Le crime crapuleux, marque déposée de la «démocratie avancée» à la Camerounaise?

CAMEROUN : LA 4ÈME LETTRE DE MARAFA HAMIDOU YAYA.

Photo: Marafa Hamidou Yaya, Prisonnier d'opinion au Cameroun

Monsieur Paul BIYA l'assassinat de vos ennemis et adversaires désignés, ou de leurs proches parents et collaborateurs - surtout quand ce sont des femmes - ne peut être la marque de cette «démocratie avancée» dont vous agitez fréquemment l'étendard, pour  masquer plus de 31 interminables années de terreur politique. Le Cameroun est plus vraisemblablement une des dernières survivances d'un totalitarisme sanguinaire et crapuleux à l'échelle de la planéte, y compris sur le continent africain.

 

Et nul besoin d'extrapoler exagérément sur un crime d'une barbarie innommable, pour déceler  la signature de vos barbouzes dans le meurtre (je vous épargne les détails sordides) de madame Christiane Soppo à Yaoundé jeudi dernier. En effet Mme Soppo était cette inamovible secrétaire du désormais célèbre prisonnier politique Marafa Hamidou Yaya, un des maillons essentiels de son dispositif de communication. Celle avec l'aide de qui il continuait à dialoguer par  des «Lettres» périodiques avec les camerounais, depuis son lieu d'incarcération arbitraire du Secrétariat d'État à la Défense (SED), pour «complicité intellectuelle» de détournement de deniers publics.

 

C'est cette petite main que vous avez définitivement brisée, cette inestimable plume que vous avez brutalement (voulu) interrompre jeudi 23 janvier 2014.

Les conclusions du médecin légiste, puis l'enquête de la police locale, n'y changeront certainement rien à cette macabre élimination. Tout au plus pourraient-ils, dans un geste inhabituel de dignité, témoigner du respect à la mémoire de la défunte; là où ses meurtriers se sont acharnés sur un corps sans vie avec une brutalité rarement égalée dans les annales des assassinats politiques (généralement non élucidés) au Cameroun.

Pour peu que vous ayez encore – commanditaire (s) et assassins - l'once d'une humanité en vous!

 

"Marafa serait-il lui-même le commanditaire du forfait ?"

Quand un journaliste - du moins une personne qui se prétend comme tel - peut distiller de telles insinuations juste pour couvrir ceux qui lui ont commandé un article en échange de quelques piécettes de Francs CFA - on mesure combien certaines personnes ont véritablement (au sens premier du terme) vendu leurs âmes au diable dans ce pays.

Parce que l'atrocité des souffrances infligées à Mme Christiane Soppo par ceux qui l'ont assassinée, ne laisse planer l'ombre d'un doute sur l'identité ou les identités du ou des véritable(s) commanditaire(s).

Pauvre Cameroun!

 Jeune réfugié Rwandais, devenu "l'assassin idéal" de Christiane Soppo???

Il faut juste espérer que le jeune réfugié Rwandais interpellé au Cameroun ne soit pas "le bouc émissaire idéal" d'une tyrannie empêtrée depuis des mois dans un sordide assassinat, dont elle ne parvenait pas jusqu'ici à trouver une sortie de secours.

Victor Muvandimwe jeune réfugié Rwandais de 21 ans, dont les parents ont fui les affres du génocide au Rwanda, ne doit pas être la (deuxième) victime expiatoire du même sordide règlement de comptes politiques au Cameroun.

Vivement que l'enquête judiciaire qui s'engage, soit pour une fois des plus justes!

Joël Didier Engo

 Marafa Hamidou Yaya: "Assassinat politique... Je dis bien assassinat politique, car Madame Soppo a été prise pour cible uniquement parce qu’elle m’était restée fidèle après mon emprisonnement."


Lettre ouverte à Monsieur le président de la République


Monsieur le président de la République,

Madame Christiane Soppo, qui fut mon assistante pendant plus de vingt ans, a été retrouvée assassinée chez elle le 26 janvier 2014, portant la marque d’atroces tortures.

Je n’ai pas voulu m’exprimer immédiatement pour ne pas ajouter à l’émotion et laisser les enquêteurs faire leur travail ; mais deux mois après, je suis obligé de constater que l’Etat reste d’un silence absolu. Je ne m’adresse pas à vous pour vous dire l’effroi, la peine et la colère que je ressens et que partagent tant de Camerounais – dont vous-même je veux le croire. Mes pensées pour Madame Soppo et pour sa famille resteront privées.

Ce qu’en revanche je dois publiquement à la mémoire de Madame Soppo, c’est de mettre l’Etat face à sa responsabilité d’élucider cet assassinat politique et d’y répliquer par tous les moyens. Je dis bien assassinat politique, car Madame Soppo a été prise pour cible uniquement parce qu’elle m’était restée fidèle après mon emprisonnement.

Cette conviction, tous ceux dont elle a été l’interlocutrice fréquente et respectée la partagent : nombre de vos ministres, de membres de votre cabinet et de votre sécurité, de députés, de sénateurs, de responsables de partis politiques, mais aussi de diplomates étrangers et de dirigeants de grands groupes industriels internationaux. Tous, qui l’ont vue remplir à mes côtés sa mission au service de la nation avec une intégrité parfaite, savent que sa seule « faute » ne pouvait être que sa proximité avec moi et les visites qu’elle continuait à me rendre régulièrement.

C’est justement parce qu’elle avait la conscience tranquille qu’elle avait choisi d’ignorer les menaces qui lui étaient relayées depuis des semaines et qui sont une preuve du caractère prémédité, planifié, de cet acte. Je répète assassinat politique, car ne vous y trompez pas : après l’instrumentalisation des tribunaux, rendant des condamnations sans preuves, le martyre de Madame Soppo représente une étape supplémentaire, l’émergence d’une justice parallèle, extrajudiciaire, aux mains de groupes d’individus qui en fonction de leurs intérêts, prononcent des sentences de mort secrètes exécutées par des hommes de sac et de corde. Nos compatriotes en sont à se demander si le seul moyen de bénéficier de la protection de l’Etat contre les emprisonnements et les exécutions arbitraires est d’avoir un passeport étranger.

Je répète encore assassinat politique, car la mort de cette «simple» Camerounaise, qui non seulement n’avait rien à se reprocher mais incarnait les meilleures qualités de notre peuple, l’effort dans les études et le travail, l’attachement à l’éducation des enfants, la loyauté, représente un pas de plus vers l’ « ensauvagement » de notre société dont parle Achille Mbembé. Les commanditaires et les exécutants plongent notre nation dans un avenir de méfiance et de peur, comme l’y plonge l’Etat en ne disant rien de ce meurtre et en ne faisant rien pour combattre le système qui l’a piloté.

Monsieur le Président de la République, il est de notre devoir, il est du devoir de l’Etat, de prendre immédiatement les mesures suivantes:

Mettre toutes les ressources publiques utiles à rechercher et punir les responsables de cet acte barbare, les commanditaires comme les exécutants, ainsi qu’à exposer leurs motifs.

Assurer la protection de mes proches et particulièrement de mes avocats, et faire le nécessaire pour que l’action menée contre moi, toute injuste qu’elle est, continue à prendre place sur le terrain du droit et de la justice réguliers. De nouveaux innocents ne doivent pas tomber sous les coups de la machette.

Ces gestes et ces signaux forts ne sont pas seulement dus à la mémoire d’une Camerounaise à la fois typique et exemplaire, ils sont indispensables pour que la nation ne sombre pas dans une crainte généralisée de tous envers tous, et en premier lieu envers un Etat de plus en plus otage d’intérêts privés et destructeurs.

Yaoundé le 24 mars 2014

(é) Marafa Hamidou Yaya

Articles sur le sujet:

En Pdf le dossier consacré à la libération de Michel Atangana dans le quotidien Liberation du Vendredi 7 mars 2014

http://engojoeldidier.files.wordpress.com/2014/03/liberation-du-vendredi-7-mars-2014.pdf

Le journal LIBERATION revient sur l'assassinat de la secrétaire particulière de Marafa Hamidou Yaya.

 

Photo : Le journal LIBERATION revient sur l'assassinat de la secrétaire particulière de Marafa Hamidou Yaya.

 

Décès de la secrétaire de Marafa: Calme plat au domicile de la défunte - Le témoignage de son frère aîné, DOUALA - 29 JAN. 2014
© Le Messager


De nouvelles révélations sur le Décès de la Secrétaire de Marafa, Christiane Soppo Mbango, Yaoundé, 28 Janvier 2014
© BORIS BERTOLT | Mutations

 

 

Cameroun - Yaoundé - Meurtre de Mme Soppo: L'enquête piétine Eitel Elessa Mbassi | Le Jour

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