PESTICIDES ET EFFETS COCKTAILS !

Le procès contre Monsanto de Dewayne Johnson relance la controverse sur les pesticides, donc sur le Round Up, donc sur son composant de base le glyphosate, oubliant que trop les adjuvants, produisant un effet cocktail, quant certains ne mélangent pas en plus plusieurs herbicides !

A la suite de mon précédent article « Zéro Phyto, Zéro pesticide » et la condamnation de Monsanto, les langues se délient, beaucoup veulent partir en guerre contre les pesticides, et pas seulement le glyphosate, alors que des centaines d’ONG tirent la sonnette d’alarme depuis des années sur ces produits en « CIDE » deux points manquent au débat et sont trop peu souvent cités.

1) l’Effet cocktail du Roundup composé de glyphosate et de nombreux adjuvants, évoqué dernièrement dans un reportage sur ARTE ou la CINQ sur les abeilles, mis également en évidence antérieurement bien que critiqués par Séralini et Christian Velot, et nombre de paysans parmi lesquels José Bové, et plus proche de nous François Dufour.

Voici donc pour éclairer le propos ce qu’écrivait Arsenic sur son blog sur Médiapart hier :

« Le glyphosate revient sur le devant de la scène et N.Hulot reprend des couleurs. Les industriels sèment la confusion pour cacher la dangerosité probable de leurs produits. Ils publient des articles innocentant le glyphosate alors que les agriculteurs pulvérisent du Roundup. Et, systématiquement, Monsanto teste le glyphosate isolément tandis que les agriculteurs sont au contact du Roundup.

On y revient, nonobstant la pusillanimité de la Commission européenne et du gouvernement français face aux vendeurs de désherbants.

Au milieu du débat scientifique, un grand écart : Monsanto-Bayer parle du glyphosate (le principe actif) seul -en termes élogieux en public mais moins dans les courriers internes publiés dans les "Monsanto papers".

Les utilisateurs respirent et reçoivent sur la peau du Roundup dont la composition duquel entrent les adjuvants (équivalents aux excipients des médicaments) suivants :

Chlorométhylisothiazolinone (CMIT) ou Benzisothiazolinone : Biocide, conservateur. Réactions allergiques cutanées.
FD&C BIue No 1 : Colorant bleu (E133)
Butylcarbamate d'iodopropynyle (IPBC) : Conservateur, biocide. Lésions oculaires (fiche INRS n° 320)

Light aromatic petroleum distillate : Pétrole lampant (fiche INRS n° 140) Polyoxyethylene alkylamine : Tensioactif. Irritant oculaire, toxicité pour les poissons et batraciens
Propylène glycol : Solvant. Irritant pour les yeux
Sulfite de sodium : Conservateur (E221). Pas d'effet documenté
Benzoate de sodium : Conservateur (E211). Suspecté d'effets sur la santé des enfants

Ces produits facilitent la pénétration du glyphosate dans les plantes mais aussi à travers la peau.

En cultivant des sols traités au glyphosate, ils bénéficient en outre du principal produit de dégradation :

Acide aminométhylphosphonique (AMPA) : Produit de dégradation du glyphosate, persistant dans l'environnement (demi-vie dans le sol de prés de 3 ans). Toxicité chronique chez l'animal

Sans clarification sur ce point, la bataille de mots risque de durer et les maux des agriculteurs et de la nature en général de perdurer. »

2) Peu dans les commentaires de ce procès historique, ont évoqué le fait que Monsanto (qui a fait appel) a été racheté par Bayer et que le contrat de rachat mentionne la disparition du nom « Monsanto ».

Il serait donc intéressant de connaître ce que contient ledit contrat, par rapport au passif de l’entreprise Monsanto, du provisionnement des sommes qui pourraient être dues et de l’issue des procédures en cours. Autre point qui mérite également d’être évoqué du fait des différentes entre législation américaine, européenne et française, c’est la faculté pour ces multinationales bardées de cabinets d’avocats internationaux, d’organiser par le biais de sociétés écrans leur insolvabilité.

3) Dans la Manche le cas Bizet :

Vous savez ce sénateur très actif à détricoter la loi littoral, comme il a tenté encore en juillet, de le faire, heureusement avec insuccès, à défendre mordicus les OGM notamment ceux, tiens c’est curieux de Monsanto, au mépris de l’immense biodiversité des plantes et des espèces.

Quand au commentaire judicieux à la suite de l’article d’hier renvoyant à un entretien du Sénateur Manchot Bizet sur BFMTV, il est affligeant, consternant, d’un soutien inconditionnel mais peut être pas désintéressé à Monsanto :

- D’une part il réfute en bloc la dangerosité du round up et de son agent principal le glyphosate en évoquant la baisse du dosage des pesticides par les agriculteurs « pluriels » alors que la consommation ne cesse d’augmenter ainsi que l’a souligné France Nature Environnement.

Bien évidemment il dénigre l’agriculture biologique, soutenu en cela par son compère Philippe Bas (voir un article précédent sur le sujet). Il prétend selon des études « scientifiques » que le round up n’est pas plus dangereux que l’eau chaude ou le café ! Alors dans ce cas nous proposons à ce magicien de boire tous les matins un verre de Round sous contrôle d’huissiers et de scientifiques, non vendus ou achetés c’est selon. Il nie aussi le rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) jugeant ce produit comme cancérogène probable !

- D’autre part il nie toute légitimité au jury populaire de San Francisco, n’étant pas l’émanation de scientifiques ! Mais que je sache il y a eu enquête, fournitures de nombreux rapports, réunis par l’avocat de Dewayne Johnson, et notamment les fameux documents émanant de l’affaire des « Monsanto Papers (papiers) » ui ont montré comme cette multinationale s’octroyait les services de « scientifiques maison » pour fournir des documents en sa faveur, même si parfois certains pris de remords n’hésitaient pas à juger le produit dangereux. Tout ceci a été caché aux décideurs notamment européens qui ont ré autorisé l’utilisation du glyphosate pour 5 ans, et dans 5 ans on fait quoi ?

Il appert donc que le sénateur manchot est un anti démocrate primaire niant toute légitimité à un jury populaire, c’est pitoyable !

Alors Monsieur le Ministre de la Transition Ecologique, Monsieur le Président/Empereur de la république, sortir du glyphosate, c’est une chose, sortir de l’ensemble des pesticides en est une autre beaucoup plus ambitieuse, et demande un courage politique fort de l’ensemble des chefs d’Etats de l’Union Européenne.

Ce n’est donc pas dans 3 ans, mais allez au pire dans un an comme le suggérait sur France 2 hier soir José Bové qu’il faut sortir de l’utilisation de ces saloperies en mettant en place un autre mode de production agricole, rendant en plus le pays moins dépendant des énergies fossiles et augmentant le revenu des paysans.

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