Accaparement des terres: La réponse de Complément d'enquête à Vincent Bolloré

«Vincent Bolloré et la production de l'émission "Complément d'enquête" se chamaillent à propos de l'âge avoué, supposé, reconnu, caché, etc. des travailleurs interviewés dans l'enquête diffusée récemment sur France 2. Je propose un dessus-de-table (un pot de Nutella) au premier inspecteur du travail camerounaise qui se pointera enfin dans cette plantation.»

https://www.facebook.com/complementdenquete/videos/878679522242216/?pnref=story

© Complément d’enquête

 

MENACES SUR LES FORÊTS AFRICAINES

La nouvelle frontière de la déforestation se trouve désormais en Afrique. C’est une économie complexe, reposant sur un dédale de filiales difficile à déchiffrer. Mais parfois, la longue chaîne de capitaux qui menace la forêt remonte jusqu’en France. Exemple avec le groupe Bolloré et la Socfin. Notre enquête.

Vincent Bolloré, l’homme d’affaires qui se rêvait écolo

En France, on ne présente plus Vincent Bolloré. Les activités de son groupe sont variées : du transport aux infrastructures portuaires en passant par la logistique, la société s’est également récemment diversifiée dans la communication (Havas, Direct Matin…). Le groupe Bolloré détient également des participations importantes au sein de Vivendi, dont les activités incluent par exemple Universal Music Group ou le Groupe Canal+. A la tête d’une des plus grandes fortunes françaises, Vincent Bolloré s’est bâti une réputation d’homme d’affaires « sans scrupules ».

Mais depuis quelques années, il tente parallèlement de se construire une image plus positive notamment en affirmant sa volonté de « concilier performance économique et engagements sociaux, sociétaux et environnementaux » : production de véhicules électriques, réduction de l’empreinte environnementale du groupe, adoption de chartes et de codes environnementaux… Il s’efforce également de cultiver des liens avec des personnalités impliquées dans le débat sur l’environnement, en parrainant par exemple la fondation de Maud Fontenoy ou en s’affichant aux côtés de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. L’entreprise Blue Solutions du groupe Bolloré faisait ainsi partie des partenaires officiels de la COP21 à Paris.

Vincent Bolloré

Vincent Bolloré

Ces ambitions affichées contrastent fortement avec les investissements agricoles du groupe Bolloré en Afrique et en Asie du Sud-Est via la Socfin, qui représentent une menace très réelle pour les forêts et le climat. En effet, le groupe Bolloré est l’un des deux actionnaires principaux de la Socfin, une société qui cultive le palmier à huile et l’hévéa.

Or, comme le montre notre enquête, il s’avère que celle-ci fait peser une grave menace sur les forêts tropicales africaines, pourtant indispensables à l’équilibre climatique de la planète. Et en dépit de l’influence majeure que lui confère sa participation de 38,75% au sein de la Socfin et de sa volonté affichée « d’innover pour anticiper les nouvelles exigences environnementales », force est de constater que Vincent Bolloré n‘a pas fait évoluer l’entreprise vers des pratiques protectrices de l’environnement et socialement responsables, et ce malgré les nombreux scandales de ces dernières années

L’empire Socfin

L’histoire entre Vincent Bolloré et la Socfin commence en 1997 lorsque, allié à l’homme d’affaires belge Hubert Fabri, il prend le contrôle de la puissante banque Rivaud. Cette banque est spécialisée, entre autres investissements lucratifs, dans les plantations tropicales situées dans d’anciennes colonies belges, françaises et britanniques. Le groupe Bolloré décide alors de se séparer de plusieurs entités de la banque mais conserve les sociétés liées aux plantations tropicales, dont la Socfin.

Au cœur d’un dédale de sociétés, deux investisseurs clés

Aujourd’hui, Vincent Bolloré et Hubert Fabri (devenu président de la Socfin) se partagent l’essentiel de la société : le groupe Bolloré en détient 38,75 %, tandis qu’Hubert Fabri, via ses liens affichés ou cachés avec d’autres actionnaires, en possède 50,2 %, le reste étant coté à la bourse du Luxembourg, où la société est domiciliée.

Le groupe Bolloré se trouve fortement engagé dans la gestion de la Socfin : les deux plus hauts dirigeants du groupe, Vincent Bolloré lui-même et son n°2, Cédric de Bailliencourt, siègent ainsi au conseil d’administration de la Socfin et de plusieurs de ses filiales. De son côté, Hubert Fabri siège au conseil d’administration du groupe Bolloré et d’au moins cinq sociétés contrôlées par celui-ci. Euphémisme donc que de dire que les deux hommes se connaissent bien.

Imbroglio financier

Grâce à différents montages financiers complexes, la Socfin compte 16 sociétés exploitant des plantations, chapeautées par cinq filiales, elles-mêmes rattachées à deux entités « continentales », lesquelles sont complétées par 12 filiales « opérationnelles » (dont plusieurs sont domiciliées au Luxembourg et en Suisse). Vous avez dit complexe ?

La Socfin se compose donc de 35 entités différentes qui, par le jeu de participations croisées, peuvent également être actionnaires entre elles.

Hubert Fabri, homme de l’ombre

Président de la Socfin, Hubert Fabri possède via ses participations directes ou indirectes 50,2% des parts de la société. Ce proche et discret partenaire d’affaires de Vincent Bolloré, siégeant au conseil d’administration du groupe Bolloré, jouit pourtant d’une réputation controversée et son nom apparaît au centre de nombreuses affaires judiciaires. Il a été inculpé en Belgique, en octobre 2013, de fraude fiscale, blanchiment, faux en écriture et faux bilans comptables.

Il lui est reproché d’avoir privé de plusieurs millions d’euros le fisc belge grâce à diverses sociétés-écrans et à des montages illégaux via différents paradis fiscaux. Hubert Fabri et d’autres employés du groupe Socfin sont accusés d’avoir artificiellement domicilié diverses sociétés au Liechtenstein alors que les décisions étaient effectivement prises à Bruxelles. Le procès a débuté le 12 novembre 2015 devant le tribunal correctionnel de Bruxelles qui a finalement déclaré les poursuites irrecevables en février 2016. En décembre 2013, Hubert Fabri a également été inculpé de corruption active pour l’acquisition de concessions en Guinée. Ce volet est toujours à l’instruction.

Un acteur historique dans les secteurs du caoutchouc et de l’huile de palme

La Socfin gère aujourd’hui plus de 185 000 hectares de plantations de palmiers à huile et d’hévéas (caoutchouc naturel) en Afrique et en Asie du Sud-Est. Avec un chiffre d’affaires de 508,4 millions d’euros, la Socfin a dégagé en 2014 un bénéfice net de 23,6 millions d’euros. Une jolie perle dans l’empire Bolloré.

Sao Tomé-et-Principe est l’un des plus petits pays d’Afrique. Avec un tiers de son territoire couvert par des forêts, il abrite une grande biodiversité. Mais ce paradis forestier est aujourd’hui menacé par l’expansion des plantations d’huile de palme contrôlées par la Socfin. © Micha Patault / Greenpeace

Une route fraîchement ouverte dans les forêts de Sao Tomé. L’expansion de la culture de palmiers à huile créé des accès forestiers qui facilitent le transport de grumes illégales. © Micha Patault / Greenpeace

Une plantation de palmiers à huile appartenant à la Socfin à Sao Tomé. © Micha Patault / Greenpeace

Le terminal commercial de Sao Tomé, où sont entassés les conteneurs destinés à l’export. © Micha Patault / Greenpeace

Sur l’île de Sao Tome et Principe, les forêts sont menacées par les projets d’expansion de la Socfin, une société détenue par le groupe Bolloré et Hubert Fabri.

L’Afrique, Eldorado de la Socfin

L’Afrique ne représente encore qu’un petit pourcentage de la production d’huile de palme au niveau mondial, mais on assiste actuellement à une véritable ruée sur les forêts africaines. Les investissements s’y multiplient, attirés par des conditions climatiques favorables et surtout par des règlementations peu contraignantes ou non appliquées (notamment en raison de la corruption) et un régime fiscal souvent très incitatif.

La nouvelle frontière de l’huile de palme

Après des années de campagne, menée notamment par Greenpeace, les principales entreprises de production d’huile de palme, ainsi que les principaux négociants et entreprises consommatrices, se sont engagés à mettre en œuvre des politiques de production ou d’approvisionnement zéro déforestation en Asie du Sud-Est. La nouvelle frontière de l’huile de palme se situe désormais en Afrique.

Premières visées : les forêts du bassin du Congo. Elles couvrent 200 millions d’hectares répartis dans les six pays forestiers d’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et République démocratique du Congo). Elles représentent une valeur écologique exceptionnelle, notamment grâce à une biodiversité remarquable : plus de 500 espèces de mammifères, 400 espèces de reptiles, des milliers d’espèces végétales ainsi que des centaines d’espèces d’oiseaux ont été recensées dans les forêts d’Afrique centrale. Les forêts tropicales du monde concentrent à elles seules environ 2/3 de la biodiversité terrestre : un trésor à conserver.

Puits de carbone

Les forêts sont bien plus qu’un stock de bois ou une réserve foncière. Elles sont cruciales pour les communautés qui en dépendent pour se nourrir et s’abriter. Elles sont aussi un élément clé de la régulation du climat : elles constituent d’immenses puits de carbone, en particulier les forêts tropicales comme le bassin du Congo.

Les forêts sont bien plus qu’un stock de bois. Elles sont cruciales pour les communautés qui en dépendent pour se nourrir et s’abriter.

Or, endommagées ou détruites, elles ne peuvent plus jouer leurs nombreux rôles écologiques, comme le captage de carbone, la régulation des cycles de l’eau, la protection contre l’érosion, la sauvegarde de milliers d’espèces végétales et animales ou le maintien du cadre de vie des populations locales.

Un enfant avec un fruit “d’arbre à pain” à Praia Pesqueira. Les populations locales en dépendent directement pour vivre. Mais à cause de l’expansion des plantations de palmiers à huile, cette denrée tend à disparaître. © Micha Patault / Greenpeace

Un enfant avec un fruit “d’arbre à pain” à Praia Pesqueira. Les populations locales en dépendent directement pour vivre. Mais à cause de l’expansion des plantations de palmiers à huile, cette denrée tend à disparaître. © Micha Patault / Greenpeace

La menace climatique Socfin

Si avec environ 50 000 hectares d’hévéas et 80 000 hectares de palmiers à huile en Afrique, les zones plantées gérées par la Socfin sont significatives, elles ne représentent en réalité qu’une partie des concessions détenues par la société. En effet, selon les chiffres de 2014, les concessions de la Socfin en Afrique couvriraient plus de 325 000 hectares, ce qui signifie qu’à peine 40% de ses concessions seraient actuellement plantées.

Les superficies plantées pourraient donc doubler dans les prochaines années afin de répondre à une demande de matières premières toujours plus importante au niveau mondial. Or au sein de ces concessions se trouvent des forêts tropicales en sursis, stockant des quantités de carbone importantes (zones dites « High Carbon Stock » – HCS) qui seraient rejetées dans l’atmosphère en cas de conversion en plantations.

Le GIEC estime que 12 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation.

A Sao Tomé-et-Principe, depuis 2010, environ 1 800 hectares de forêts ont été détruits pour être convertis en plantations de palmiers à huile. Selon les estimations de Greenpeace, l’ensemble du carbone stocké dans ces forêts s’élevait à plus de 600 000 tonnes d’équivalent CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles d’une petite centrale à charbon. Pour information : une tonne de carbone équivaut à 20 allers-retours Paris/Londres, ou à la consommation annuelle en chauffage au gaz d’un trois pièces à Paris !

En République démocratique du Congo (RDC), environ 20 000 hectares de forêts denses – y compris des zones de forêts intactes ou des zones arborées dites «forêts mosaïque » – sont potentiellement menacées en l’absence d’une politique zéro déforestation. Les émissions de gaz à effet de serre associées au défrichement éventuel de ces zones s’élèveraient alors à près de 8,5 millions de tonnes équivalent CO2.

L’équipe de Greenpeace sur le terrain à Sao Tomé. © Micha Patault / Greenpeace

L’équipe de Greenpeace recoupe les informations collectées sur le terrain. Des fermiers ont vu leurs terres saisies pour permettre l’expansion des plantations de la Socfin. A peine trois mois de salaire leur ont été offerts en guise de compensation.© Micha Patault / Greenpeace

Des membres de l’équipe Rede Bio, une plateforme de sept ONG formée après une grande mobilisation de la société civile contre le projet d’expansion de la Socfin à Sao Tomé. Après avoir réussi à contenir celle-ci, les organisations de la société civile ont décidé de mettre leurs forces en commun pour défendre plus efficacement les populations et les ressources naturelles du pays. © Micha Patault / Greenpeace

Une maison en bois traditionnelle à Praia Pesqueira, à Sao Tomé-et-Principe. Le bois est une ressource de grande valeur à Sao Tomé. Aujourd’hui, les compagnies forestières s’enfoncent de plus en plus loin dans la forêt, menaçant le parc national Obo. © Micha Patault / Greenpeace

A Sao Tomé et Principe, la mobilisation s’organise pour contenir les projets de la Socfin et protéger forêts et populations locales.

Une présence marquée par de nombreux conflits sociaux

La Socfin est actuellement présente dans deux pays asiatiques (Cambodge et Indonésie) et dans huit pays africains : Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Nigeria, République démocratique du Congo, Sao Tomé-et-Principe et Sierra Leone. Pour l’année 2014, la Socfin a annoncé une production de 185 443 tonnes d’huile de palme brute et de 116 933 tonnes de caoutchouc naturel sur le continent africain.

Influente dans le secteur des plantations, la Socfin n’est pas très connue du grand public. Elle a pourtant bénéficié ces dernières années d’une visibilité médiatique dont elle se serait sans doute bien passée, de par les nombreux conflits sociaux qui se sont fait jour à l’intérieur et autour de ses concessions. Certaines communautés locales jouxtant les plantations dans plusieurs pays se sont regroupées au sein de l’« Alliance Internationale des communautés riveraines des plantations Socfin Bolloré ». Les paysans et les riverains dénoncent notamment le non-respect de leurs droits fonciers coutumiers, la faiblesse des compensations accordées, la dureté des conditions de travail des ouvriers agricoles et la menace pour leur sécurité alimentaire.

Un fermier sur ses terres agricoles, près du parc national Obo. Plusieurs milliers de fermiers ont perdu leurs terres à cause des plantations de palmiers à huile. Cette situation les incite à grignoter du terrain au-delà des frontières de la réserve naturelle du parc Obo. © Micha Patault / Greenpeace

Un fermier sur ses terres agricoles, près du parc national Obo. Plusieurs milliers de fermiers ont perdu leurs terres à cause des plantations de palmiers à huile. Cette situation les incite à grignoter du terrain au-delà des frontières de la réserve naturelle du parc Obo. © Micha Patault / Greenpeace

Le 24 juillet 2015, le groupe Bolloré s’est vu assigner en justice par des paysans cambodgiens issus du peuple autochtone Bunong devant le tribunal de grande instance de Nanterre (France) pour ses plantations d’hévéas au Cambodge dans le cadre d’une action en responsabilité civile. Les paysans exigent une réparation en nature, le versement de dommages et intérêts et espèrent récupérer leurs terres ancestrales.

Une absence criante d’engagement environnemental

Bien que ses activités de plantations soient à haut risque pour les forêts tropicales, et contrairement aux plus importantes entreprises du secteur, la Socfin n’a pas de politique visant à prévenir la déforestation dans ses projets. La Socfin a fini par publier à l’été 2015 une Sustainability Policy, mais cette dernière demeure très insuffisante et notablement inférieure aux standards actuels du secteur. Si elle était appliquée, cette politique ne permettrait pas de protéger une grande partie des forêts tropicales couvertes par les concessions de la Socfin, et donc de briser le lien entre plantations industrielles, déforestation et émissions massives de gaz à effet de serre.

En refusant de formuler une politique zéro déforestation visant à protéger l’ensemble des forêts et zones riches en carbone, la Socfin et le groupe Bolloré se positionnent à rebours de la dynamique de progrès enclenchée dans le secteur ces dernières années, et de la volonté des consommateurs de ne plus contribuer à la déforestation et aux changements climatiques.

Suite à la publication de notre article, nous publions ce droit de réponse reçu de la Socfin au nom du droit à la liberté d’expression et au débat, même si nous maintenons fermement nos arguments et contestons ceux exposés par la Socfin.

« Greenpeace France vient de publier sur son site internet un article intitulé « Menaces sur les forêts africaines » qui se veut une « enquête » sur « la nouvelle frontière de la déforestation … en Afrique».

Parmi les acteurs de cette «déforestation» Greenpeace croit pouvoir citer le groupe BOLLORE et la société SOCFIN.

Au sein de ce texte, un lien internet permet de prendre connaissance du détail de ce que Greenpeace qualifie «d’enquête» dont l’essentiel figure sur son site proprement dit, objet du présent droit de réponse.

La Société SOCFIN y est gravement mise en cause et entend contester formellement nombres d’allégations inexactes ou tendancieuses, lesquelles décrivent son activité principalement en Afrique et dans le sud est asiatique. Cette présentation, radicalement erronée a pour conséquence de la dénigrer tant auprès du public, que de ses partenaires commerciaux et financiers.

En premier lieu, Greenpeace, après avoir décrit les liens l’unissant avec le groupe BOLLORE, prétend que SOCFIN « … qui cultive le palmier à l’huile et l’hévéa… fait peser une grave menace sur les forêts tropicales africaines. » et ce du fait de déforestations ou de conversions d’espaces abandonnés, en plantations faisant ainsi planer une « menace climatique » considérable.

L’argument essentiel de Greenpeace réside dans le prétendu non respect par SOCFIN de normes environnementales lesquelles seraient admises par la plupart des sociétés multinationales.

De telles affirmations sont formellement contraires à la réalité.

En effet, SOCFIN pratique depuis longtemps une politique de non déforestation et de protection des forêts existantes, et a confirmé son engagement par la publication de sa politique de « Zéro déforestation » le 30 octobre 2015, sur son site Internet : http://www.socfin.com/Fi1es/media/News/0DeforestEN2.pdf. Cette politique a été notamment validée par la Banque Mondiale.

SOCFIN regrette d’autant plus les allégations erronées et les excès de Greenpeace, que des discussions qu’elles croyaient constructives s’étaient engagées entre les parties, et avaient abouti à un engagement formel de SOCFIN dont Greenpeace s’était réjouie, car SOCFIN s’était engagée à :

– Se conformer aux Principes et Critères de la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), à la norme Forest Stewardship Council (FSC) et aux Standards de Performance de la SFI ;
– N’entreprendre aucun développement dans les aires à Hautes Valeurs de Conservation (HVC), donc, dans les forêts tropicales auxquelles GREENPEACE fait référence ;
– N’entreprendre aucun développement dans les habitats critiques (naturels ou modifiés);
– Respecter les droits des communautés locales et autochtones, y compris leur droit de donner ou de refuser leur consentement libre, préalable et éclairé.

Ces engagements regroupés sous le terme « Sustainability Policy », accédaient à la plupart des demandes ou « recommandations » environnementales de Greenpeace telles qu’elles figurent à la page 23 de« l’enquête» annexée à l’article incriminé et consultable par le biais du lien internet susvisé.

Il est donc particulièrement inexact de faire référence à « une absence criante d’engagement environnemental».

Au surplus, les «normes» auxquelles se réfère Greenpeace n’ont aucune réalité scientifique, pas plus que les concepts que cette ONG manie abusivement du « degré zéro de déforestation» jusqu’à la définition même du concept de « forêt».

Ces imprécisions démontrent le caractère infondé des accusations formulées à l’encontre de SOCFIN.

Cette dernière tient à souligner avec force, ne pas procéder à la moindre «déforestation» d’une quelconque forêt «primaire» ou «intacte» selon l’expression indifféremment utilisée par Greenpeace.

En outre, cet organisme n’hésite pas à faire à SOCFIN un procès d’intention non documenté (à cette occasion, soulignons que les principales références qui accompagnent l’article incriminé émanent, pour la plupart, d’organismes officieux dont les allégations habituelles n’ont aucune base factuelle).

En effet, Greenpeace affirme que les concessions attribuées à SOCFIN en Afrique ne sont que partiellement exploitées, ce qui est exact, et que leurs plantations pourraient « doubler dans les prochaines années …. », ce qui est, en revanche, parfaitement inexact.

Bien plus, Greenpeace déduit de ce postulat des conséquences catastrophiques pour les populations locales, dont l’alimentation se trouverait gravement compromise :

L’article de Greenpeace reproduit ainsi la photographie d’un enfant tenant « le fruit d’un arbre à pain … denrée tendant à disparaître. », prétendant illustrer les conditions déplorables de vie des populations riveraines des plantations.

Une fois encore les affirmations de Greenpeace sont à l’évidence inexactes :

SOCFIN investit dans d’anciennes plantations, en procédant à la replantation des zones cultivées par le passé. Sa démarche a, et a toujours, intégré une dimension durable en assurant la préservation des forêts existantes. C’est pourquoi, à peine 50% des surfaces de ses concessions sont actuellement mises en valeur.

A titre d’exemple des inexactitudes ou imprécisions de Greenpeace, 1 800 ha de forêts n’ont jamais été détruits à Sao Tomé, seules d’anciennes plantations ont été ré exploitées.

Dès lors, les menaces climatiques que présenteraient les activités de SOCFIN en Afrique ne reflètent aucune réalité.

II en est de même des graves « conflits sociaux», lesquels accompagneraient la production SOCFIN.

Certes, comme dans toute entreprise de taille mondiale, des désaccords peuvent surgir. Mais en l’occurrence, ceux-ci ont été plus que rares et essentiellement fomentés par des tiers sans rapport avec les salariés ou les habitants des villages voisins des plantations avec lesquels SOCFIN entretient des relations normales et ponctuées de discussions fréquentes avec les organismes sociaux représentatifs, les autorités villageoises, le tout sous l’égide des autorités administratives nationales.

Une fois de plus, la référence à de « nombreux conflits sociaux » est ainsi erronée.

En revanche, les activités du groupe apportent un développement considérable aux zones rurales dans lesquelles il est implanté et ce par la construction de nombreuses infrastructures sociales (santé et éducation) et collectives (villages, routes, ponts, électrifications, adduction d’eau etc).

Soulignons, que le groupe SOCFIN n’est jamais propriétaire des concessions mentionnées mais les cultive en tant que locataire dans le cadre de baux emphytéotiques. Les concessions en question ainsi que les forêts qui en font parties demeurent la pleine propriété des Etats.

Enfin, le Groupe SOCFIN ne peut que regretter la détérioration inexplicable de ses relations avec GREENPEACE, laquelle semble avoir adopté l’argumentation pour le moins contestable de groupuscules hostiles. »

GREENPEACE

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