Joël Didier ENGO
Président du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) http://www.cl2p.org, et de l'Association Nous Pas Bouger http://www.nouspasbouger.org
Abonné·e de Mediapart

724 Billets

0 Édition

Billet de blog 15 nov. 2020

Lancement du Club des 54

Nous soutenons toutes les actions qui valorisent l’Afrique, ses descendants et sympathisants. Rétablir l’égalité, la justice, et la représentativité, Répertorier nos héros, Définir des dates de commémoration dans des lieux symbolisant suffisamment notre histoire commune... Tel est notre objectif!

Joël Didier ENGO
Président du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) http://www.cl2p.org, et de l'Association Nous Pas Bouger http://www.nouspasbouger.org
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Communiqué de presse du Club des 54

Logo réalisé par CÉPÉ, https://cepe-illustration.com/ 

Conférence de Berlin du 15 novembre 1884-26 février 1885

Les dates du 15 novembre 1884 - 26 février 1885 marquent une période de l’histoire universelle qui doit être connue de l’opinion française, patrie des droits de l’Homme, pays des libertés. Les 15 novembre 1884 - 26 février 1885 sont des dates qui doivent être connues de l’opinion internationale. La communauté humaine doit prendre acte que les Africains et la diaspora africaine, de France, de Belgique, d’Allemagne et d’ailleurs, ainsi que les sympathisants africains ont pris conscience de l’acte abominable qu’est le partage de l’Afrique entre les 14 pays occidentaux que furent: l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Empire ottoman, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie et la Suède. Ces États ont autour d’une table, sans état d’âme, loin du continent africain, sans y avoir mis le pied, et ce à notre insu, puisque nous étions les grands absents ; ces 14 États ont dessiné des frontières artificielles qui attisent les conflits actuels sur certaines régions du continent Africain.

Nous Africains, membres de la diaspora africaine et sympathisants africains, nous souhaitons une Afrique libre, autonome, capable de négocier équitablement dans l’intérêt de ses populations. Nous ne voulons plus d’une image de l’Afrique associée à des bateaux qui embarquent, hommes, femmes et enfants d’une rive à une autre, comme on le constate chaque jour en mer Méditerranée entre les côtes espagnoles, italiennes et marocaines. Des espaces maritimes qui sont devenues des cimetières marins, où des milliers d’Africains périssent, quand d’autres échouent dans le désert libyen , et où l’esclavage moderne demeure sous le silence de la Communauté internationale et singulièrement de l’Union européenne, et qui rappelons-le, pour ne pas prendre ses responsabilités, finance la Libye dont le premier objectif est d’empêcher que les migrants puissent atteindre les côtes occidentales, et plus particulièrement l’espace Schengen.

Nous Africains, membres de la diaspora africaine et sympathisants africains partout dans le monde dénonçons ces injustices qui ne sont que le prolongement du partage de l’Afrique, celui effectué lors de la Conférence de Berlin, au palais de Bismarck, entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885. En d’autres termes, nous dénonçons les négociations faites en moins de quatre mois sur le compte de l’Afrique au détriment des populations africaines, au détriment de son environnement, au détriment de son indépendance, au détriment de sa souveraineté !

L’Afrique est riche, l’avenir du monde se trouve sur son territoire, de par sa population qui est jeune, et de par ses ressources naturelles tant convoitées par l’Occident, la Chine et d’autres puissances. L’Afrique est le premier fournisseur de matières premières aux régions fortement industrialisées. Notre continent tient sa richesse de son sous-sol gorgé d’or, de diamant, d’uranium, de gaz, de pétrole... Mais l’exploitation de ces ressources ne contribue pas pour autant à réduire la pauvreté orchestrée par une domination extérieure, par la présence d’anciens colonisateurs (occidentaux) et de nouveaux exploitants (chinois, russes, indiens...) sous couvert d’investissements directs. Nous dénonçons évidemment la complicité de certains dirigeants africains, placés successivement par les gouvernements d’anciens pays colonisateurs; des dirigeants africains qui cautionnent l’installation à moindre coût de multinationales qui pillent nos richesses, exploitent la main-d’œuvre, polluent air, eau et sol.

Certains d’entre nous sont triplement victimes, car en plus d’avoir perdu un proche, ils ont dû s’exiler et se trouvent face à une injustice, à une vérité cachée. Nous pensons ici aux familles Sankara, Soilihi, Ben Barka, Lumumba et bien d’autres. Des familles dont nous avons en grande partie le soutien à notre démarche. Notre mouvement prend naissance ce 15 novembre 2020, date qui symbolise pour nous, descendants d’africains et sympathisants d’africains, le refus catégorique du prolongement de cette conférence qui nuit à l’épanouissement de l’Afrique, de sa jeunesse, et de son élite.

Nous appelons tous les Africains : du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ; nous appelons les membres de la diaspora africaine et les sympathisants africains, où qu’ils soient, de nous rejoindre, pour affirmer : que l’indépendance du continent africain doit être une réalité ; rejeter la politique dictatoriale et l’ingérence des puissances occidentales dans les affaires africaines ; de tout mettre en place pour sortir de l’économie de traite qui est un continuum de la domination coloniale pour avoir notre propre monnaie à l’image de la Guinée au temps de Sékou Touré. Nous souhaitons, d’où nous sommes, mettre fin à l’exploitation et à la pauvreté que le système actuel engendre.  

L’un de nos objectifs est de concilier nos histoires communes entre les pays du nord et ceux du sud. Nous avons un devoir de mémoire, les 15 novembre 1884 et 26 février 1885 sont à inscrire dans l’histoire universelle. La diaspora africaine en France est engagée, celle de la Belgique, de la Réunion, nos sœurs et frères sur le continent : en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Cameroun, au Togo, au Burkina Faso, au Rwanda, etc… s’organisent. Nous sommes ces nouveaux acteurs du changement et nous voulons le faire savoir. La jeunesse africaine, qu’on le veuille ou pas s’inscrit dans l’agenda du monde. Les conséquences de la colonisation et le poids de son histoire, sont des faits qui nous sont communs ! La France et les pays ayant participé à cette «conférence» que l’on doit requalifier de mascarade, doivent faire une rétrospective de cette partie de l’histoire qui nous lie à jamais, pour mettre fin à ce système néo-colonialiste !

Rendez-vous le  26 février 2021 

à Berlin devant le palais de Bismarck à 14h00

De Gaulle disait que «Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Nous, descendants africains, nos intérêts sont de préserver notre indépendance, notre souveraineté, notre environnement. Nous ne souhaitons pas que les futures générations soient prises entre l’échec et l’espoir. Nous souhaitons pour elles que l’Unité africaine prenne ses responsabilités, non seulement vis-à-vis d’elles, mais aussi de ses membres. Pour que l’Afrique soit une et indivisible, pour que l’Afrique soit une puissance économique.

Le Club des 54 et ses sympathisants

Pour une indépendance de l’Afrique

Paris, le 15 novembre 2020

Contact presse 

Nouriati Djambae (cellule France) – résistanceafricaines@gmail.com 06 52 78 16 89 

Jean-Jacques Lumumba (cellule Europe) -jeanjacqueslumumba@gmail.com07 58 74 33 23

Cheikh Fall : (cellule internationale) cheikh.fall@ - +00221 775500469

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Comment les Chinois ont corrompu les Kabila pour un contrat minier géant
Une société-écran, alimentée par deux sociétés d’État chinoises détentrices du plus gros contrat minier de l’histoire de la RDC, a versé au moins 30 millions de dollars à la famille et au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila. Sa famille a aussi obtenu en secret des parts dans l’autoroute et le barrage liés à la mine.
par Yann Philippin et Sonia Rolley (RFI)
Journal — International
Des millions volés à l’État ont financé un retrait de cash par le directeur financier de Kabila
L’entreprise congolaise Egal, qui a détourné 43 millions de dollars de fonds publics en 2013, en a reversé 3,3 millions sur un compte de la présidence de la République de RDC afin de compenser un retrait d’espèces effectué par le directeur financier du président Joseph Kabila.
par Yann Philippin
Journal — International
Russie : pourquoi le Kremlin veut en finir avec Memorial
L’historien Nicolas Werth explique les enjeux de la possible dissolution, par la justice russe, de l’ONG Memorial. Celle-ci se consacre à documenter les crimes de la période soviétique, mettant ainsi des bâtons dans les roues du roman national poutinien.
par Antoine Perraud
Journal — France
Mosquée « pro-djihad » : au Conseil d’État, le ministère de l’intérieur se débat dans ses notes blanches
Vendredi 26 novembre, le Conseil d’État a examiné le référé de la mosquée d’Allonnes (Sarthe), qui conteste sa fermeture pour six mois ordonnée par arrêté préfectoral le 25 octobre. Devant les magistrats, la valeur de feuilles volantes sans en-tête, date ni signature, a semblé s’imposer face aux arguments étayés de la défense. Compte-rendu.
par Lou Syrah

La sélection du Club

Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
« Atlantique », un film de Mati Diop
Des jeunes ouvriers au Sénégal ne sont pas payés depuis plusieurs mois rêvent de partir pour l’Europe au risque de leur vie. Ada, amoureuse de l’un de ces hommes, est promise à un riche mariage contre son gré. Les esprits auront-ils raison de ces injustices ?
par Cédric Lépine
Billet de blog
« L’Héroïque Lande - La Frontière brûle » : des vies électriques
[Archive] «L'Héroïque Lande. La Frontière brûle», réalisé par Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz, renverse les attendus d'un film «sur» La Jungle de Calais, pour sonder les puissances politiques et sensibles du cinéma, avec des images qui s'imaginent depuis une Zone et avec ses fugitifs.
par Robert Bonamy
Billet de blog
« Murs de papiers »
[Archive] Olivier Cousin, dans son dernier film, nous donne à voir ce qu’est la vie des sans-papiers à travers une permanence d’accueil de la Cimade : des chemins de l’exil aux mille dangers, des parcours du combattant face à une administration française kafkaïenne, la fin de la peur et l'espérance en une vie meilleure, apaisée.
par YVES FAUCOUP