PISSEURS INVOLONTAIRES DE GLYPHOSATE : ON PISSE ET APRÈS ?

Cette action initiée par les Faucheurs volontaires de l’Ariège, relayée il y a peu par Faisons la Manche sans OGM, à Avranches, a permis à 22 personnes d’effectuer des analyses d’urines pour rechercher des traces de glyphosate.

Le résultat est malheureusement positif et inquiétant puisque le taux le plus élevé se situe à 2,39 yg/l et le taux le plus bas à 0,38 yg/l, alors que la norme OMS est à 0,10, soit donc de 4 à 24 fois la norme.

Le but est ensuite de se regrouper pour mener des actions en justice par le biais de l’association nationale des PIG au cours de plaintes individuelles au sein d’une action collective.

Mais ce n’est pas tout et nous sommes plusieurs à nous être interrogés sur le fait que nous mangeons bio à 80/85 %, mais quid de ce que l’on consomme autrement à commencer par l’eau du robinet pour cuisiner, se laver, confectionner cafés, thés, tisanes.

C’est pourquoi j’ai décidé d’interroger le syndicat d’eau, mais aussi le Sd’eau50, l’ARS et l’Agence de l’eau Seine Normandie.

La question est simple pour toutes ces structures, si l’eau distribuée est potable et exempte de pesticides, eh bien prouvez le et à vos frais bien sûr, mais sous contrôle d’huissier.

Dernièrement une personne se présente à mon domicile soi disant mandatée par l’ARS mais sans en fournir la preuve pour effectuer un test de potabilité de l’eau, je lui ai demandé s’ils recherchaient les pesticides et notamment le glyphosate, réponse non, eh bien dans ce cas c’est inutile de perdre votre temps.

Cet article va aussi comme d’habitude être envoyé au député de la circonscription Bertrand Sorre qui en matière de pesticides est souvent absent de l’assemblée lors des votes, ou soutient la majorité d’une manière trop suiviste.

Or on assiste depuis un moment a des reculs par rapports à l’interdiction des pesticides en général et du glyphosate en particulière, et il est à craindre que l’échéance de trois ans que le gouvernement s’était fixée ne soit pas respectée, ou seulement partiellement ainsi que Macaron 1er l’a déclaré à deux reprises.

Dernièrement dans le cadre de la loi PACTE les sénateurs ont adopté un amendement pour revenir sur une des avances de la loi sur l’agriculture, à savoir la fabrication en France de pesticides interdits tant en France qu’en Europe, mais destinés aux autres pays .

Eh bien le 15 mars les députés ont voté, avec le soutien du gouvernement un amendement autorisation la production en France de pesticides contenant des substances interdites dans l’Union Européenne.

Qu’à voté Monsieur SORRE ?

Merci Monsieur SORRE de nous le préciser.

Par ailleurs le gouvernement doit cesser de tergiverser, de nous prendre pour des benêts ou des ploucs vivants au milieu de nulle part, ne plus subir le diktat des industries chimiques mortifères ni de la FNSEA en engageant une interdiction drastique, définitive et à court terme (2 ans à partir de maintenant) de l’ensemble des pesticides chimiques de synthèse.

Voici les courriers envoyés le 21 mars 2019 :

a) SAIEP LA HAYE PESNEL

Je vous prie de bien vouloir trouver sous ce pli copie des courriers que j’adresse au SD’EAU 50 et à l’ARS.

Compte tenu du taux de glyphosate dans mes urines de 2,39 yg/l je vous demande de bien vouloir effectuer des recherches de pesticides et notamment de glyphosate dans l’eau que vous distribuez, et ce à vos frais bien sûr.

Il serait opportun d’effectuer plusieurs prélèvements notamment à mon domicile

b) SD’EAU 50

Je vous prie de bien vouloir trouver sous ce pli copie des courriers que j’adresse au SAIEP de la Haye Pesnel et à l’ARS.

Compte tenu du taux de glyphosate dans mes urines de 2,39 yg/l je vous demande de bien vouloir effectuer des recherches de pesticides et notamment de glyphosate dans l’eau que vous distribuez, et ce à vos frais bien sûr.

Il serait opportun d’effectuer plusieurs prélèvements notamment à mon domicile.

c) AGENCE REGIONALE DE SANTE

J’habite sur la commune de la LUCERNE D’OUTREMER et la fourniture de l’eau courante dépend du SIAEP de la Haye Pesnel, qui a confié la gestion à Véolia.

Lors de l’envoi de la facture principale de consommation d’eau est jointe une fiche de synthèse de la qualité de l’eau ne faisant apparaître que les taux d’atrazine et de Nitrates.

Nombre de pesticides ont remplacé l’atrazine notamment à base de glyphosate, or sous ce titre sur la feuille de synthèse il est dit :

« Pesticides

Insecticides, fongicides, herbicides…

Pour les substances appartenant à la famille des pesticides, la valeur réglementaire de 0,1 yg/l est inférieur au seuils de toxicité connus.

Aucun dépassement des limites de qualité n’a été relevé sur l’eau distribuée. »

C’est un peu succinct comme réponse, car je voudrais bien savoir si une recherche a bien été effectuée ?

J’ai participé récemment à l’opération « PIG » Pisseurs involontaires de Glyphosate, et le taux relevé dans mes urines est de : 2,39 yg/l.

Vous comprenez bien que je m’interroge, alors je ne souhaite pas une réponse toute faite, mais des résultats d’analyses précis sur plusieurs pesticides et notamment le glyphosate. sur l’eau coulant au robinet de la maison que je loue aux frais du syndicat d’eau

Etant contaminé je voudrais et je dois savoir par qui ?

En conséquence je vais demander à la SAIEP de pratiquer à ses frais une recherche de pesticides et notamment du glyphosate en plusieurs points.

Il est bien évident que nous vous tiendrons au courant tant de la procédure collective que des réponses faites aux différents courriers.

Comme je l’ai déjà écrit sur ces colonnes, l’eau est un bien commun de l’humanité, et sa distribution ne devrait relever que d’un service public, au sein duquel la notion de profit n’existe pas, ne nécessitant pas d’avoir à verser des dividendes à des actionnaires jamais gavés.

Est-il normal que les particuliers doivent payer des taxes d’assainissement aussi énormes alors qu’ils ne sont pas les principaux pollueurs face aux professionnels industrie, et agriculture productiviste.

 

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