RFI, Procès d’Ahmed Abba au Cameroun: tout le ridicule d'une justice instrumentalisée

Le procès du correspondant en langue haoussa de RFI Ahmed Abba contre l'Etat du Cameroun a repris ce mercredi 3 août à Yaoundé. Incarcéré depuis un an, Ahmed Abba est poursuivi pour complicité d'acte de terrorisme et non-dénonciation d'acte de terrorisme. Enlisé depuis son ouverture il y a six mois, le procès a pu enfin s'ouvrir dans le fond.

http://www.rfi.fr/afrique/20160803-cameroun-proces-ahmed-abba-accusation-incapable-produire-liste-temoins

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Tout le ridicule d'une justice militaire instrumentalisée par les faucons et sécurocrates de la dictature de Yaoundé au nom de la légitime lutte contre le terrorisme.

Notre organisation ne cesse inlassablement depuis des mois, voire des années pour les détenus Abdoulaye Harissou et Aboubakar Sidiki, d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le détournement par le régime de Yaoundé de la légitime et nécessaire lutte contre le terrorisme en purges systématiques infligées à des activistes, journalistes, et leaders d'opinion «dérangeant», majoritairement originaires du grand Nord du Cameroun.

En effet, outre le correspondant de RFI Ahmed Abba, séjourgent dans les geôles de la dictature camerounaise le notaire Abdoulaye Harissou et le chef d'entreprise Aboubakar Sidiki, tous les deux des opposants politiques originaires du Nord où sévit le groupe terroriste Boko Haram. Ils sont eux aussi les victimes d'une cabale judiciaire orchestrée par les sécurocrates du régime de Yaoundé.

Cette cabale liberticide qui deshonore la République du Cameroun et ses institutions, fait surtout règner un climat de terreur propice aux dérapages et exactions en tous genres, comme ceux répertoriés par Amnesty International dans son récent rapport accablant sur l'armée camerounaise. Les journalistes ne sont donc pas en reste: hormis Ahmed Abba, Baba Wame, Rodrigue Ndeutchoua Tongue et Félix Cyriaque Ebolé Bola comparaissent également devant le même tribunal militaire de Yaoundé depuis le 22 janvier pour crime de « non-dénonciation».

Nous en appelons directement au Président du Cameroun Paul BIYA afin que toutes ces personnes accusées injustement soient relaxées et immédiatement libérées sans autre forme de procès. Ce ridicule a un peu trop duré.

 

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

8 Cour des Fabriques

70 rue Jean-Pierre Timbaud

75011Paris

Tel: (33) 6 41 00 14 31

Site : http://www.cl2p.org

E-mail: camliberationpolitique@yahoo.com

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