Man No Run : Vivre en Tyrannie sous le COVID-19

L'histoire nous dira si vivre sous une tyrannie et maintenant avec le COVID-19 était un signe de bonne ou de mauvaise chance?

Man No Run : Vivre en Tyrannie sous le COVID-19

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L'histoire nous dira si vivre sous une tyrannie et maintenant avec le COVID-19 était un signe de bonne ou de mauvaise chance?

Nous avions en effet l’impression que seule l'histoire et nos biographies avaient toute leur place, jusqu’à ce que nous réalisions avec cette pandémie que la tyrannie et les maladies peuvent également s'engouffrer dans nos chairs et cortex cérébraux. Ils participent à la lutte pour définir une mémoire partagée et même une réalité partagée.

Au CL2P, cependant, nous comprenons que nous devons tous prendre nos responsabilités dans ces catastrophes et cela inclut les Apparatchiks du régime de Yaoundé et leurs partisans de la politique de l'autruche. Nous n'avons pas d'endroit où nous cacher et chacun de nous devra faire face sinon au verdict de Dieu mais, au moins, au verdict de l'histoire seule et il n'y a aucun moyen de s'en sortir autrement. Même les prières sur l'autel de la secte d'immortalité obscène du “Nnom gui”(Chef des chefs) avec ses créatures zombifiées ne sauvera aucun de nous, y compris le “Nnom gui” lui-même. Parce qu’il n’échappera pas malheureusement, comme le reste d'entre nous, à son horloge biologique malgré son culte de l'immortalité obscène.

Dans un pays normal, nous aurions déjà dû abandonner notre politique ethnofasciste de merde pour nous unir et combattre un virus qui veut tous nous tuer. À Yaoundé, cependant, sous une dictature implacable dirigée par un président porté disparu et des apparatchiks zombifiés, c'est trop demander.

Il va s’en dire que la crise sanitaire - avec un nombre de morts exponentiels, de toute évidence plus élevé que celui reconnu officiellement dans un pays où aucune vie n'a une quelconque importance en dehors de celle du « Nom gui » - n’est pas la priorité du régime en place qui garde malgré la pandémie une volonté farouche de s’accrocher à son illusion de pouvoir qui s’évapore pourtant de jour en jour comme un mirage.

C'est donc sans surprise pour le CL2P, que l'on assiste chaque jour au spectacle ahurissant de dignitaires d’une tyrannie littéralement confinés à leur mauvaise gouvernance. Ils ont à cet égard beau pratiquer une forme de discrimination funéraire selon que les victimes du Covid-19 sont leurs partisans, camarades et proches parents, ou des camerounais ordinaires, l'état de délabrement avancé des infrastructures hospitalières (lorsqu'elles existent) place en réalité tous les ressortissants du Cameroun devant une certaine égalité devant la mort au Covid-19: les dignitaires ne pouvant plus se faire évacuer aussi aisément en Europe qu'ils en avaient l'habitude.

La créature auto-proclamée numéro 1 de Paul Biya, le ministre d'État Jacques Fame Ndongo a de la sorte dû s'infliger le mouroir qu'est devenu le Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (dont il est l'inamovible président du Conseil d'Administration), pour aller éviter un enterrement expéditif au communicant de son parti-État RDPC décédé la semaine dernière, à l'instar de ce que subissent toutes les autres victimes du Covid-19 avec leurs familles au Cameroun généralement sous (bonne) escorte policière.

Cela ne change rien: tous ces camerounais sont d'abord des victimes d'une mal-gouvernance chronique déjà mortelle, bien avant l'irruption de la pandémie du Covid-19.

Au lieu de rédiger d'indigestes pamphlets pour contrecarrer en vain les initiatives humanitaires du principal opposant Maurice Kamto, le professeur Fame Ndongo pourrait au moins commencer par assumer le bilan calamiteux des 38 interminables années de régression généralisée au Cameroun, dont il porte en partie la responsabilité comme griot attitré d'un "roi fainéant à perpétuité".

C'est le minimum de remise en question qu'on peut attendre d'un intellectuel, même organique, à un moment où de nombreux Camerounais sentent que l'ange de la mort les attend devant leur porte d'entrée, couplé à la peur de perdre ceux qu'ils aiment tout en faisant face à d’autres graves calamités telles que des détresses mentales et économiques dans un pays sans aucun filet de sécurité.

Man no Run: A bon entendeur Salut!

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P

http://www.cl2p.org

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Photo: La créature autoproclamée de Paul Biya, son ministre Jacques Fame Ndongo à l'entrée du CHU de Yaoundé

English version

Man no Run : Living Under Tyranny with the COVID-19

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History will tell us whether or not growing up under a tyranny and now with the COVID-19 was a sign of good or bad luck? History and our biographies have their places while tyranny and diseases are being burned into our flesh and cerebral cortex. They participate in the struggle to define a shared memory and even a shared reality.

In the CL2P, however, we understand that we all have to take our responsibilities in these disasters and that includes the Apparatchiks of the regime of Yaoundé and their partisans of the politics of the ostrich. We have no place to hide and each of us will have to face if not the verdict of God but, at least, the verdict of history alone and there are no ways out of it. Even worshipping at the altar of the Nnom gui’s sect of obscene immortality with his zombified creatures will not save any of us including the Nnom gui himself will, unfortunately, for him will not, like the rest of us, escape his biological clock despite of his cult of obscene immortality.

In a normal country, we would have already abandoned our shitty ethnofascist policies to unite and fight a virus that wants to kill us all.

In Yaoundé, however, under an implacable dictatorship led by a president missing in action and zombified apparatchiks, it is too much to ask. It goes without saying that the health crisis - with a death toll which is obviously higher than that recognized in a place where no life matters but that of the Nom gui- is not their priority and nothing but a fierce desire to hold on to an illusion of power that evaporates day by day like a mirage

Thus, it is without surprise for the CL2P, when we are witnessing every day dignitaries of tyranny confined to their bad governance. They may practice a form of funeral discrimination according to whether the victims of the Covid-19 are their supporters, comrades and close relatives, or ordinary Cameroonians, the state of dilapidated hospital infrastructure (where they exist) in reality places all Cameroonian nationals faced with a certain equality before death.

As with the Covid-19, the regime of Yaoundé's dignitaries are no longer being able to be evacuated as easily to Europe as they used to.

The self-proclaimed creature number 1 of Paul Biya, Senior Minister Jacques Fame Ndongo, thus had to inflict on himself the indignities of a dilapidated and disease ridden hospital the- Center Hospitalier Universitaire de Yaoundé-CHU (of which he is the irremovable chairman of the Board of Directors)- to reclaim the body of an apparatchik of the regime of Yaoundé- the communication director of his RDPC party-state who died last week, for an expeditious burial. Like any other victims of Covid-19 who undergo with their families in Cameroon generally under police escort.

This does not change anything: all these Cameroonians are first of all victims of an already fatal chronic bad governance, long before the outbreak of the Covid-19 pandemic.I nstead of writing indigestible pamphlets to thwart in vain the initiatives of the main opponent Maurice Kamto, Professor Fame Ndongo could at least start by taking the calamitous balance sheet of the 38 interminable years of generalized regression in Cameroon, for which he bears partial responsibility as the appointed griot of a "lazy king in perpetuity". It is the minimum of questioning that one can expect from an intellectual, even organic at a moment where many Cameroonians feel that the angel of death is waiting them in their front door coupled with the fear of people losing the ones that they love while facing others severe calamities such as mental and economic distresses in a country with no safety nets.

Man no Run: A bon entendeur Salut

The Committee For The Release of Political Prisoners – CL2P

cl2p

http://www.cl2p.org

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