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Billet de blog 26 oct. 2018

CRÉANCES (50) APRES LES CAROTTES CUITES, LES CAROTTES RAPEES !

A CREANCES, plus de dichloropropène, plus de métam-sodium, et ensuite ?

Joël BELLENFANT
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Retour à Créances :

Décidément les producteurs de carottes de Créances sont à la peine, car faute de pouvoir utiliser le dichloropropène, dont la dérogation n’a pas été renouvelée par l’ex ministre de l’agriculture Travers au printemps 2018, ils ont choisi de ne pas emblaver 240 ha sur les 840 du bassin de culture local.

C’est ce que nous révèle Ouest France du 24 octobre 2018, car comme se plaint la présidente du syndicat des producteurs de carottes toutes les alternatives au dichloropropène ont échoué, et ce avant la fin août.

Diantre, mais il manque quelques éléments d’informations, doit on comprendre que seulement 240 ha étaient réservés à la production de carottes ?

Quelles alternatives ont été utilisées puisque apparemment ils n’ont jamais retenu le principe de la rotation des cultures ?

Ce produit interdit dans l’union européenne depuis 2009, bénéficiait donc d’une dérogation d’utilisation comme pour les producteurs espagnols ou chypriotes, afin de lutter contre le ver de la carotte « le nématode ».

L’article nous apprend que des nématodes retrouvés congelés en Sibérie se seraient réveillés… au bout de 40000 ans !

Bigre, j’espère que certains ne vont pas nous congeler au risque de nous retrouver sur une planète morte du fait de l’homme !

Tout ceci n’est pas sérieux, car les paysans bios locaux produisent des carottes fort belles et de qualité, sans craindre ce ver et sans avoir besoin d’aucun pesticide.

Quid du Métam Sodium ?

Mais la cerise sur le gâteau est fournie par le Métam sodium !

Quèsaco ?

Vous savez c’est ce produit qui vient d’intoxiquer plusieurs dizaines de personnes en Maine et Loire, pulvérisé sur des champs de mâche à proximité de serres florales ?

De ce fait l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire va réexaminer les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires utilisant du métam sodium qui détruit toute vie dans le sol après utilisation donc beaucoup plus dangereux que le glyphosate.

Pire encore lorsqu’il est pulvérisé sur un sol chaud dégageant un gaz extrêmement irritant.

Eh bien ce sont principalement les cultures maraîchères conventionnelles (pour ne pas dire productivistes) qui utilisent ce produit ; et il y a plusieurs secteurs maraîchers dans le département de la Manche.

Vous suivez ?

Quel est le département figurant au 4ème rang national pour l’utilisation du Métam Sodium, ben oui, bingo, c’est la Manche avec 165,3 tonnes pour la seule année 2017.

Quant on pense que lors de l’examen de la loi agriculture alimentation plusieurs députés avaient déposé des amendements demandant l’affichage sur les légumes du nombre de produits phytosanitaires utilisés.

Bien sûr ils furent rejetés, tout comme l’interdiction d’utilisation du glyphosate, vote au cours duquel nos députés de la Manche ont brillé par leur absence.

Les mesures :

Le 20 janvier 2017 le préfet du Maine et Loire compte tenu des intoxications, a suspendu temporairement l’utilisation des produits phytosanitaires à base de Métam ou Métam-Sodium et fixer des règles strictes d’utilisation, étant rappelé qu’il est utilisé en traitement du sol comme nématicide, insecticide, fongicide et herbicide, rien que cela.

Un conseil arrêtez de manger de la mâche cultivée intensivement dans les départements maraîchers avec en tête la Loire Atlantique qui utilise 540 tonnes par an de métam sodium.

De ce fait l’AMSES a déclaré qu’elle réexaminait les autorisations de mise sur le marché des produits phytosanitaires contenant du métam-sodium.

Mesure d’urgence mais provisoire, les ministres de l’agriculture et de la Transition écologique ont pris un arrêté le 25 octobre 2018 suspendant l’utilisation des produits phytosanitaires à base de métam-sodium jusqu’au 31 janvier 2019.

C’est bien, mais pas franchement rassurant pour la suite.

Que fleurissent les coquelicots !

Alors oui il faut saluer et soutenir massivement l’action de « NOUS VOULONS DES COQUELICOTS » qu’ils fleurissent partout et nombreux, pour éradiquer ce fléau (les pesticides) qui porte atteinte à la biodiversité donc à l’homme.

L’ANSES plus haut citée a publié 9 fiches de pharmacovigilance sur des produits phytosanitaires tels que le bentazone, le chlorméquat, le chlorotalonil, le farmosadone, la flumioxazine, le iodosulfuron, l’iprodione, le picolinafène et le thifensulfuron-méthyl.

Rien que du bon que l’on conseille aux ardents défenseurs des pesticides d’en consommer à souhait.

Mais il n’y a pas que de mauvaises nouvelles une étude réalisée sur 68946 personnes par l’INRA, l’INSERM, l’Université Paris 13 et le Cnam, révèle que le risque de cancer serait diminué de 25 % chez les consommateurs de produits bios.

Le dossier Monsanto/Dewayne Johnson :

Vous vous souvenez de Dewayne Johnson ce jardinier américain qui avait obtenu 289 millions de dollars de Monsanto, jugé coupable de son cancer dû à l’utilisation excessive et continue de produits à base de glyphosate. Eh bien la cour d’appel a jugé la somme excessive en la réduisant des deux tiers, mais elle a confirmé le jugement sur le fond. C’est encourageant pour les plaignants tant aux Etats Unis qu’en France où ils sont malheureusement de plus en plus nombreux.

Il est donc urgent d’obtenir le plus vite possible l’interdiction totale des produits phytosanitaires de synthèse et des intrants idoines.

L’alternative avant l’interdiction totale = Les distances d’épandage !

Nos amis québécois en matière d’épandage préconisent :

les agriculteurs préviennent tous les riverains plus ou moins éloignés des champs traités qu’ils allaient pulvériser des pesticides et cela pour qu’ils puissent prendre les précautions suivantes recommandées au Québec à savoir :

Fermer portes et fenêtres

Ne pas faire sécher de linge dehors

Enfermer les animaux qui risquent de ramener des pesticides dans la maison.

Interdire aux enfants de jouer dans le jardin

Et cela pendant quelques jours.

Et mieux encore, quitter sa maison pendant plusieurs jours !

Ben et puis quoi encore !

Mais que se passe-t-il au retour tout est pollué, le terrain, le jardin, la maison y compris à l’intérieur avec la VMC (Ventilation Mécanique Centralisée).

C’est en quelque sorte leur confirmer l’autorisation d’épandre et de mettre en danger la biodiversité et la vie des personnes.

Depuis quelques temps des associations, notamment dans le Bordelais, réclament l’instauration de distances d’épandages auprès des habitations, des écoles, des hôpitaux, des maisons de retraites, des lieux ouverts au public, mais que dit la loi :

Loi labbé: Interdiction pour les établissements publiques, l’État et les collectivités territoriales d’utiliser des pesticides, sauf certains cas (traitements bio et bio-contrôle, épidémies...).
Arrêté du 4 mai 2017 : Les pesticides ne peuvent être pulvérisés ou saupoudrés si le vent est supérieur à 19 km/h (3 sur l’échelle de Beaufort)

Article L251-7-1 du code rural:
Interdiction de certains pesticides à l’intérieur des lieux d’accueil de personnes âgées, handicapées, malades ou d’enfants (personnes vulnérables).
Des zones sont exemptes de ces pesticides autours des lieux d’accueil de personnes vulnérables. Ces zones sont variables d’une préfecture à l’autre. Des dérogations existent en cas de mise en place de olets anti-dérives, de haies ou de certains équipements de traitement.
Aucune disposition particulière n’est prévue autour des habitations et des lieux recevant du public (salle des fêtes, commerces ...).
Les pesticides interdits dans cet articles sont notamment les pesticides CMR, mais les perturbateurs endocriniens (PE) ne le sont pas.

En conséquence emmenés par Loïc PRUD’HOMME, député de Gironde (LFI) plusieurs députés ont déposé un projet de loi pour établi une zone tampon de 200 m afin de protéger les lieux d’habitations et ceux accueillants des personnes vulnérables.

Il est bien évident que ce ne peut être qu’une alternative en attendant l’interdiction totale des pesticides et qu’il ne faudrait pas que si cette loi est votée cela reporte d’autant le processus d’interdiction, qui, et il est bon de le rappeler, ne peut échapper à un changement radical de mode de production agricole.

Toutefois des arrêtés préfectoraux sont pris dans certains départements pour établir des zones tampons contre l’épandage des CMR (Cancérogènes, mutagènes et Reprotoxiques) ou PE (Perturbateurs Endocriniens).

Et si les préfets sont prêts à signer de tels arrêtés ne pourraient ils être appuyés par des maires courageux pour signer des arrêtés municipaux, qu’ils devraient donc légaliser.

Ce pourrait être le début d’une guérilla juridique, entrons en résistance active !

PS : Un grand merci à Goutal pour ces magnifiques caricatures.

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