Réforme du droit du Sol ou Symptôme persistant d'une classe politique déboussolée?

Jean-Marie Le Pen VS Nicolas Sarkozy sur l'immigration . Clashe © Tariq Ramadan Zakir Naik
Jean-Marie Le Pen VS Nicolas Sarkozy sur l'immigration . Clashe © Tariq Ramadan Zakir Naik

7 Français sur 10 favorables à une remise en cause du droit du sol

 

Droit-du-sol.jpg

"Le droit du sol, une tradition régulièrement remise en cause..."* Tellement remise en cause que ce droit est en réalité depuis quelques décennies, réduit à sa portion congrue.

Puisque la naissance sur le territoire français n'ouvre plus automatiquement les portes de la nationalité française aux enfants de parents étrangers (notamment quand ces derniers sont en situation irrégulière), comme cela peut se faire aux États-Unis d'Amérique et dans tant d'autres vieilles et non moins respectables démocraties que la France.

Mais il faut en permanence et en filigrane agiter la peur d'une supposée perte d'une «pureté raciale» ou d'une «identité française» du fait de l'immigration; faire des étrangers et/ou de leurs descendants les boucs émissaires d'une certaine classe politique déboussolée devant le stupéfiant mélange des cultures et l'inévitable mobilité internationale.

C'est à croire que le racisme et la xénophobie, surtout quand ils ne sont pas assumés et se nichent dans des postures réformistes, s'avèrent véritablement insolubles dans la science - celle qui nous apprend précisément que la notion de race est une vaste fumisterie. Une fumisterie hélas de plus en plus très politicienne!


À n'en pas douter, l'instrumentalisation du droit des étrangers et des questions migratoires à de basses fins de politique intérieure est vraisemblablement ce qui restera à cette classe politique, lorsqu'elle aura fait tout l’étalage de ses échecs en matière économique et sociale. Il suffit pour cela de parcourir les archives politiques de ce pays depuis les années 70, pour se rendre compte de manière stupéfiante combien ces thèmes constituaient déjà le menu des mêmes hommes politiques, puis de celles et ceux qui se réclament de leur héritage sécuritaire et/ou identitaire aujourd'hui.

Une bien triste extrême droitisation d'honorables républicains pour une grande démocratie.

 

Joël Didier Engo


* "Le droit du sol, une tradition régulièrement remise en cause...", Le Figaro.fr

 

Droit du sol : ce que dit la loi

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.