mêmes affirment ne pas disposer de produit alternatif pour nettoyer les sols, mais alors très naïvement comment font les maraichers bio qui n’utilisent aucun produit chimique.

Il y a aussi le problème de la fréquence de culture, au lieu de pratiquer des rotations de cultures et des amendements afin de régénérer des sols appauvris par la monoculture permanente.

« Les nématodes se sont installés du fait d’une fréquence trop répétée des cultures de carottes » déclare Jean Santerre de la Chambre d’Agriculture de la Manche. 

Eric Andrieu, président de la commission spéciale sur les pesticides au parlement européen, déclare que la France est championne d’Europe des dérogations d’utilisation de pesticides au nombre de 58 pour l’année 2016.

Qu’attends donc sur cette lancée le ministère de l’agriculture pour lancer une campagne d’envergure pour lancer la transition de l’agriculture productiviste et pesticidée vers l’agriculture biologique ?

Malgré tout le maire de Créances, Monsieur Lemoigne précise « Nous allons tout de même organiser un rendez vous autour des produits du terroir (sigle propre à la FDSEA) à la même date.

Eh bien bon appétit.

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