Joël BELLENFANT

Retraité

Abonné·e de Mediapart

115 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 septembre 2017

Joël BELLENFANT

Retraité

Abonné·e de Mediapart

LE GLYPHOSATE POURRAIT-IL DEVENIR GOUVERNEMENTICIDE ?

La commission européenne a proposé aux états membres de renouveler l’autorisation d’exploitation du glyphosate pour une période de 10 ans, sachant que l’autorisation précédente expire à la fin de l’année 2017.

Joël BELLENFANT

Retraité

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La commission européenne a proposé aux états membres de renouveler l’autorisation d’exploitation du glyphosate pour une période de 10 ans, sachant que l’autorisation précédente expire à la fin de l’année 2017.

Le glyphosate est la molécule de base du Roundup (mais pas que : voir l’article de Marc White sur Médiapart) de Monsanto qui est un herbicide total.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’il y a quelques années figuraient sur les bidons de Roundup la mention « biodégradable » et que Monsanto avait été condamné en France pour publicité mensongère.

Des études scientifiques relevaient à la même époque que des traces de glyphosate avaient été décelées dans le liquide amniotique des femmes enceintes.

Depuis des années des structures s’activent et se battent pour obtenir l’interdiction de l’utilisation des pesticides, Générations Futures, Greenpeace, la Confédération Paysanne, la Fnab, FNE et ses satellites, nombre de collectifs anti OGM, etc.

En effet beaucoup de semences OGM du groupe Monsanto sont dites résistantes au Round Up.

Pour avoir une idée de l’ampleur de l’utilisation des pesticides en général voici un extrait du communiqué de presse de France Nature Environnement de ce jour :

Des raisons scientifiques incontestables pour justifier son interdiction

Selon le Commissariat Général au Développement Durable, le glyphosate et ses résidus sont présents dans 53 % des cours d’eau. Les dernières expertises des instances européennes sur la toxicité du glyphosate sont entachées par des critiques de fond sur le sérieux du traitement des données. De plus, des passages entiers des conclusions ont été « copiés-collés » depuis les documents des lobbyistes pro-glyphosate, jetant ainsi le discrédit sur ces rapports. Il est alors pertinent de revenir aux dernières conclusions crédibles sur le sujet, émises par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS, en 2015.Des preuves convaincantes ont montré que le glyphosate peut causer le cancer chez les animaux de laboratoire. Selon ces mêmes conclusions, le glyphosate serait aussi à l'origine de lésion sur le matériel génétique de cellules humaines.

Des alternatives crédibles pour des modèles agricoles durables

De très nombreux agriculteurs travaillent aujourd'hui avec des alternatives techniques viables. Pour cela, ils se passent de désherbant et mettent en œuvre les principes de l'agroécologie, en associant la forte réduction du travail du sol (sans labour)à une plus grande diversité d’espèces et de variétés cultivées. L'accompagnement technique actuel se doit d'être réorienté en urgence vers ces pratiques ; il s'agit maintenant d'aller vite.

Bien sûr que des alternatives existent il faut changer le modèle agricole de notre pays, c’est d’une urgence évidente, consommer moins, manger mieux, moins de viande, mais des produits de qualité, issus de l’agriculture biologique.

Au lieu de cela Monsieur le Ministre gèle les subventions et primes à la conversion et au maintien des fermes en agriculture biologique.

On marche sur la tête.

En tout état de cause la FNSEA qui régnait en maître absolu des différents ministères de l’agriculture, a, en la personne de Stéphane TRAVERT, trouvé peut être son futur président, qui sait ? Car être plus servile est quasiment impossible.

Il est en effet pour la prolongation de l’utilisation du glyphosate car il n’y a pas de produit de substitution !

Par contre il y a une substitution possible en changeant de modèle de production agricole et mettre fin à l’utilisation effrénée des pesticides par une partie des agriculteurs en augmentation constante depuis 2009 selon les chiffres de la Banque Nationale de Vente des Produits Phytosanitaires.

Dès la formation du premier gouvernement Macron une partie de bras de fer a eu lieu entre TRAVERT et HULOT à propos de (la fin) de l’usage des néonicotinoïdes, par chance Hulot à gagner l’arbitrage positif du premier ministre, ce qui m’avait valu d’écrire un petit article « Hulot 1 – Travert 0 ».

Depuis un certain temps déjà Le ministre Hulot a déclaré qu’il s’opposerait à la prolongation de 10 ans de l’usage du Glyphosate soit jusqu’en 2027, lors du vote des Etats membres de l’Union Européenne, réunis au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, prévue avant la fin de cette année.

Samedi les agriculteurs de la FNSEA battaient le pavé parisien pour faire pression sur le gouvernement contre cette interdiction, et il faut le souligner, courageusement, Hulot les a rencontré, pour leur dire qu’une « solution serait trouvée ».

Pourquoi « serait » alors qu’elle est connu surtout de lui même cette solution, changer le modèle de production agricole.

Depuis et surtout hier lundi la cacophonie s’est établie entre le premier ministre, Travert, Hulot et Castaner a propos de la date d’arrêt de l’utilisation des pesticides (parmi lesquels le Round Up) à savoir 2022 comme promis par le candidat Macron, ou deux ans plus tard comme suggéré par Travert et la FNSEA, qui rencontrait hier matin Nicolas Hulot affirmant qu’il n’y avait pas de raisons scientifiques incontestables justifiant son interdiction ?

Bien évidemment puisque le rapport de l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques, servant de base au rapport de réévaluation de l’herbicide, contient des éléments rédigés par des firmes agrochimiques, réunies autour de Monsanto au sein de « la Glyphosate Task Force » cela ne s’invente pas.

Il est bon de rappeler qu’en France l’utilisation du Glyphosate est interdit pour les collectivités dans les espaces ouverts au public depuis le 1er janvier 2017 et qu’il le sera pour les particuliers à partir du 1er janvier 2019. Le tout confirmé par le premier ministre.

Alors messieurs Macron, Philippe, Travert, Hulot, Castaner :

- accorder vos discours.

- ayez du courage et confiez un mandat précis au ministre Hulot pour voter NON à la réautorisation du Glyphosate au sein de l’Union Européenne.

Tous ces atermoiements des personnes citées du fait d’effets d’actions de la FNSEA sont inacceptables pour les consommateurs.

De ce fait le premier ministre a donc demandé à Travert et Hulot un rapport pour un plan de sortie pour l’usage agricole du glyphosate, avant la fin de l’année, en fonction des conclusions des états généraux de l’alimentation et de l’état de recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs.

Cela commence à sentir fortement l’embrouille.

Nous ne serons pas dupes et faites en sorte que le glyphosate ne se transforme pas en plus en gouvernementicide ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.