Biographie contrepétulante de Jacques Chirac

Cette biographie est parue en 2003 dans la Bible du Contrepet aux éditions Robert Laffont, dans la collection Bouquins. Elle est farcie au contrepet haute densité. SAV gratuit sur demande par MP. Bon décryptage !

Chirac Jacques – Ancien maire de Paris. Président de la République Française de 1995 à 2002 et réélu le 5 mai de cette année. Il a gagné en 1995 face à Balladur dont des partisans insinuaient : « Ce soi-disant gaulliste n’a qu’une toute petite chance ! » Mais les fans de Chirac, dépités excédés par l’amateur d’Édouard, ont vu à son émotion qu’il avait des qualités lorsque il s’est décidé, à la longue, d’entreprendre sa campagne. Des opportunistes, penseurs indécis assez moches qui ont fini par se faire prêtres, se sont payés un coup une fois parjures, avant de rêver d’un Balla abîmé qui n’a plus le sens gestuel. Ils ont raillé la baisse de Balladur qu’ils voyaient néophyte : « Il ne savait pas fuir les bottes des militantes ni plonger dans la foule sans temps mort. Glissant devant Séguin et Pasqua (voir ces noms) : « Mes deux gros gesticulent, me démentent ! », Chirac a toujours déclaré qu’il allait passer, en se grattant le pif. Il a beaucoup bataillé en exposant sa passion pour le débat et dès qu’il voyait une balladurienne, il était lourd, paniqué. Et comme on déchire volontiers chez les gaullistes, les deux adversaires ne cherchèrent plus jamais à recoller leur union. Quand certaines de ses conseillères avouent avaler des Leffe, il panique. Une attachée : « C’est un vrai mâle, Jacquou ! ». Il sait se faire entourer mais il manque de recul… Peu convaincant, il sait mal communiquer, mais se précipite sur des meutes de jolies journalistes aux superbes châles, même celles qui murmurent : « Le candidat t’enlace et l’élu te brime… ». Cet homme de Tulle craint les enquêteurs qui rêvent de faire muter ce grand Jacques. Il parle de « l’Ex » (voir Giscard) en se tapant une mousse et subit, y compris quand il décore, les avanies de l’Ex dans la douceur. Ayant découvert les consoles de façon assez erratique, il manie le mulot jusque dans la cour et clique de façon cynique. Aux approches de l’élection il demande qu’on ne l’appelle plus « le Grand », courtise l’écolo en parlant de LU et une fine écologue qui lui parle de sagesse, mais bafouille sous les coups de Mamère en lutte. Les Vertes jugeront. 37

Chirac en famille. On a vu une vieille photo de Chirac rigolo bougée sur un quai du Mans. Amateur de porto et de bibine (sa bibine est piteuse), il se branche souvent sur des petites Leffe et croit que le quinquina réduit la peine…. Cet ancien gaulliste se tape trop de chopes (d’après un lecteur du Canard, il quémande des chopes aux copines)… Il fait couler sa bibine dès qu’il se sent ballotté. D’après madame, qui voit que l’abus de la mousse le rend lourd, sa bile à une odeur de canette ! Friand de rôti de veau, il a vite goûté quelques parts à Bity. Grignotant un cèpe en parlant de sextennat, madame Chirac déplore : « Jacques encore à Tulle ! ». Il faut dire qu’il passe son temps à biner la Corrèze (d’après un lecteur du Canard), et à parler de fouilles avec une archéologue corrézienne qui montre sa jaquette au grand crack. Des jeunes choristes lui confient qu’on manque de bal dans la Corrèze et le chauffeur de la présidence en a marre d’avoir des chignoles dans sa baraque. 20

Chirac et la bombe. Chirac n’a pas craint qu’on le fasse juger dès le troisième tour car pas question qu’il arrête après l’élection. Il n’a pas craint de fissurer les croûtes de Papeete. Mais il s’est senti fêlé dès sa première expérimentation. On l’avait vu lire à peine (double croisement de consonnes) et tenir des propos carrés et détonants. On lui avait proposé une thèse sur la bombe du Général qui pétait la croûte de l’atoll bourré de fric. Ayant fait dresser son lit dans un wagon pour atteindre l’atoll sans freiner, Chirac a fait le compte sans avoir besoin de simulation : « Six tirs, tu mériterais qu’on te batte ! » lui assène une Polynésienne qui s’est fait mal, entourée de becquerels et de vieux curies. Il a trop parlé d’OTAN sans lâcher sa bibine. Aujourd’hui, il tique et se reprend : « Je ne toucherai plus à la croûte en pierre ! » Des légionnaires qui faisaient plein de pédalo sans crainte des tempêtes confient : « Nos potes ont gardé l’odeur de Muru ! » Il paraît qu’il hurlaient : « Oh !, des grands ukulélés ! » Coincé contre une maquette qu’il venait d’accrocher et pris à partie par des Verts affolés et des Bretons inquiets devant la rade de leur Camaret, Chirac a posé en prenant plusieurs pétitions et opiné, l’air pressé. Il avait reçu des pétitions en masse. Titre : « L’action pour les récifs ». 28

Chirac et l’agriculture. Au Salon où il sert des mains et frôle des sottes, il a boudé sur le champ des vieilles rillettes fadasses qu’on lui présentait comme douces, goûteuses. Le fabricant avait loupé ses rillettes. Chirac a goûté quelques crêpes, des galettes craquantes (tenté par une galette, il a penché pour cette superbe galette, ne se contentant pas de fèves seules) et plein de beurre de Rodez, puis découvert des ruches en proie aux mites au stand « Ruches du Tibre » Mais il ne s’est pas laissé acculer derrière le stand… Des éleveurs traumatisés qui lui ont fait voir leur génisses d’écharpés, ont trouvé qu’il manque de feu pour dénoncer ceux qui battent les moutons tremblants et qu’il ne boude pas assez. Jacques et Bernadette se plaisent parmi des boucs, des ânesses bourrues et des bœufs noueux. Mais Jacques distingue mal les maux des poules, et Bernadette désapprouve les éleveurs qui montrent leurs génisses à Pâques et leurs porcs jeunots. Miné par des vaches folles, il panique dans les docks. Flattant des veaux assoupis, Chirac friand de farineux manque de bol et se croit bien seyant sur les bovins : « Je n’ai pas enfermé la filière bovine qui travaille même les dimanches ! » Une éleveuse dont il scrutait les bovins d’un regard de saurien lui a offert ses gamelles au milieu de quelques « Meuh ! », en lui parlant de son champ gras (des éleveurs facétieux se font de sacrées niches avec leurs « Meuh ! ») . Puis elle a confié : « Ah !, ce grand m’attire avec son air décent ! » Il a décoré en scrutant son flux une belle vache heureuse qu’il a fait lier avant de se taper une petite croûte. Puis, après avoir scruté des tétines cocasses, il a lavé un pis et coté une biquette. Et on dit qu’il n’est pas un homme d’État, c’est un comble ! 43

Chirac et la cohabitation. Depuis la dissolution ratée (on prétend qu’il s’est appuyé sur le Caire en se tapant une mondeuse  et que des fellahs lui auraient vanté la dissolution), il grogne : « J’en ai marre de tout céder, il faut combattre ! » et on le voit lié par la Gauche. Désoeuvré, il regarde ses bureaux et se trouve bête. Jospin et lui se sont abordés dans l’idée de se quitter un jour. Mais celui qui irait le premier au clash se mettrait dans un mauvais cas. Référendum ou non ? On voit Jospin appréhender le Congrès et Chirac appâté. Il ressent la peur du vide et Chirac, des bancs. Privés de l’élection des rues, les tenants du « non » ne pourront pas mettre le paquet. Titre : « Influent Congrès et urnes bridées ». 13

Chirac en voyage. En Réunion où on l’a beaucoup touché en lui faisant des papayes (il regrette les papayes au chou des Réunionnaises), il s’est penché sur les Beaux-Arts des DOM. Sachant que l’Irak n’avait qu’une toute petite chance des zélotes du long Jacquou trouvent normal que le gouvernement n’ait mobilisé nul « Foch » pour l’Irak. Ouï à l’Élysée : « Les bourdes incessantes de l’Irak sont moches. Beaucoup de ces Irakiens sont de tristes bêcheurs, mais il faut voir comment l’Irak prend la mouche ! » Titre : « Chirac épié dès qu’il parle de la Chine ». Ayant trop longtemps béé en Corrèze et appréhendant les froids des voisins Nippons, Chirac a mis un pull en Corée et sa suite a offert des pâtes aux fruits. En Corée, il n’a pas été adulé. Il sait que la Chine parie sur les achats du Pakistan. Fasciné par la Chine, il a fait des pauses et chiné sans avoir eu besoin de beaucoup de pèze. Il a vu des troupiers tout près de la Chine. Il a plaint les pauvres paniqués par la Chine et les Tibétains (voir Tiberi) privés de carry. Mais le président chinois l’a privé de ventes fastes. Admiratif devant l’essor de Pékin, Chirac, comme vendeur, a fait un sacré bide. La Chine est dure comme un cristal d’Europe. Du coup, on dit à Tulle que Chirac n’a même pas été en Corée et qu’il coupe Bernadette dès qu’elle parle de la Chine… 27

Les affaires. Maire de Paris pendant près de 25 ans jusqu’en 1995, il prétend qu’il ignorait tout des travaux et des places que prodiguait généreusement sa mairie dont il n’assume pas les choix. Il dit ne pas avoir connu les margoulins que chassait sa mairie et ne savait même pas quand il prenait ses bains. Paris, mars 2001 : La Gauche de Delanoë provoque les larmes des militantes RPR qui l’accusent injustement d’avoir tiré leurs chignons après s’être emparé de la mairie de Tiberi (voir ces noms). Précisément, Chirac a vu Tiberi qui perdait et Séguin laminé. Floué, il tente d’éviter les bourrasques mais ne peut empêcher que les journalistes bouclant l’édito évoquent leurs pâles affaires. Il se paie alors des cracks après cette élection. Miné par une cassette, acculé par un juge qui a du mal à l’entendre et qui se vante en disant qu’il va le faire juger, Chirac que le juge provoque parle de constitution et proclame : « Je ne me laisserai pas acculer par des menteurs ! ». Il se sent en cage mais pas question de déférer. Acculé, il cherche encore à financer. Il tape les amateurs de cassettes et ne s’accuse toujours pas d’avoir mouillé ses amis. Seule Xavière (Tiberi) doute quand il argue. Bernadette confie qu’il aura peu profité de son nid en cinq ans car il est toujours tendu par des disputes. 24

L’argent liquide, son château, sa campagne et sa réélection en mai 2002. Des pros du message se sont lâchés, disant qu’une campagne mauvaise, longue, qu’est piteuse, a lassé Chirac égaré, sur le flanc. Il faisait de grands pas l’air hépatique, rêvait à des débats avec des filles raseuses et tenait des propos osés sur son Union. Bernadette confiait : « Il ne se lève plus et fuit la base. Il ne m’a jamais bisé en sept ans ! », contredite par une fan en liaison avec le palais en phonie : « Chirac ne s’est jamais conduit en ballot en seize ans ! », aussitôt contredite par Bernie : « Il faisait la tête et me mentait ! » Et de prétendre qu’il la leurrait en bouffant, puis allait classer les travaux qu’il bâtissait après s’être tapé quelques bibines. Arrosé de fafs, il pouvait tout se permettre : il banquetait avec des grosses têtes qu’il mettait dans le coup et faisait cracher. Mais Chirac dément : « Ne dites pas que j’ai été trop payé, je ne vous le concéderai pas ! » On le voit qui joue avec son inénarrable Bity en compagnie de petites d’Ussel rapaces. Premier tour des Présidentielles le 21 avril : Chirac et Le Pen s’en tirent, Jospin se recule. Entre deux tours : Jacques parle de Nancy à de grosses têtes de Dreux. Bernie pique son fard à Dreux. Le 5 mai, sursaut républicain : Chirac est réélu avec 82% des voix, assiste à la Coupe de France de foot Lorient Bastia et quitte un moment le stade aux premiers sifflets corses contre La Marseillaise. Ô France du foot ! Glacé par des chants de Corses qui sifflaient sans trop penser, Chirac, à peine entré, boude et quitte son banc. Il n’a pas peur des gardes corses et se laisse ramener afin d’être mieux coté… 32

Total : 222 contrepèteries

 

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