Cameroun-Crise anglophone: Non à la « sécession » numérique

Cela fait un mois qu'Internet est coupé dans l'ouest du Cameroun. Les deux régions anglophones n'ont plus de réseau depuis le 17 janvier, date à laquelle le gouvernement a interdit les mouvements à l'origine des protestations et arrêté plusieurs de leurs responsables. Nous devons collectivement œuvrer à mettre définitivement un terme à cette nouvelle forme de violation des droits de l'Homme.

BRING BACK OUR INTERNET IN SOUTH WEST AND NORTH WEST CAMEROON

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Au Cameroun, le pouvoir punit depuis quatre semaines la minorité anglophone en coupant tout accès à Internet. Il s’agit d’après l’ONU d’une violation des Droits de l’Homme.

Ainsi pour combattre de prétendus « sécessionnistes », la dictature trentenaire en place a pris l’initiative d’une «sécession numérique». Qu’elle ne s’étonne pas qu’une partie grandissante des Camerounais anglophones en vienne à se radicaliser sous cet étouffement répressif. En effet aucun peuple ne peut ainsi être bâillonné, puis privé intentionnellement de tout accès à internet, sans revendiquer une forme de libération.

Nous, Camerounais francophones, avons encore la possibilité d’éviter que la libération de nos sœurs et frères anglophones ne se traduise en sécession définitive, simplement en veillant à la restitution de leur pleine et entière citoyenneté. Cela passe inévitablement en 2017 par le libre accès à internet.

«Aucun gouvernement au monde n’a vaincu la désobéissance civile par l’obscurantisme brutal et total. Avis à tous les va- t-en guerre qui encouragent et soutiennent le dictateur Paul BIYA dans cette voie répressive sans issue» pour l’unité et la cohésion du Cameroun.

Réfléchir à comment mettre un terme en Justice à cette sécession numérique

En effet au regard de la résolution adoptée récemment par l’ONU, qui considère la privation intentionnelle par un gouvernement de tout accès internet comme une violation des Droits de l’Homme, le temps est peut-être venu pour que les opérateurs et fournisseurs qui collaborent avec les autorités camerounaises dans ce crime politique aux conséquences économiques désastreuses soient poursuivis devant les juridictions internationales compétentes.

Nous devons y réfléchir sérieusement. Parce qu’il faudra bien en déterminer les responsables afin d’obtenir des réparations pour nombre de ces start-ups de la Silicon-Mountain camerounaise, pratiquement poussées à la ruine par le régime de Yaoundé.

Nous ne pourrons simplement plus rester passifs, appelant en vain au rétablissement de l’accès à internet à des populations des régions anglophones, « punies » collectivement pour insoumission civique au centralisme autoritaire du dictateur Paul Biya.

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

logocl2p

http://www.cl2p.org

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 Southern Cameroons Crisis: Telecom companies ordered to urgently restore internet services

cameroonintelligencereport.com 17, February 2017

A conglomerate of worldwide advocacy groups has called on telecommunications companies in Cameroon to urgently restore internet services in the North West and South West regions that have been rocked by crisis.

Organizations worldwide, including Committee to Protect Journalists, Access Now and Internet Without Borders, are urging telecommunications companies in Cameroon to take their responsibility and push back on the internet shutdown order.

“We write to urgently request your support in restoring internet access in the South West and North West regions of Cameroon,” Access Now said in a letter to MTN Cameroon CEO Philisiwe Sibiya, NextTel CEO Nguyen Duc Quang, and Orange Cameroon CEO Elisabeth Medou Badang on Wednesday February 15.

Access Now is made up of a group of civil society organizations that defends and extends the digital rights of users at risk around the world. It said the shutdown has significantly interfered with citizens’ daily lives and conservatively estimates that the shutdown has already cost more than US$1.39 million so far “and grows daily.”

The group said it has “clearly informed” the Cameroon government of its responsibility to protect human rights and restore access to the internet stating that businesses too, have the responsibility to respect human rights, and mitigate or remedy harms they cause or contribute to.

 “As Cameroon’s leading telecommunications providers, you enable Cameroon citizens to exercise their rights and enjoy the economic, social and cultural benefits of the global internet. Without internet access, entire communities are left more isolated, vulnerable, and at risk,” the group said in the letter.

The statement also cites a July 2016 United Nations Human Rights Council (UNHRC) resolution on freedom of expression and the internet that “condemns unequivocally” intentional disruptions to access or dissemination of information online.

CIN

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