JoëlMartin
Abonné·e de Mediapart

239 Billets

1 Éditions

Billet de blog 5 févr. 2016

JoëlMartin
Abonné·e de Mediapart

Ne soyez plus perplexes face à l'accent circonflexe

L'accent circonflexe est-il condamné à disparaître ? On croit à une crise aiguë, mais c'est pas grave...

JoëlMartin
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Avis de tempête dans le Landerneau des ortho graphistes.

Tels des Lilliputiens "gros-boutiens" ou "petit-boutiens" s'écharpant sur la façon orthographe orthodoxe d'ouvrir un oeuf à la coque (par le gros bout, ou par le petit bout), les partisans et les détracteurs de l'accent circonflexe se livrent à une guerre sans merci.

Mais cette farouche bataille circonflexe qui rend perplexe n'est ni aiguë ni grave.

De même que le Contrepet a survécu au bouleversement accentué qui, en 1949 changea "contrepéterie" en "contrepèterie", notre belle langue a de bonnes chances de survivre au naufrage programmé des dômes, pylônes, geôle, et autre enjôleurs, sombrant peut-être â à cause d'une trop forte gîte par bâbord...

Attention toutefois à l'abandon précipité de ce bel accent circonflexe, si poétique quand on le compare aux ailes d'un oiseau en vol ou au toît toit d'une pagode !

Pensez à la gêne des biologistes étudiant les gènes. Ou encore à celle des vignerons devant la dégradation de ce qui fut leur fût.

Pensez à l'embarras des négociateurs d'une trêve à Trèves. Ou encore au désarroi au petit matin d'un mâtin qui s'est brûlé un poil contre un poêle et  voit son maître qui bat son âne sans bât.

Pensez à l'ahurissement d'un maton lisant : "Baillons-leur des bâillons!"

Fort heureusement, les fous d'icônes pourront toujours se rendre à Bône, à Côme ou à Vendôme, étudier l'atome de brome dans la Drôme, jouer avec leurs drôles de drônes avec des gônes de la Saône et du Rhône ou ouïr "Jolie môme".

Les écolôs écolos pourront déposer leurs dépôts dans des pots entreposés dans des entrepôts, évitant ainsi de ressentir le dégoût des égouts.

Des gourmands goûteront des râbles adorables et aromatisés dont ils humeront l'arôme et des cadres dîneront de câpres goûteux partagés avec des goutteux.

Des libraires se montreront prêteurs de livres sur les préteurs.

Une sportives soûle pourra encore jouer à la soule.

Une passagère frêle (ou grasse pleine de grâce) hurlera à son chauffeur : "Gare au frêne, freine on arrive à Fresnes !"

Les malades pâlots ou falots, vieux colons souffrant du côlon, continueront continûment d'appréhender les piquante piqûres.

On fêtera les couvreurs au fait des problèmes de faîte, et les sculpteurs d'albatros d'albâtre.

Venant de marais, chaussés, et fuyant la maréchaussée, des maraîchers, sur les boulevards des Maréchaux, se livreront au péché loin de leurs pêchers avec des chasseresses au beau châssis dont les appas sont des appâts...

Mais ils seront sauvés par de bonnes âmes amies, amen !

PS - Les deux orthographes avec ou sans accent circonflexes resteront admises. Ainsi, château, gâteau et râteau pourront s'écrire chateau, gateau et rateau, rejoignant ainsi le bateau. Mais se rappellera-t-on que l'accent circonflexe apparut lors de la disparition d'un "S" ? Se souviendra-t-on qu'aux fêtes on festoie, qu'on est hospitalisé à l'hôpital ou bastonné avec un bâton et que lors d'une enquête, on pose des questions ?

Et avec ou sans accent circonflexe, une prêle fine se contrepétera toujours en frêle p...

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte