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Billet de blog 23 mars 2012

Malgré l’effroi, la gauche est plus que jamais en pointe !

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Sarko a dû en faire une tête, ce matin. Les Français sont vraiment ingrats, a-t-il pensé -même s’il a sûrement employé un terme plus fleuri- ; il s’était pourtant donné tant de mal… Malgré sa mue en super-flic sans peur et sans reproche, ses déclarations martiales dès lundi à Toulouse, malgré l’instrumentalisation de la tuerie perpétré par cet réactionnaire fanatique de Mehra et « l’happy-end » policier qui a conclu ce fait divers sordide, il n’a pas réussi à « capitaliser », comme il dirait dans le jargon ultra-libéral qu’il affectionne tant. Malgré l’union nationale, imposée par ses soins sous le coup de la légitime émotion, qui lui a permis d’apparaître de nouveau comme le protecteur indiscutable d’une France en deuil et de s’affranchir du rôle peu enviable de président sortant discrédité, le de-nouveau-candidat Sarko n’a pas gagné l’once d’une intention de vote. C’est à vous dégouter de disposer de tous les moyens de propagande de ce pays ! Pensez-donc ! Hollande toujours largement devant, sortant en tête du 1er tour et facile vainqueur au second, puis Mélenchon dépassant Bayrou et Le Pen : le moins que l’on puisse dire, c’est que la semaine ultra-sécuritaire que Sarko nous a fait subir n’a pas été payante.

C’est la bonne nouvelle des dernières heures pour la gauche : la tuerie de Toulouse, pour aussi atroce qu’elle fût, n’est restée qu’un fait divers aux yeux des salariés de ce pays. L’avenir nous le dira, mais elle constituera peut-être même le symbole hypertrophié du bilan désastreux d’un clan qui aura défiguré la France. Dans tous les cas, presque une semaine après les faits, la droite et ses laquais médiatiques n’ont pas réussi à plonger le pays dans la psychose sécuritaire et anti-musulmane. Sarko a utilisé l’acte atroce d’un gosse paumé, qui a malheureusement trouvé dans l’islamisme une raison de vivre, pour créer un électrochoc infléchissant irrémédiablement la campagne dans son sens. Il a érigé la stratégie du chaos, non en un simple mode de gouvernement, mais en voie royale pour se faire réélire. Parler aux angoisses et aux bas-ventres, c’est la seule façon de faire de la politique que Sarko connaisse : abolir la conviction, auquel on adhère par assentiment rationnel, et la remplacer par la persuasion, qui en appelle au sentiment et qui est par nature acritique. On comprend le candidat-président : pour gagner à sa cause de fondé de pouvoir des actionnaires et des banquiers des millions de salariés qui n’ont aucun intérêt à cela, il faut savoir parler aux frousses les plus crasses et abolir toute distance critique.

Oui, mais voilà. Contrairement à ce qu’il s’est passé en 2002, l’opération « insécurité » a pour l’instant échoué. Les salariés de France ont soif de justice sociale, d’égalité, de services publics, de protection contre la mondialisation et d’alternative face à l’Union européenne libérale ; pas de guerre communautaire, de croisade anti-musulmane et de repli identitaire. C’est sur ce terreau sain que la gauche peut et doit construire sa victoire prochaine. Notre candidat, François Hollande, a fait preuve de son sang-froid et de son amour pour une France métissée et tolérante. Il est sortie grandi de cette épreuve imposée par la candidat de l’insécurité, en refusant de participer à la course à l’échalote sécuritaire et répressive. Jean-Luc Mélenchon, lui, poursuit son ascension fulgurante en passant devant le fantôme Bayrou et Marine la fausse laïque dissimulant une vraie raciste. Notre parti et notre candidat ne doivent surtout pas voir le candidat du Front de gauche comme un rival -il ne nous « vole » pas une voix !-, mais bien le considérer comme un aiguillon dont la dynamique actuelle semble indiquer la voie à suivre. De nombreux socialistes sont d’ailleurs présents dans les meetings de Mélenchon. Ce ne sont pas des traîtres en puissance, puisqu’ils voteront pour notre candidat -le seul à même de vaincre Sarkozy-, mais ils signifient au camarade François leur soif de gauche et d’alternative au libéralisme mortifère. Il doit entendre leur sourde rumeur afin d’être dans la position la plus favorable pour écraser Sarko au soir du second tour et pour mener, avec une majorité issue de toute la gauche, une politique favorable aux salariés et à eux-seuls.

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