Espagne : Les "égouts" de l'Etat sont toujours en place.

Les "égouts" de l'Etat sont toujours en place. Une police secrète continue d'enquêter illégalement et d'inventer des preuves Une trentaine d'eurodéputés de neuf pays demandent à la commission européenne qu'ils réagissent devant l'espionnage et sabotage aux opposants politiques en Espagne.

Traduction de l'article "El Diario"

Article d'origine : El diario

Les "égouts" de l'Etat sont toujours en place. Une police secrète continue d'enquêter illégalement et d'inventer des preuves avec comme principales cibles, les indépendantistes catalans et le parti Podemos.

Le courrier rappelle les cas de fabrication de fausses preuves et de leur diffusion pour nuire à Podemos et supposé orchestré par le ministère de l'Intérieur de Mariano Rajoy
Vu cette violation des droits fondamentaux et de l'État de Droit, quelles mesures pense prendre la Commission comme garant des valeurs de l'UE ? Demandent les députés européens.

Pablo Iglesias reproche en direct à Ferreras que La TV "la 6" permette une émission à Eduardo Inda (présentateur TV). Iglesias demande d'inculper Inda, de relever ses appels téléphoniques avec Villarejo (ancien policier en cours de procès) et de relever les déplacements du téléphone mobile volé à sa conseillère (la conseillère de Iglésias)

Il s'est produit un scandale en Espagne avec la possible participation, directe ou indirecte, des partis politiques au pouvoir, ainsi que d'une partie de médias nationaux, affirme la lettre : '"Ces faits représentent une attaque sérieuse à l'état de droit et de la participation libre en politique".

Le texte explique que "le scandale consiste dans des opérations d'espionnage et de sabotage contre des adversaires politiques, que l'on suppose orchestrés par le Ministère de l'Intérieur espagnol pendant que l'ex-présidente du Parti Populaire Mariano Rajoy était au pouvoir et qui et ont été réalisés par des fonctionnaires policiers en utilisant des moyens nationaux".

La fabrication de preuves condamnatoires, pour créer une campagne d'intoxication, le vol d'un téléphone mobile d'un assistant parlementaire de Pablo Iglesias quelques jours après qu'il ait laissé son siège à Bruxelles, sont tous de faits connus comme les caniveaux de l'État espagnol", continue le texte. Et il termine avec une question dirigée à l'Exécutif communautaire : "Vu cette violation contondante des droits fondamentaux et de l'État de droit en Espagne, quelles mesures pense prendre la Commission pour garantir le respect des valeurs et la législation de l'UE ? "

"Le cas des égouts de l'État contre Podemos suppose une guerre sale contre la démocratie parce qu'ils ont utilisé ces appareils parapoliciers pour éviter qu'un parti politique, que des idées politiques, puissent gouverner en Espagne”, dit le porte-parole européen de Podemos Miguel Urbán : “C'est un très grave élément, un attentat direct à la participation libre en politique et à l'État de droit. Nous croyons que l'UE doit agir. La Commission et le commissaire Timmermans doivent veiller aux droits fondamentaux et à l'État de droit en Espagne, et c'est pourquoi nous avons posé cette question écrite d'un groupe de députés européens sans l'appui, parce qu'ils n'ont pas voulue la signer, des députés du PP, ni de Ciudadanos et du parti socialiste espagnol, ce qui nous semble très significatif car ce dont nous parlons c'est de la guerre sale depuis les égouts de l'État”.

Police politique
Les conclusions du Congrès des Députés, pour clore la commission qui a fait la recherche "l'Utilisation partisane par le Ministère de l'Intérieur, sous la commission du ministre Jorge Fernández Díaz, d'effectifs, des moyens et des recours du département et des Forces et des Corps de Sûreté de l'État à des fins politiques ont déjà été dévastateurs à leur moment : Dans le Ministère de l'Intérieur, sous l'ordre du monsieur Fernández Díaz, en usant d'une manière frauduleuse les effectifs, une structure policière a été créée sous les instructions du monsieur Cosidó Gutiérrez, par ordre du DAO Eugenio Pino, avec la connaissance et consentement du ministre, destinée à gêner l'instruction des scandales de corruption qui touchaient le Parti Populaire et le suivi dans son cas, de la surveillance d'adversaires politiques. Par exemple : le Parti socialiste espagnol (comme le démontre la création et les travaux réalisés par les BARC), le nationalisme catalan (monsieur Trías) ou Podemos (Informe Pise). Ces décisions ont supposé une utilisation inacceptable partisane des effectifs et des recours du Département d'Intérieur, des Forces et des Corps de Sûreté de l'État, avec un abus pouvoir qui casse des règles essentielles de la démocratie et de l'État de Droit ".

Les commandements policiers sont devenus une usine (de fausses ) informations pour désamorcer le conflit catalan en discréditant ses leaders. En 2012 un rapport supposé, sans signature mais avec timbre de l'Unité de Délinquance Économique et du parquet de la Police, un département qui avait gagné en prestige avec les instructions du cas Gürtel et d'autres cas de corruption, est apparu dans le journal El Mundo avec le titre suivant : "La Police relie des comptes en Suisse de Pujol et de Mas avec la corruption de CiU ”. L'information soulignait : "Un rapport de Police soutient que part des commissions que les entreprises payaient à CDC au travers de la trame du Palau ont été déviées en faveur des comptes personnels de ses dirigeants”. Le chef de l'UDEF d'alors a nié dans une cour judiciaire que ce document était sortît de son service.

La fabrication de rapports policiers avait été aussi utilisée contre Podemos quand le parti de Pablo Iglesias est devenu, le long du 2015, un concurrent sérieux pouvant arriver au Gouvernement, selon certaines enquêtes qui lui donnaient la deuxième position dans des votes derrière le Parti de droite.

C'est alors que l'informe PISE a édité un autre texte sans signature ni en-tête sur le financement supposé irrégulier de Podemos et qui fut diffusé des égouts de l'État aux divers médias de communication. Il est arrivé quelques jours avant la constitution des Cortes, après les comices un décembre 2015, à la rédaction du Monde, dont le directeur d'alors, David Jiménez, s'est refusé à le publier. Le même Jiménez l'a expliqué dans un interview récent à eldiario.es où il parle d'un sujet qui est dans son livre, Le Directeur, qui a édité les Livres du K.O. "On m'a offert deux rapports sur Podemos j'en voyais un et me disait que ce n'était pas sérieux, il n'a pas de timbre, il n'a absolument rien", explique Jiménez, qui dans le livre raconte que quelques jours après il les a vus publiés dans "Ok Diario" et "Le Confidenvial". On ne sut jamais rien de la supposée enquête policière, malgré la fait que les informations faisaient allusion a des attestations supposées de service d'intelligence, qui n'avaient pas de timbre, ni de signature.

Les manoeuvres contre Podemos de la part de la police politique n'ont pas fini là.l'Audience Nationale enquête maintenant pour savoir qui a diffusé une information sur un mobile volé à l'une des collaboratrices de Pablo Iglesias en novembre 2015 et dont ont été extraites les conversations privées du leader de Podemos qui furent publiés immédiatement dans certains moyens de communication. Le même juge de l'Audience Nationale qui enquête sur d'autres affaires relatives à l'ex-commissaire José Manuel Villarejo – le contenu du téléphone apparut dans l'une des perquisition des logements du commissaire – a été envoyé par les agents de police, suivant ce que dit le journal" eldiario.es",à la rédaction "d'Ok Diario". Le moyen de communication que publia les messages d'Iglesias pour réquisitionner une copie d'information contenue dans le téléphone de la collaboratrice de l'homme politique et ordonna au journal d'Eduardo Inda qu'il s'abstienne de publier aucune nouvelle information relative au contenu du téléphone volé.
(Vous avez du mal à comprendre ? Moi aussi, il a fallu relire 4 ou 5 fois le texte d'origine. Phrase horriblement longue. Désolé si des erreurs de traduction se sont produites)

Le scandale a fait une victime dans l'équipe de collaborateurs du président du Gouvernement, Pierre Sánchez. Alberto Pozas, ex-directeur de la revue "l'Interview", qui a eu en mains ce matériel originaire du téléphone de la collaboratrice d'Iglesias mais qui a décidé de ne pas le publier, a démissionné après avoir su qu'il devra comparaître comme témoin dans l'Audience Nationale, pour que le sujet n'éclabousse pas le Gouvernement. Pozas, après avoir témoigné, a été inculpé par le magistrat qui interroge concernant les faits relatifs lorsqu'il était le directeur "d'Interviu" (journal).

C'est la première démission qui a touché la succession de scandales de la police politique. La direction du Ministère de l'Intérieur avec Rajoy sont toujours présents dans les institutions. L'ex-ministre Jorge Fernández Díaz à qui Pablo Casado a donné un poste dans la nouvelle direction du PP continue comme parlementaire dans la Députation Permanente du Congrès, comme celui qui a été son numéro deux, Francisco Martínez. Celui qui était directeur de la Police, Ignacio Cosidó, continue comme sénateur.

Quelques documents

Les égouts de l'etat
Les égouts de l'Etat
Affaire Trias
El Nacional
El diario
Affaire PISA
El Pais
El independiente
Cataluna
el periodico
el diario

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.