La rupture avec la Françafrique, Monsieur FABIUS serait-ce toujours un vœux pieux?

 

La rupture avec la Françafrique, Monsieur FABIUS serait-ce toujours un vœux pieux?

Le moins que l’on puisse dire est que la déclaration faîte par l’ancien Premier Ministre le 14 février à Libreville sème le doute sur la réelle volonté, y compris chez certains ténors socialistes, de rompre définitivement avec le soutien de la France aux dictatures du Golfe de Guinée.

 

Invité en effet dans le cadre d’une Conférence Débat organisée par le ministère gabonais du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique, Laurent FABIUS n’a pu s’empêcher de rendre une petite visite «de courtoisie» au dictateur gabonais Ali Bongo, fils du despote Omar Bongo, imposé au pouvoir en 2009 par le biais d’un coup d’État électoral. Ce fut notamment l’occasion pour le responsable socialiste en charge de la préparation du programme des «cent jours » de gouvernement de François Hollande, de souhaiter que: «les excellentes relations entre la France et le Gabon se développent dans le futur».

 

L’étape gabonaise serait-elle toujours aussi incontournable, voire aussi déterminante, pour l’élection à la Présidence de la République française? Quelles «relations excellentes» le futur Président Hollande pourrait-il ou devrait-il «développer» avec des régimes d’État qui bafouent ouvertement les règles élémentaires de transparence électorale, de pluralisme politique, ou de bonne gouvernance?

 

À moins de considérer, comme d’autres officiels souvent à droite de l’échiquier politique français, que la “démocratie demeure un luxe pour l’Afrique noire”, ou qu’un certain “Homme africain” aurait une certaine prédisposition (presque génétique) à vivre sous la dictature, l’arrivée de François Hollande à l’Élysée devrait plutôt sonner la «rupture» avec le soutien traditionnel de la France aux dictatures africaines.

 

Monsieur FABIUS, serait-ce toujours un vœux pieux?

 

Par Joel Didier Engo

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