Les États-unis d'Amérique...vers un consensus sur les violences policières?

L'évolution de la société américaine se révèle plus complexe qu'on le pense ou la voit de l'extérieur, et ne peut se réduire aux violences policières sur les noirs, aux tensions inter-ethniques ou raciales, ou à l'extrême précarité sociale. La division des races ne suit ainsi plus nécessairement celle des classes.

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Aux États-unis d'Amérique c'est désormais tout le peuple qui se lève contre les violences racistes de la police...

Toute la grandeur de ce pays souvent incompris réside dans son exceptionnelle capacité à se remettre collectivement en question, à nommer les problèmes, sans les nier ou imposer un tabou.

Malgré la prévalence des inégalités sociales et du racisme qui touchent ainsi majoritairement les noirs et d'autres minorités, ces derniers peuvent néanmoins à travers des mobilisations comme celles qui traversent le pays actuellement, obtenir quelques avancées qui en France relèvent davantage de la fiction égalitaire voulue républicaine.

La réalité sociale, économique et politique est en effet tout autre ici. Elle peut même parfois se révéler moins épanouissante pour ces minorités dans les pays de la vieille Europe, notamment lorsqu'elles veulent briser le fameux plafond de verre. Car y prédomine encore un présupposé de supériorité des blancs sur toutes les minorités, particulièrement les noirs, masqué par les amortisseurs et minima sociaux.

Au fond ici en France, la république étant supposée ignorer les origines ethniques des personnes, en interdisant scrupuleusement les statistiques ethniques, elle se prive délibérément de données objectives à même de permettre la diminution significative des discriminations raciales. Celles-ci peuvent alors littéralement s'en donner à cœur joie, avec leur second visage le racisme, notamment au sein des grands corps de l'État. Puisqu'elles s'y trouvent noyées dans une fiction très républicaine d'égalité pour tous, qui profite pour l'essentiel aux mêmes classes dominantes, constituées principalement des blancs.

De nos jours aux États-unis d'Amérique un noir riche et célèbre jouit d'autant de garanties sociales et juridictionnelles, voire de protection contre les violences (notamment policières) que son semblable blanc. La division des "races" ne suit ainsi plus nécessairement celle des classes, comme pendant les années de ségrégation...Même si les minorités noires, latinos, asiatiques, indiennes sont encore majoritairement parmi les classes sociales les plus défavorisées, donc sujettes à toutes les discriminations, et plus exposées aux violences.

L'évolution de la société américaine se révèle plus complexe qu'on le pense ou la voit de l'extérieur, uniquement sous le prisme des nombreux sans domiciles fixes des mégalopoles (c'est vrai) ou des tensions inter-ethniques ou raciales (c'est aussi vrai). Mais c'est aussi le pays où un enfant noir peut rêver d'être Président de la fédération, PDG d'un grand groupe, Gouverneur d'un État, Sénateur...puis le devenir.

Suivez mon regard....

Joël Didier Engo

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