Droits de l'Homme: petite piqûre de rappel aux camarades socialistes

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«Concernant le respect des droits de l'homme et de la diversité culturelle, notre combat historique ne peut se satisfaire de la politique actuelle à géométrie variable, où les principes changent au gré des intérêts, où la valeur des hommes s'analyse d'abord en parts de marché»

Extrait du Rapport 2010 sur la politique internationale du Parti Socialiste, élaboré dans le cadre des travaux de la convention pour sa rénovation, supervisés à l'époque (pas si lointaine que cela) par un certain Laurent Fabius, notre Ministre des Affaires étrangères.

Y aurait-il à nouveau comme une tentation «real-diplomatique», comme sous Nicolas Sarkozy, consistant par exemple à sacrifier les prisonniers français "naturalisés" Thierry Michel Atangana et Lydienne Eyoum au Cameroun (entre-autres), sur l'autel de la libération des français dits de "souche" Tanguy Moulin-Fournier, du fait du "rôle important" prêté par François Hollande au dictateur Paul BIYA?

Et tant pis pour toutes celles et tous ceux qui ont eu la naïveté de croire que désormais les Hommes, notamment quand ils sont tous français, auraient la même valeur, y compris en terme de "parts de marché"....dans le pré-carré français en Afrique, au Mexique, ou ailleurs dans le monde.

Se seraient-ils encore trompés?

Un démenti ministériel qui confirme implicitement l'existence de contrepartie(s)?

«Otages français au Cameroun: Biya n'a pas demandé de contrepartie», assure Laurent Fabius... ce démenti formel ressemble étrangement à une confirmation.

Car, si au Cameroun "la page des otages peut être aisément tournée" sous la contrainte policière et répressive, en France le démenti du ministre des affaires étrangères ne saurait suffire à arrêter les investigations journalistiques sur le versement d'une rançon; ni à dissiper le trouble créé au sein des opinions publiques française et camerounaise par la proximité affichée entre le dictateur Paul BIYA et Laurent Fabius, fût-il dans le but de parvenir à la libération des otages français. Cette proximité à elle-seule laisse supposer l'existence de contrepartie(s).

Autant de raisons qui  plaident en faveur d'une plus grande vigilance.

 

Joël Didier Engo

 

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