LE CHEMIN DE CROIX RACISTE D’UN CADRE D’ORIGINE AFRICAINE A RENAULT S.A (6eme PARTIE)

L’AFFAIRE GABAROUM OU LE SYMBOLE D’UNE DISCRIMINATION PROFESSIONNELLE ASSISE SUR UN RACISME SYSTÉMIQUE EN FRANCE. UN CALVAIRE ININTERROMPU DE PLUS DE 40 ANS!

CONDAMNÉ DEVANT LES DIFFÉRENTES INSTANCES NATIONALES ET INTERNATIONALES, DONT L'ONU, LE GROUPE RENAULT S.A (DONT L’ÉTAT EST TOUJOURS ACTIONNAIRE MINORITAIRE) SE TERRE DANS UN SILENCE, UNE INDIFFÉRENCE QUI SE CONFONDENT ICI AVEC LE SEMPITERNEL DÉNI OFFICIEL EN FRANCE.

FRANCE /RENAULT: DE QUELLE COULEUR EST LA JUSTICE ? (JMTV+) © JMTV PLUS

Vidéo JMTV PLUS: "Discriminé depuis son entrée chez Renault en 1975, Laurent Gabaroum se bat depuis sur tous les fronts afin que la marque au losange, et la France, son pays, réparent les torts qu'elles lui ont causé; chose qu'elles donnent l'impression d'ignorer."

  1. Parvenu au terme de ce rapide survol des épisodes douloureux de plus de quarante-cinq ans d’une vie professionnelle tourmentée par les actes racistes et les pratiques discriminatoires qui portent les stigmates du racisme systémique d’une rare violence et d’une cruauté inouïe, pour conclure, il coule de source que le seul et véritable reproche fait par la société RENAULT à Monsieur GABAROUM qui n’a jamais fait l’objet de la moindre sanction tout au long de son déroulement de carrière, c’est d’être Noir, d’avoir de l’ambition et de vouloir faire voler en éclats le « plafond de verre » afin d’accéder au « privilège blanc ».

 

  1. Voilà pourquoi Monsieur GABAROUM a payé très cher le prix de son obstination à exiger de la société RENAULT l’égalité de traitement.

 

  1. Voilà pourquoi la carrière de Monsieur GABAROUM est maintenue en état de mort clinique par un management pontifical à l’infaillibilité biblique dont la seule préoccupation est de protéger vaille que vaille, ad vitam aeternam, les rentes du « privilège blanc ».

 

  1. S’inscrivant dans cette logique discriminatoire, l’objectif poursuivi par la société RENAULT n’a jamais été de faire d’un Noir et de surcroît de Monsieur GABAROUM un cadre supérieur ou un cadre dirigeant quels que soient son niveau de qualification, ses compétences confirmées et mérites personnels mais un cadre subalterne pour des emplois subalternes, sous-payé et soumis à des trajectoires professionnelles instables faites de successions de postes fictifs et dont la marge de progression dans la hiérarchie n’excèderait guère la position repère Cadre 3A.

 

  1. Face à cet acharnement discriminatoire, Monsieur GABAROUM a engagé, en mars 2003, une action en justice contre la société RENAULT pour discrimination syndicale, raciale et professionnelle.

 

  1. Par jugement rendu en départage, le 11 janvier 2005, le Conseil de Prud’hommes de Paris a condamné la société RENAULT à payer à Monsieur GABAROUM la somme de 120.000 € à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi, tous chefs confondus, nés de l’inexécution loyale du contrat de travail dont la moitié, soit 60.000 €, en exécution provisoire.

 

  1. Considérant que le Conseil de Prud’hommes de Paris n’a manifestement pas pris en compte la dimension raciale de la discrimination qu’il a subie malgré l’évidence des pièces versées aux débats, puisqu’il note à plusieurs reprises le traitement particulier et inexplicable dont il a fait l’objet, mais sans en reconnaître la cause raciale, Monsieur GABAROUM a, par conséquent, interjeté appel.

 

  1. Par arrêt du 12 septembre 2006, la Cour d’Appel de Paris a infirmé le jugement et a débouté Monsieur GABAROUM de l’ensemble de ses demandes et l’a condamné à rembourser à la société RENAULT les 60.000 €.

 

  1. Considérant que l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris a laissé dans l’ombre un certain nombre d’éléments probants particulièrement importants à la manifestation de la vérité en s’évertuant à développer un raisonnement acrobatique, tiré par les cheveux, aboutissant à la validation de toutes les allégations sans preuve de la société RENAULT, Monsieur GABAROUM a diligenté un pourvoi en cassation contre cet arrêt. Il entend établir que la Cour d’Appel de Paris, par déni de justice, a délibérément écarté ses éléments de preuve en retenant, en dépit des évidences, qu’« aucun élément concret, aucun document, aucun fait objectif ne permet d’étayer les accusations…. »

 

  1. Par ordonnance du 11 octobre 2007, la société RENAULT a obtenu de la Cour de cassation la radiation du pourvoi sur le fondement de l’article 1009-1 du Code de Procédure Civile (C.P.C.) au motif que Monsieur GABAROUM n’a pas exécuté la décision d’appel.

 

  1. Par ordonnance du 4 mars 2010, la Cour de cassation a autorisé la réinscription de l’affaire au rôle de la Cour après le remboursement par Monsieur GABAROUM des 60.000 € à la société RENAULT.

 

  1. Le 22 septembre 2011, la Cour de Cassation a déclaré le pourvoi non admis sur le fondement de l’article 1014 du C.P.C. qui permet à la juridiction suprême de rejeter les pourvois non fondés sur un moyen sérieux de cassation, sans autre explication ni aucune motivation.

 

  1. Le 19 mars 2012, après épuisement des voies de recours internes, Monsieur GABAROUM a saisi le Comité des Nations-Unies pour l’Elimination de la Discrimination Raciale (CERD) d’une requête aux fins de dénoncer les violations commises par la France de la Convention des Nations-Unies sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination Raciale.

 

  1. Conformément à l’article 91 de son Règlement intérieur, avant d’examiner la requête de Monsieur GABAROUM, le CERD s’est assuré au préalable, comme il est tenu de le faire, de sa recevabilité.

 

  1. Le CERD a alors demandé à la France de présenter ses arguments ce qu’elle a fait reconnaissant ainsi la validité de la procédure.

 

  1. Au terme de la procédure de recevabilité, dans le respect du contradictoire, le CERD a déclaré la requête de Monsieur GABAROUM recevable en présence de nombre d’éléments probants caractérisant la discrimination raciale.

 

  1. En parallèle, considérant que la discrimination intersectionnelle que la société RENAULT lui a fait subir n’a jamais cessé et qu’elle a même revêtu des formes plus subtiles qui se sont traduites par des mesures de rétorsion et de harcèlement moral de grande ampleur, Monsieur GABAROUM a, par acte en date du 4 septembre 2012, saisi le Conseil de Prud’hommes de Boulogne Billancourt.

 

  1. Le 17 janvier 2013, à la demande de la société RENAULT qui a fait valoir le statut d’ancien conseiller prud’homme à Boulogne Billancourt de Monsieur GABAROUM, le Conseil de céans, pour une bonne administration de la justice, a ordonné le dépaysement de l’affaire au Conseil de Prud’hommes de Versailles.

 

  1. Par jugement rendu le 26 janvier 2015, le Conseil de Prud’hommes de Versailles a débouté Monsieur GABAROUM de l’intégralité de ses demandes.

 

  1. Monsieur GABAROUM a, par conséquent, interjeté appel de ce jugement.

 

  1. Le 8 février 2016, Monsieur GABAROUM a découvert, par hasard, à l’occasion d’un déplacement au Technocentre à Guyancourt que l’arrêt du 12 septembre 2006 de la Cour d’Appel de Paris a été entaché d’une escroquerie au jugement.

 

  1. En clair, pour fausser la décision de la Cour d’Appel de Paris du 12 septembre 2006 et nier avec succès l’absence de toute discrimination raciale à l’encontre de Monsieur GABAROUM, la société RENAULT a noirci, par photocopieur, les photos des Cadres blancs qu’elle a présentés à la Cour comme étant des Cadres noirs.

 

  1. Par exploit d’huissier du 8 mars 2016, Monsieur GABAROUM a fait citer la société RENAULT à comparaître devant la Cour d’Appel de Paris afin que soit ordonné la rétraction de l’arrêt du 12 septembre 2006 et qu’il soit de nouveau statué en fait et en droit sur ses demandes relatives à la discrimination raciale dont il estime faire l’objet.

 

  1. Le 10 mai 2016, le CERD a adopté une Opinion au terme duquel il a considéré que « la Cour d’Appel a indiqué qu’il appartenait à l’auteur de rapporter la preuve du régime de défaveur qu’il avait subi par tout moyen, y compris par des comparaisons utiles de sa situation professionnelle » alors que Monsieur GABAROUM « a apporté des éléments de preuve indiquant l’existence de pratiques discriminatoires à son encontre et qu’en conséquence, il s’est acquitté de son obligation d’apporter l’information nécessaire pour que la charge de la preuve soit inversée

 

  1. Le CERD a estimé que « le fait que les tribunaux, en particulier la Cour d’Appel, aient persisté à demander à l’auteur de prouver l’intention discriminatoire est contraire à l’interdiction, consacrée dans la Convention, de tout comportement ayant un effet discriminatoire, ainsi qu’à la procédure de renversement de la charge de la preuve prévue par l’article L. 1134-1 – ancien article L. 122-45) »

 

  1. Le CERD a regretté que « L’Etat partie ayant lui-même adopté cette procédure, le fait qu’il ne l’applique pas correctement constitue une violation du droit de l’auteur à un recours utile. »

 

  1. Le CERD se référant à l’article 14 de la Convention des Nations-Unies sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination Raciale, a conclu que « les faits dont il est saisi font apparaître une violation par l’Etat partie des articles 2 et 6 de la convention ».

 

  1. Par courrier du 18 août 2016, prenant acte de l’Opinion du 10 mai 2016, Monsieur GABAROUM a exprimé au CERD le principe fondamental concernant le droit à réparation des victimes de la violation flagrante du droit international des droits de l’homme.

 

  1. Par courrier du 12 septembre 2016, Monsieur GABAROUM a communiqué à la Cour d’Appel de Versailles et à la société RENAULT l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD en leur indiquant notamment :

 

« En application des dispositions de la Résolution 60/147 du 16 décembre 2005 de l’Assemblée générale de l’ONU, la décision du Comité de l’ONU confère à Monsieur GABAROUM un droit à réparation pour le préjudice résultant de la violation des articles 2 et 6 de la Convention de l’ONU ce qui rend sans objet la poursuite de la procédure d’appel. »

 

  1. De façon similaire, le 29 janvier 2018, Monsieur GABAROUM a mis fin au recours en révision qu’il a formé devant la Cour d’appel de Paris à l’encontre de l’arrêt du 12 septembre 2006 devenu sans objet.

 

  1. Par arrêt du 23 novembre 2016, la Cour d’Appel de Versailles a pris acte du désistement d’appel de Monsieur GABAROUM.

 

  1. Ainsi, tout au long de la procédure de désistement d’appel, la société RENAULT n’a jamais contesté le droit à réparation de Monsieur GABAROUM attaché à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD.

 

  1. Par courrier du 8 février 2018, à la demande de Monsieur GABAROUM, son conseil, Maître Jean-Claude DURIMEL, a notifié en bonne et due forme à la société RENAULT, l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD réclamant de surcroit la réparation intégrale du préjudice résultant de la violation des articles 2 et 6 de la Convention de l’ONU pour l’Elimination de toutes les formes de Discrimination Raciale en conformité avec la Résolution 60/147 du 16 décembre 2005 de l’Assemblée Générale de l’ONU.

 

  1. C’est la goutte d’eau qui a failli faire déborder le vase.

 

  1. En réponse, la société RENAULT a sorti ses griffes plutôt que de faire amende honorable et a multiplié les interprétations spécieuses visant à s’affranchir de toute responsabilité alors même qu’elle est l’auteure des actes racistes et des pratiques discriminatoires sanctionnés par le CERD.

 

  1. L’onde de choc était loin d’être retombée.

 

  1. Le 26 octobre 2018, à l’occasion du « bilât », Monsieur GABAROUM a interrogé son manager, Monsieur John CLEWORTH, sur les conditions à remplir pour cumuler le solde de ses congés afin d’être disponible, à plein temps, pour se consacrer entièrement à la réparation de son préjudice attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD dans la perspective d’un éventuel départ volontaire à la retraite.

 

  1. Le 12 novembre 2018, Monsieur John CLEWORTH a indiqué par mail à Monsieur GABAROUM que « Suite à notre dernière « bilât», seriez-vous disponible mercredi à 9H00 pour faire un point avec Richard et moi sur le solde de vos congés et votre demande de les poser consécutivement ?»

 

  1. Le 14 novembre 2018, Monsieur GABAROUM a été reçu par Monsieur John CLEWORTH, en présence de Monsieur Richard VUILLEMEIN, Responsable des Ressources Humaines.

 

  1. A l’issue de l’entretien, le Directeur du Business Développement a autorisé Monsieur GABAROUM à « poser consécutivement » le solde de ses congés :

 

« Je vous confirme accepter votre demande de pouvoir poser l’intégralité de ces jours consécutivement, à partir de début de décembre si vous le souhaitez ».

 

En vue de planifier votre départ en retraite vous pouvez prendre rendez-vous avec Valérie PAGNIEZ en copie de ce mail ».

 

  1. Le 21 novembre 2018, Madame Valérie PAGNIEZ, Responsable de l’Agence Ressources Humaines Siège, Le Plessis, a contacté par mail Monsieur GABAROUM pour un rendez-vous :

 

« Pour faire suite au mail de Monsieur CLEWORTH, je vous invite à me contacter afin de définir un rendez-vous ensemble en fonction de vos disponibilités ».

 

(…) Lors de notre entretien je vous serai reconnaissant de venir avec un relevé de carrière CNAV à jour ».

 

  1. A l’issue de l’entretien, Madame Valérie PAGNIEZ a réalisé et remis, en main propre, à Monsieur GABAROUM une simulation du « Bilan annuel congés et CTI » et une « Estimation financière Départ Volontaire à la retraite ».

 

  1. Madame Valérie PAGNIEZ a également remis, en main propre, à Monsieur GABAROUM un formulaire pré-documenté de « Départ volontaire à la retraite » à adresser en Recommandé avec AR, le moment venu, à la société RENAULT, au plus tard deux mois à l’avance, pour donner effet et faire courir le préavis de son départ volontaire en retraite.

 

  1. Or, le jour même, en violation de la procédure relative au départ volontaire en retraite, notamment au mépris « du délai de prévenance de 2 mois », Madame Valérie PAGNIEZ a transmis par mail à Monsieur GABAROUM « votre S2N de demande de départ volontaire à la retraite dûment validée par l’agence RH ».

 

  1. Le 18 décembre 2018, le Directeur du Business Développement a adressé un mail à Monsieur GABAROUM lui demandant de le rencontrer avant son départ en congés.

 

« D’après le calendrier de congés que j’ai validé vous êtes au bureau cette semaine, pouvons-nous nous rencontrer à Boulogne vendredi avant votre départ en congés ? »

 

  1. Le 21 décembre 2018, lorsque Monsieur GABAROUM a reçu le Directeur du Business Développement sur le site M7, à Boulogne Billancourt, celui-ci lui a fait savoir qu’il s’est expressément déplacé pour faire un état des lieux de sortie avec remise des clés de son bureau.

 

  1. Pour éviter toute confusion entre départ en retraite et départ en congés, Monsieur GABAROUM a rappelé au Directeur du Business Développement que la liquidation de sa retraite est subordonnée à l’indemnisation préalable de son préjudice attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD.

 

  1. Après le départ du Directeur du Business Développement, peu de temps après, Monsieur GABAROUM a eu la surprise de recevoir un mail de Monsieur Richard VUILLEMIN, Responsable des Ressources Humaines, rédigé dans les termes suivants :

 

« J’ai pu échanger, avec votre manager, suite à votre rendez-vous de ce jour (en prévision de votre départ en congés du 24 décembre 2018 au 8 juillet 2019). J’ai compris que votre bureau ne contenait plus d’affaire personnelle et que vous aviez laissé un double des clés à l’agent de sécurité. Merci pour ces actions ».

 

  1. Par courrier, en date du 4 juin 2018, prenant acte du silence impérial de la société RENAULT, Monsieur GABAROUM a informé Monsieur John CLEWORTH, Directeur du Business Développement, qu’aux termes de ses congés il va reprendre son activité.

 

  1. Par courrier en date du 19 juillet 2018, la société RENAULT a répondu à la lettre de Monsieur GABAROUM dans les termes suivants :

 

« Monsieur John CLEWORTH m’a transmis votre dernier courrier aux termes duquel vous lui avez indiqué reporter, sine die, la liquidation de vos droits à la retraite.

 

Je ne peux que prendre acte de cette décision qui vous appartient totalement »

 

(…) Par ailleurs, il nous semble nécessaire de vous rappeler que nous ne partageons pas votre interprétation de l’opinion du 10 mai 2016 du Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale (ci-après « CERD »).

 

En effet, et pour mémoire, dans cette opinion, le CERD a déclaré irrecevable votre demande visant à voir reconnaître des pratiques de « ségrégation raciale » au sein de la société RENAULT.

 

Par ailleurs, si le CERD a considéré que l’Etat français n’aurait pas respecté « votre droit à un recours utile » contre les actes de discrimination, il ne s’est pas prononcé sur la « violation flagrante du droit international des droits de l’homme » dont vous affirmez désormais avoir été victime.

 

L’opinion du 10 mai 2016, à laquelle la société RENAULT n’était pas partie, est donc sans incidence sur votre contrat de travail et ne saurait fonder une quelconque demande d’indemnisation à notre encontre. »

 

  1. Rien d’étonnant à voir la société RENAULT s’enfermer dans un déni de réalité dont elle est coutumière.

 

  1. Toutefois, il est particulièrement aisé de démontrer que l’instrumentalisation de l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD par la société RENAULT, auteure des actes racistes et des pratiques discriminatoires sanctionnés par le CERD ne résiste pas à l’épreuve de la vérité.

 

  1. Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que si l’on suit la société RENAULT dans son argumentation, elle est mal fondée à contester une décision qui ne lui est pas opposable et qui de surcroit à autorité de la chose jugée.

 

  1. On ne peut qu’être confondu par tant de mauvaise foi de la société RENAULT occultant délibérément l’article 2 de la Convention portant sur la discrimination raciale, déclaré pourtant recevable par le CERD, au profit de l’article 3 de la Convention relatif à la ségrégation devenu, en l’espèce, sans objet.

 

  1. La mauvaise foi de la société RENAULT est évidente lorsqu’elle prétend ne pas être partie à la procédure alors que ses intérêts sont défendus par l’Etat français, son actionnaire de référence.

 

  1. En toute hypothèse, on ne peut qu’être confondu par la virtuosité manipulatrice de la société RENAULT et sa capacité à se fourvoyer dans un marketing du mensonge dans le seul but de s’affranchir de toute réparation du préjudice attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD au risque d’être la risée du monde.

 

  1. Par courrier en date du 11 février 2019, considérant que les conditions ne sont pas réunies pour faire valoir son droit à la retraite, Monsieur GABAROUM a confirmé à la société RENAULT sa décision de reprendre ses « activités le 9 juillet 2019 au terme de mes congés »

 

  1. Par courrier en date du 7 mars 2019, faisant suite à la lettre de Monsieur GABAROUM, le Président du Conseil d’Administration de RENAULT, Monsieur Jean-Dominique SENARD, lui a indiqué avoir « transmis votre courrier à la Direction des Ressources Humaines qui est l’interlocuteur habilité et à même d’apporter une réponse à la problématique que vous évoquez ».

 

  1. Curieusement, Monsieur Jean-Dominique SENARD n’a pas fourni à Monsieur GABAROUM les coordonnées de « l’interlocuteur habilité » à la Direction des Ressources Humaines.

 

  1. Le 9 juillet 2019, à l’issue de ses congés, Monsieur GABAROUM a repris ses activités.

 

  1. Par courrier recommandé en date du 6 mars 2020 demeuré à ce jour sans réponse, Monsieur GABAROUM a sollicité l’intervention du Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions.

 

  1. Pour agir à un rythme accéléré, Monsieur GABAROUM a sollicité l’intervention de diverses personnalités membres des institutions internationales, européennes et nationales, notamment le Défenseur des droits, afin de faire entendre raison à la société RENAULT.

 

  1. Par courrier recommandé en date du 4 juin 2020, Monsieur GABAROUM a interpellé la ministre porte-parole du gouvernement.

 

  1. Par courrier en date du 16 juin 2020, la porte-parole du gouvernement a indiqué à Monsieur GABAROUM que son courrier a été « transmis au cabinet de Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République ainsi qu’au cabinet de Madame Nicole BELLOUBET, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ».

 

  1. Depuis, rien n’a bougé.

 

  1. Le 25 septembre 2020, dans le cadre de l’urgence sanitaire, la société RENAULT a adressé un mail à Monsieur GABAROUM l’informant qu’il va être très prochainement convoqué à un « Entretien Individuel de Carrière » avec en filigrane la modification unilatérale de ses fonctions et de ses conditions de travail permettant de lui conférer la qualité de télétravailleur.

 

  1. Considérant que sa carrière a été mise de manière totalement discriminatoire en état de mort clinique depuis le 1er janvier 1985, qu’il a été abandonné seul et « sans fonctions réellement exercées » sur le site M7 à Boulogne-Billancourt alors que l’ensemble de sa Direction a déménagé au Plessis Robinson, et que de surcroit, il a atteint ses 70 ans révolus autorisant l’employeur à le mettre à la retraite à son initiative, Monsieur GABAROUM a dénoncé les manœuvres dilatoires de la société RENAULT visant à mettre en échec la réparation attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD.

 

  1. Cette situation a soudainement généré un abondant échange de correspondances entre les parties, Monsieur GABAROUM faisant appel à tous les Hommes de bonne volonté, notamment au Défenseur des droits.

 

  1. Par courrier en date du 26 novembre 2020, la société RENAULT a convoqué Monsieur GABAROUM à un « entretien en vue d’une éventuelle mise à la retraite à l’initiative de l’employeur ».

 

  1. Par courrier en date du 3 décembre 2020, Monsieur GABAROUM a réitéré à la société RENAULT sa demande de réparation intégrale et complète de son préjudice attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD avant sa mise à la retraite, notamment la reconstitution de son déroulement de carrière et le paiement de salaires afférents, la reconstitution de ses droits à retraite et leur prise en compte dans le calcul de sa pension de retraite et la réparation de son préjudice moral.

 

  1. En décembre 2020, à la veille des fêtes de fin d’année, la société RENAULT a déclenché la procédure de mise à la retraite de Monsieur GABAROUM à l’initiative de l’employeur avec en filigrane la ferme volonté de mettre en échec les textes législatifs et réglementaires, notamment internationaux de lutte contre les discriminations qui sont d’ordre public.

 

  1. Pour conclure, Monsieur GABAROUM réclame à la société RENAULT la réparation intégrale de son préjudice attachée à l’Opinion du 10 mai 2016 du CERD, avant sa mise à la retraite, dans le respect du principe de supériorité des traités internationaux béatifié à l’article 55 de la Constitution et de surcroit en considération de l’antériorité de la décision du Comité de l’ONU.

 

  1. Par courrier en date du 23 décembre 2020, Monsieur GABAROUM a adressé une lettre de relance au Président de la République.

 

  1. Tous les ingrédients sont désormais réunis pour un cocktail explosif.

 

  1. Parvenu au terme de ce rapide survol des épisodes douloureux de plus de quarante-cinq ans d’une vie professionnelle tourmentée par les actes racistes et les pratiques discriminatoires qui porte les stigmates du racisme systémique d’une rare violence et d’une cruauté inouïe, pour conclure, il coule de source que le seul et véritable reproche fait par la société RENAULT à Monsieur GABAROUM qui n’a jamais fait l’objet de la moindre sanction tout au long de son déroulement de carrière, c’est d’être Noir, d’avoir de l’ambition et de vouloir faire voler en éclats le « plafond de verre » afin d’accéder au « privilège blanc ».

 

L'Association NOUS PAS BOUGER

 

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