LE CHEMIN DE CROIX RACISTE D’UN CADRE D’ORIGINE AFRICAINE A RENAULT S.A (4ème PARTIE)

L’AFFAIRE GABAROUM OU LE SYMBOLE D’UNE DISCRIMINATION PROFESSIONNELLE ASSISE SUR UN RACISME SYSTÉMIQUE EN FRANCE. UN CALVAIRE ININTERROMPU DE PLUS DE 40 ANS!

CONDAMNÉ DEVANT LES DIFFÉRENTES INSTANCES NATIONALES ET INTERNATIONALES, DONT L'ONU, LE GROUPE RENAULT S.A (DONT L’ÉTAT EST TOUJOURS ACTIONNAIRE MINORITAIRE) SE TERRE DANS UN SILENCE, UNE INDIFFÉRENCE QUI SE CONFONDENT ICI AVEC LE SEMPITERNEL DÉNI OFFICIEL EN FRANCE.

FRANCE /RENAULT: DE QUELLE COULEUR EST LA JUSTICE ? (JMTV+) © JMTV PLUS

Vidéo JMTV PLUS: "Discriminé depuis son entrée chez Renault en 1975, Laurent Gabaroum se bat depuis sur tous les fronts afin que la marque au losange, et la France, son pays, réparent les torts qu'elles lui ont causé; chose qu'elles donnent l'impression d'ignorer."

  1. En résumé, par un tour de passe-passe cauchemardesque et par une série de mise à disposition en cascade, la société RENAULT est parvenue, par des manœuvres dilatoires, à contourner l’inéligibilité de Monsieur GABAROUM à l’aide de retour au pays, notamment à imposer au « Français de papier » sa reconversion forcée en agriculture tropicale après lui avoir fait suivre des stages de formation en élevage de lapins, de cochons, de poulets et de canards, et aux techniques d’irrigation, de stockage de grains, d’abattage de volailles et de machinisme agricole à DINARD, VITRE, MONT-MARSAN, MONTPELLIER, BEAUVAIS, ROANNE, RENNES et SABLE.

 

  1. Le 6 juillet 1987, en application de la politique d’arrêt du « processus de noircisation de la France », Monsieur Bernard NOUVELLON, Directeur du Personnel Ingénieurs et Cadres du Groupe RENAULT, s’est rendu au siège de la société SCOA, situé à l’époque au 1 & 2 rue de Flers, 75015 PARIS, pour négocier le transfert définitif du contrat de travail de Monsieur GABAROUM à la SCOA en vue de son embauche par la société HAMELLE AFRIQUE CAMEROUN.

 

  1. Très choqué, Monsieur GABAROUM a opposé une fin de non-recevoir ferme à son embauche par HAMELLE AFRIQUE CAMEROUN pour ne pas créer un précédent dangereux en ouvrant imprudemment la voie au nettoyage ethnique des Français d’ascendance africaine de leur propre pays.

 

  1. Au bout d’un an de mises à l’épreuve en France et en Afrique Noire, le bilan du détachement de Monsieur GABAROUM arbore les couleurs les plus chatoyantes :

 

  1. « Laurent GABAROUM est un cadre doté d’un potentiel intellectuel et d’un professionnalisme à tous crins. Il a le sens de l’urgence et du contact avec la clientèle. Il sait résoudre les difficultés cherchant toujours de nouvelles solutions à de vieux problèmes. Il sait prendre les bonnes décisions rapidement et au bon moment. Il est capable de mener plusieurs activités de front, entreprenant, tenace, compétitif »

 

  1. Pour la deuxième fois consécutive, la société RENAULT a été démentie par l’expertise d’un jury indépendant qu’elle a elle-même constitué et financé.

 

  1. Le 3 décembre 1987, pour faire le bilan du détachement de Monsieur GABAROUM au CEREBE la société RENAULT a organisé à Sciences Po Paris une réunion avec le Comité de suivi du détachement.

 

  1. En réalité, après l’annulation en catimini de l’étude portant sur le « développement d’un réseau de matériel agricole en Côte-d’Ivoire et au Cameroun », objet du détachement au CEREBE, il s’agit, plutôt, de faire le bilan du transfert de Monsieur GABAROUM à la SCOA pour une mise à disposition de la société HAMELLE AFRIQUE CAMEROUN à Yaoundé.

 

  1. Pour rappel, le Comité de suivi du détachement de Monsieur GABAROUM au CEREBE était présidé conjointement par le Professeur Renaud SAINSAULIEU (Directeur du Laboratoire de Sociologie du Changement des Institutions), Monsieur Philippe d’IRIBARNE (Directeur du CEREBE-CNRS), Monsieur Michel BUTEL (Directeur Commercial SCOA) et Monsieur Antoine HERON (Directeur Formation RENAULT).

 

  1. A l’issue de la réunion, le Comité de suivi du détachement a qualifié de très bons les résultats obtenus par Monsieur GABAROUM à la SCOA.

 

  1. Une fois encore, la société RENAULT a été désavouée par un panel d’experts qu’elle a elle-même constitué et financé pour expertiser les compétences de Monsieur GABAROUM.

 

  1. Pour autant, la société RENAULT n’en démord pas. Ainsi, au mépris des engagements qu’elle a souscrits et des objectifs assignés au détachement au CEREBE, la société RENAULT n’a proposé à Monsieur GABAROUM aucun poste de travail ni de nouvelles perspectives d’orientation professionnelle.

 

  1. Pourtant, devant les juridictions nationales, la société RENAULT a soutenu avec un culot qui frise le déshonneur toute honte bue avoir répondu favorablement au souhait de mobilité exprimé par Monsieur GABAROUM de « poursuivre dans une filiale de vente de véhicules RENAULT-AFRIQUE l’expérience acquise sur le terrain, dans le négoce international ».

 

  1. Pour soutenir de telles allégations, la société RENAULT s’est fondée sur un mystérieux rapport dont l’origine est sujette à caution.

 

  1. A lire attentivement les quelques feuillets de ce mystérieux rapport, l’on en ressort avec la ferme impression qu’il est peu probable que Monsieur GABAROUM ait pu formuler un tel souhait d’orientation professionnelle surtout au lendemain de l’annonce officielle faite par la société RENAULT de se séparer de ses filiales africaines.

 

  1. En tout état de cause si Monsieur GABAROUM a bel et bien rédigé et publié sur du papier à en-tête du Groupe SCOA, comme il lui est fait obligation, un volumineux rapport de fin de mission à HAMELLE AFRIQUE CAMEROUN d’une cinquantaine de pages abondamment illustré et documenté par des éléments chiffrés, comportant notamment des propos accusateurs mettant en cause le rôle et la responsabilité de la société RENAULT dans la tentative de sa reconversion forcée en agriculture tropicale, en revanche, il ne se reconnait pas être l’auteur de ce mystérieux rapport.

 

  1. Le 17 mars 1988, par note de service n° 205/1988, la société RENAULT a imposé à Monsieur GABAROUM un nouveau détachement en Afrique Noire mais cette fois-ci à la filiale RENAULT CAMEROUN, pour « aider au recouvrement des créances de l’Etat camerounais ».

 

  1. Par courrier en date du 28 mars 1988, Monsieur GABAROUM a exprimé des réserves quant au bien-fondé d’un tel détachement alors que son avenir professionnel est incertain.

 

  1. Le 29 mars 1988, en dépit des réserves écrites, la société RENAULT a imposé à Monsieur GABAROUM un départ précipité au CAMEROUN en méconnaissance des dispositions réglementaires et conventionnelles.

 

  1. Dès sa prise de fonctions, à la filiale RENAULT CAMEROUN, Monsieur GABAROUM a rapidement fait montre de ses compétences et obtenu de très bons résultats qui lui ont valu les félicitations appuyées de l’Attaché commercial de l’Ambassade de France au Cameroun.

 

  1. En mai 1989, le bilan du détachement à la filiale RENAULT CAMEROUN est venu certifier et confirmer définitivement les compétences reconnues et mises en œuvre par Monsieur GABAROUM. Et peine perdue pour la société RENAULT qui attendait la tête de Monsieur GABAROUM sur le billot.

 

  1. Le 17 mai 1989, par note de service n° 1760/89, la société RENAULT a maintenu Monsieur GABAROUM, de retour du Cameroun, au « Personnel non affecté » de la DPAS et placé d’office, à carrière bloquée, en « stage de longue durée » au Service Après-Vente de la Direction des Affaires Internationales, en contravention avec les engagements pris.

 

  1. Le 12 mars 1991, par note de service n° 2297/91, le Directeur de la DPIC a ordonné le transfert de Monsieur GABAROUM du « Personnel non affecté » de la DPAS à la Direction Après-Vente (DAV).

 

  1. Le 1er avril 1991, la société RENAULT a nommé Monsieur GABAROUM au poste d’Attaché de Communication Après-Vente, sans Entretien Préparatoire à la Mobilité (EPM) et sans que ne lui soit fourni au préalable, pour étude et accord, comme il est fait obligation, le descriptif de la fiche de mission du poste, notamment sans révision de son niveau de rémunération et de son indice hiérarchique, en méconnaissance des dispositions légales, conventionnelles et jurisprudentielles.

 

  1. Dès la première année au poste d’Attaché de Communication Après-Vente, les compétences de Monsieur GABAROUM ont été relevées et appréciées par sa hiérarchie.

 

  1. Mais très vite, le poste d’Attaché de Communication Après-Vente occupé par Monsieur GABAROUM a été vidé de sa substance pour devenir une coquille vide avant d’être corrélé à l’activité « Initiative et créativité », l’essentiel du travail ayant été unilatéralement et arbitrairement retiré à son titulaire et confié à une autre personne.

 

  1. C’est dans ces circonstances que pendant neuf années consécutives, les souhaits de mobilité de Monsieur GABAROUM corédigés avec son N+1 et validés par son N+2 ont été systématiquement rejetés sans aucune motivation par la société RENAULT au mépris des règles édictées par la Charte de Mobilité et la Politique de Mobilité RENAULT.

 

  1. Pire encore, malgré ses années d’ancienneté à devoir en permanence faire ses preuves, solliciter pendant des mois et des années la prise en compte de sa situation, pour bénéficier d’une égalité de traitement dans la gestion de sa carrière, Monsieur GABAROUM, loin de se décourager, s’est indigné par écrit auprès des plus hautes personnalités de l’Etat, notamment de la Direction Générale de la société RENAULT.

 

  1. En guise de réponse à Monsieur GABAROUM, la Direction Générale de la société RENAULT a curieusement réduit le racisme et l’antisémitisme à une simple question de société manifestement très éloignée de ses préoccupations :

 

« Les problèmes que vous évoquez sont des questions de société qui dépassent bien sûr le cadre de notre Entreprise. La Direction Générale de RENAULT est particulièrement attentive à ce qu’aucune discrimination n’intervienne dans la gestion des carrières. Seules les compétences reconnues et mises en œuvre doivent être des critères permettant aux Cadres d’accéder à des postes de responsabilité »

 

  1. La réalité est tout autre. Ainsi la Direction Générale de la société RENAULT a été rapidement démentie par de nombreuses actions en justice des salariés pour discrimination au travail, notamment par une enquête VIGEO commandée par l’Entreprise :

 

« La diversité est présente au niveau des opérateurs selon les bassins d’emploi, mais peu au niveau ETAM et Ingénieurs et Cadres. Des zones de risques ont par ailleurs été identifiées.

 

(…) La sélectivité des profils recrutés en France ne favorise pas la diversité.

 

En ingénierie, la diversité serait plus grande parmi les prestataires, sur des postes comparables.

 

(…) En usine, la diversité décroche dès le premier niveau d’encadrement. Risques de stéréotypes insuffisamment encadrés dans la détection des opérateurs à potentiel ».

 

« Les critères d’accès aux postes de responsabilité comportent des risques de reproduction d’un modèle dominant ».

 

  1. Le 1er juin 2000, Monsieur GABAROUM a été promu Cadre 3A au terme de quinze années d’épreuves subies alors que la durée moyenne pour accéder à cette position est de trois ans.

 

  1. Cette promotion a été différée de six mois, de janvier 2000 à juillet 2000, afin de permettre à la société RENAULT de procéder au rajustement du niveau du forfait annuel de Monsieur GABAROUM qui plafonnait à cette date à 38.656 € alors que le seuil minimum de rémunération requis par les accords d’Entreprise pour accéder à la position Cadre 3A était à cette époque de 41.924 €.

 

  1. Le 1er juillet 2000, la société RENAULT a nommé d’office Monsieur GABAROUM au poste de Chargé de Mission auprès du Directeur de la DVSE (Direction des Ventes Spéciales Exportation), sans recueillir son consentement, sans lui fournir au préalable le descriptif de la fiche de mission du poste pour étude et accord notamment sans convocation préalable à l’Entretien Préparatoire de Mobilité (EPM) au mépris des règles édictées par la Charte de Mobilité et la Politique de Mobilité RENAULT.

 

  1. Il faut dire que le poste de Chargé de Mission auprès du Directeur de la DVSE, qui n’existait pas auparavant, a été créé spécialement par la société RENAULT pour permettre à Monsieur GABAROUM de rejoindre, le Directeur de la DVSE de l’époque, Monsieur Jean-Pierre KNAEPEN, ancien Directeur Général de RENAULT CAMEROUN, réputé avoir une bonne connaissance de « l’homme africain ».

 

  1. En conséquence, le poste de « Chargé de Mission auprès du Directeur de la DVSE » n’a été ni publié dans Job Access ni proposé à la candidature de l’ensemble des salariés de la société RENAULT en contravention avec le principe de non-discrimination et en méconnaissance des règles édictées par la Charte de Mobilité et la Politique de Mobilité RENAULT.

 

  1. Le 3 juillet 2000, jour de son arrivée à la DVSE, Monsieur GABAROUM a été contraint de squatter pendant plusieurs mois, dans des conditions humiliantes et vexatoires des bureaux, privé d’ordinateur et de téléphone pour travailler avant qu’un minuscule débarras sans fenêtre ni aération soit aménagé spécialement pour lui, près des WC.

 

  1. C’est dans ce contexte que Monsieur GABAROUM a été contraint de s’accommoder des odeurs nauséabondes, notamment de subir des visites inopportunes des gens pressés qui se trompaient de porte d’entrée aux WC.

 

  1. En septembre 2000, soit deux mois après son arrivée à la DVSE, réalisant que le poste de Chargé de mission auprès du Directeur de la DVSE est une coquille vide dont tout le personnel de la DVSE se gaussait, Monsieur GABAROUM a demandé au Directeur de la DVSE de lui fournir la fiche de sa mission de poste, notamment de lui notifier par écrit ce que recouvre exactement la fonction de « Chargé de Mission auprès du Directeur de la DVSE ».

 

  1. Une fois encore, la société RENAULT s’est défaussée et n’a pas fourni à Monsieur GABAROUM les clarifications attendues.

 

  1. Toutefois, dans la fiche de mission de poste associée à Monsieur GABAROUM dans BPU il est écrit que la mission de « Chargé de Mission auprès du Directeur de la DVSE » consiste à « assister le Directeur de la DVSE dans l’accomplissement de ses tâches et missions ponctuelles ».

 

  1. De fait, au cœur de ce maelstrom de pratiques racistes assumées, Monsieur GABAROUM a été réduit au rang de majordome du Directeur de la DVSE avec comme mission principale la préparation du café pour les visiteurs, aller chercher les vêtements de son manager au pressing, lui jouer son tiercé, son loto…

 

  1. Confronté à ce racisme ordinaire, Monsieur GABAROUM a été reçu à sa demande par le Directeur de la DVSE qui, à l’issue de l’entretien, a pris conscience de la nécessité de mettre fin au traitement discriminatoire dont il est l’objet.

 

  1. Le 11 octobre 2000, par note de service n°202/00, le Directeur de la DVSE a confié à Monsieur GABAROUM « trois missions spécifiques » et « ponctuelles », notamment à RENAULT RELAIS et à la Qualité DVSE.

 

  1. Puis plus rien. Monsieur GABAROUM se retrouve à nouveau au placard, sans travail et sa situation se dégrade chaque jour un peu plus.

 

  1. L’euphorie a été de courte durée.

 

  1. Le 1er avril 2001, pour mener à bien la certification de la Direction Commerciale France (DCF), le Directeur de la DVSE a imposé à Monsieur GABAROUM les fonctions d’Animateur Qualité Service (AQS) comportant des tâches accessoires qui reposent essentiellement sur du volontariat pour l’ensemble des salariés de la DCF, toutes catégories confondues.

 

  1. En décembre 2001, après l’obtention du certificat ISO 9001 - Version 2000 par la Direction Commerciale France, les fonctions d’AQS ont été mécaniquement supprimées pour l’ensemble des salariés de la DCF à l’exception de Monsieur GABAROUM.

 

  1. Placardisé, harcelé, humilié et discriminé, pour se défendre, Monsieur GABAROUM n’a eu d’autres choix que d’emprunter les chemins du syndicalisme, une voie royale pour mobiliser les salariés et le droit contre les actes racistes et les pratiques discriminatoires de la société RENAULT.

Prochaine publication: L'INTERMINABLE CHEMIN DE CROIX RACISTE D’UN CADRE D’ORIGINE AFRICAINE A RENAULT S.A (5ème PARTIE)

L'Association NOUS PAS BOUGER

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