La Guardia Civil prête pour un nouveau 1-O - Un deuxième "choc de trains"

A quelques jours de la sentence du procès des indépendantistes catalans s'est ouvert une polémique concernant le corps armé de la "Guardia Civil". Le gouvernement de la Catalogne a en effet demandé leur départ de Catalogne en raison principalement de sa non neutralité dans les affaire judiciaires.

A quelques jours de la sentence du procès des indépendantistes catalans s'est ouvert une polémique concernant le corps armé de la "Guardia Civil". Le gouvernement de la Catalogne a en effet demandé leur départ de Catalogne en raison principalement de sa non neutralité dans les affaire judiciaires. Mais d'abord quel est le rôle de la Garde civile. C'est un corps rattaché à l'armée un peu comme la gendarmerie mais avec de très nombreuses compétences. Entre autres, le contrôle aux frontières, le maintient de la paix, etc. et ce qui nous intéresse ici, une compétence judiciaire comme en France la Police judiciaire. De part son appartenance à l'armée, la Garde Civile ne doit pas exprimer d'affinités politiques. De part sa fonction judiciaire, la Garde civile doit rechercher les éléments de preuve à charge et à décharge et les porter à la connaissance au juge instructeur. Ces deux obligations ont été mises à mal ces dernières années, le discours du général de la Garde Civile Pedro Garrido en est un exemple flagrant et a déclenché le départ des officiers des Mossos d'Escuadra (la police catalane) ainsi que des élus du gouvernement catalan de la cérémonie en hommage à la patronne du corps, la Virgen del Pilar.
Ci-après le discours complet : (texte en espagnol & catalan)
Les deux points polémiques ont été :
Atteinte du secret de l'instruction : Les mentions concernant les 7 personnes CDR pour présomption de préparation d'attentas alors que l'instruction est secrète.
Atteinte de la présomption d'innocence : La sentence n'est pas prononcée pour le 12 prévenus ET le jugement n'a pas encore commencé pour les prévenus qui seront jugés au tribunal 13 de Catalogne, parmi eux, le major Trapero qui commandait les Mossos d'escuadra et destitué en vertu de la loi 155 de la constitution. Pour les prévenus en raison des manifestations et de la "déclaration" d'indépendance, il a même ajouté <<els que volguent recórrer el camí de la independencia, triïn seguir, d'una o altra manera, la senda del terror>> "Ceux qui veulent aller vers le chemin de l'indépendance choisissent d'une manière ou d'une autre, le chemin de la terreur".

On en est donc à la veille d'un nouveau "choc de trains". Les uns parce que la sentence ne sera pas assez punitive et pour les autres parce qu'elle le sera trop. Mais il existe un précédent que beaucoup oublient et c'est la tentative de coup d'Etat du 24 février 1981. Que s'est-il passé ? Quelles ont été les conséquences pour les acteurs, en particulier pour le lieutenant colonel Tejero ?
Putsch militaire à Madrid 24/02/1981 - Archive INA
(vidéo en français)
Le lieutenant-colonel Tejero aux Cortès le 23 février 1981
Extrait : L’histoire du coup d’État manqué de Tejero – le « 23 F » pour les Espagnols – est bien connue. Antonio Tejero n’en est pas à son coup d’essai.
Article complet : (texte en français)
Remarque : Tejero ainsi que les 200 autres putschistes appartenait à la Garde Civile. Pour ce premier coup d'essai, Tejero a été condamné à 7 mois de prison. Il n'a pas été écarté du corps des gardes civils.
Suite à l'échec du deuxième coup d'Etat, il fut condamné à 30 ans de prison mais n'en effectua que 15 ans et 9 mois. Ses conditions de détention étaient pour le moins "confortables" bien loin de ce que les dirigeants des partis PP, C's et Vox attribuent aux indépendantistes catalans. Une cellule de 65m2 avec plusieurs pièces, salle de bain, cuisine et des visites de ses partisans qui amenaient viandes, crustacés, vins.
Certes, la vidéo suivante est une chronique humoristique mais conforme a la réalité. (vidéo en espagnol)
 

Sorti de prison, son fils, également dans la Garde Civile, organisa un fête dans la caserne pour commémorer le 33ème anniversaire du coup d'Etat. Pour la bonne morale, le fils fut également éjecté du corps (garde civile) mais cela montre bien dans quel état d'esprit baigne la Guardia civil. (vidéo en espanol
Le 24 septembre de cette année, le parti politique Fuerza Nueva Andalucía (extrême droite) a organisé un repas en honneur de l'organisateur du coup d'Etat, Tejero entre cris de “arriba España” et “viva Franco”. video en espagnol

La Gardes civile a trop montré aussi bien dans le passé qu'à l'heure actuelle, ses liens avec l'extrême droite alimentant les soupçons de manque d'objectivité dans le déroulement de ses enquêtes. Il est vraiment indispensable de retirer la fonction d'auxiliaires de justice aux Gardes civils et de créer un département chargé des enquêtes au sein de la police nationale. L'indépendance de la justice aurait beaucoup à gagner.

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