LE FANTÔME DE FRANCO

Franco est mort mais le franquisme est toujours vivant et voit un renouveau depuis l'apparition de Vox sur la scène politique. Ce "renouveau" s'affiche de plus en plus dans les partis politiques de droite, l'armée, la police et surtout des instances supérieures de la justice. Il n'a pas l'air d'inquiéter le parlement européen. Pourtant le danger est là et gagne petit à petit toute l'Espagne.

Le franquisme a duré 40 ans et l'on se pose encore la question : Franco est-il bien mort le 20 novembre 1975 ? La réponse n'est pas si évidente. (1) Il suffit de voir les sièges des députés et sénateurs encore occupés par des franquistes déclarés qui siègent aux mêmes places et, à leurs cotés, des dizaines d'autres qui, tout en se déclarant démocrates, ne condamnent pas cet épisode noir de l'histoire de l'Espagne et rêvent pour certains d'entre eux, d'un retour à cette période. Et si tout ce monde est présent, c'est parce que des centaines de milliers d'espagnols ont voté pour eux, tous ces électeurs qui pensent que le franquisme est une méthode parfaite pour gouverner ce pays. Franco est mort mais le franquisme est en train de retrouver une nouvelle vie.

Alors que le nazisme et le fascisme ont été éradiqués et que toute manifestation, emblèmes, iconographies, gestuelles, associations, etc. sont rigoureusement interdits et poursuivis par la loi en Europe, tout ceci reste vivace et permis en Espagne. La raison en est simple. Mussolini et Hitler ont perdu la guerre et Franco l'a gagnée. Tout serait différent si les alliés avaient fait un petit détour au delà des Pyrénées mais on ne refait pas l'histoire. Alors les vainqueurs se sont enrichis (2) souvent en spoliant ou volant tant particuliers républicains que les deniers et richesses de l'Etat, en occupant des postes clés du régime, des institutions et des grandes entreprises, que certains occupent toujours et, si ce n'est plus eux, ce sont leurs fils ou petits fils maintenant.
Il ne faut donc pas s'étonner de l'état d'esprit, de la superbe dont ils font preuve actuellement. Bien sûr, ils ont dû, après la mort de leur idole, passer sous les fourches caudines d'une constitution (3) acceptable par les grandes puissances afin de pouvoir entrer dans l'Europe, tout comme Franco accepta toutes les conditions dictées par les Etats Unis pour finir avec son isolement politique, commercial et entrer dans l'OTAN.

Pour gagner "idéologiquement" la guerre civile espagnole, franco s'appuya sur le parti politique, "la Phalange", crée par José Antonio Primo de Rivera en 1934 et inspiré du fascisme de Mussolini et le nazisme de Hitler. Aussi bien l'Italie que l'Allemagne permirent à Franco de gagner cette guerre en l'aidant fortement (80000 soldats italiens, la légion Condor et fourniture de nombreuses armes). La Phalange (4) devint durant la guerre une milice plus ou moins intégrée à l'armée nationaliste de Franco. Durant la dictature, Franco qui se méfiait de tout parti politique, s'appuya de moins en moins sur la Phalange pour gouverner, c'est ainsi qu'apparut ce mouvement sans organisation que l'on appelle le "franquisme". Ne cherchez pas, il n'existe pas de parti politique de ce nom, tout part et repose sur un seul homme Franco qui se croyait, tel les rois, envoyé par dieu. Les espagnols se souviendront de la devise : "Franco, caudillo por la gracias de dios". Avant sa mort, Franco avait fait voter une loi de succession et désigné Juan-Carlos comme futur roi d'Espagne. Avec cet acte, il voulait s'assurer de la continuité de son régime et que rien ne change quand à l'organisation politique et économique de l'Espagne. A sa mort, une loi d'amnistie fut votée, les crimes restèrent impunis, leurs auteurs restèrent à leurs postes. Les parlementaires et ministres se recyclèrent, se diluèrent rapidement dans un parti politique, Alianza Popular fondé par Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre de Franco, et qui deviendra deux ans plus tard le "Partido Popular" (PP) (5) dont le président actuel est M. Pablo Casado. En 2013 des dissidents de ce parti créent "Vox" (6) parti d'extrême droite présidée actuellement par Mr. Santiago Abascal et qui a fait une entrée remarquée au parlement espagnol en obtenant 10,26 % des voix et 24 sièges aux élections générales d'avril 2019.

Beaucoup de personnes, dont moi même, ont pensé que le franquisme s'éteindrait de lui même, qu'il tomberait dans l'oubli et que la démocratie finirait par gagner. 45 ans ont passé depuis la mort de Franco. 45 ans de transition démocratique soit deux générations mais la mémoire de Franco est restée. Faut-il s'en étonner après 36 ans d'endoctrinement débutant à l'école (8) et se poursuivant par les divers canaux d'information parfaitement censurés dont le fameux NO-DO (7) que l'on subissait au cinéma avant de pouvoir regarder les films. La mémoire du dictateur a bien été maintenue grâce à des associations telles que "la phalange" et la fondation "Francisco Franco" (9) qui écrit dès l'ouverture de son site <<continuité politique>>, quelques années auparavant l'objet était <<d'exalter la figure de Franco>>. Leur mission a été parfaitement accomplie et il est à craindre qu'il faudra attendre, non seulement la disparition de la génération qui a fait études et carrière avant 1975, mais probablement de la suivante, celle des Abascal et Casado.

L'esprit de Franco plane toujours dans l'armée. Les officiers ayant participé à la guerre civile n'ont pas été limogés ou mis à la retraite en 1975. Ils ont eu largement le temps de maintenir les traditions franquistes qui ont été les leurs ou de leur instructeurs. Franco, le sauveur de l'Espagne immortelle, soldat exemplaire qui a éradiqué les rouges (anarchistes, communistes et socialistes) et renforcé la religion catholique. La guerre civile a été qualifiée de croisade. Le dernier portrait de Franco n'a été décroché du bureau du général Francisco Fernández qu'en 2006, plus de 30 ans après le début de la période de transition (10). L'actualité a remis en lumière l'état d'esprit de cette armée que le gouvernement de Sanchez croyait démocratique. Dernièrement deux lettres venant d'officiers à la retraite de l'armée de terre et de l'air ont été expédiées au roi Philippe VI (chef des armées) et surtout, des messages circulant sur un chat ont montré des signes inquiétants de radicalisation à l'extrême droite dangereux pour la démocratie et la paix sociale en Espagne. Que disent ces messages ? (11). Ils parlent de la possibilité de réaliser un coup d'Etat, de fusiller 26 millions d'espagnols, enfants compris, de bombarder le siège d'une association indépendantiste catalane, etc. Certains ont minimisé en commentant que ce n'était que des propos de retraités de l'armée nostalgiques des années franquistes. Une vidéo a été diffusée douchant à froid la ministre des armées et démontrant le contraire (12), des soldats dansant en faisant le salut hitlérien et chantant des hymnes de la "division azul" . L'extrême droite est bien présente dans l'armée et les scores électoraux de Vox sont largement supérieures à la moyenne nationale là où sont implantées les casernes. Certes, il existe des militaires républicains mais ils sont minoritaires comme le montrent certains témoignages (13). Témoignages qui font référence à Vox comme étant un "déclencheur", un support politique civil de l'ultra droite que les militaires attendaient pour pouvoir se manifester tout comme Franco s'appuya sur la Phalange et l'église pour justifier son coup d'Etat.

L'esprit de franco plane toujours sur les partis politiques. L'extrême droite restée dissimulée dans le parti PP s'est montrée en plein jour avec la création de Vox. Il existait bien des aides venant de l'Etat au franquisme avec les subventions au "Valle de los Caidos" ou plus clairement encore à la fondation Francisco Franco (14). Nous retrouvons maintenant cette fondation bien intégrée à Vox qui ne se déclare pas franquisme bien qu'il en intègre toutes les idées ce qui est logique. Franquisme ne fait référence qu'à une idéologie basée sur un seul homme Franco. Le souci de Franco avait été de pérenniser le régime politique qu'il avait mis en place. Il l'avait trouvée en nommant Juan Carlos comme son successeur.
<<El jefe de la dictadura transmitió entonces un mensaje rotundo (année 1970) : el respaldo obtenido por el príncipe Juan Carlos "significa que está asegurada hacia el futuro la continuidad del régimen, siempre que los españoles adquieran clara conciencia de que la paz, la seguridad y la libertad sólo son posibles dentro del marco de leyes que nosotros mismos nos hemos dado y que tenemos el honor de salvaguardar".>> (15)
(Le chef de la dictature transmit alors un message : L'appui obtenu par le prince Juan Carlos signifie qu'est assurée le futur et la continuité du régime tant que les espagnols acquièrent une claire conscience que la paix, la sécurité et la liberté sont seulement possibles dans le respect des lois que nous même avons doté et que nous avons l'honneur de sauvegarder. )
Vox s'applique à défendre cette continuité (16) et il suffit d'écouter quel est leur programme. En une seule vidéo, presque tout est dit (17). Centralisation du pouvoir avec la dissolution des autonomies, illégaliser les partis politiques en commençant par les indépendantistes ainsi que les hommes politiques élus, à priori cela ne l'émeut pas, en finir avec les lois sur l'avortement, la violence envers les femmes, l'immigration, etc. Un vrai parti d'extrême droite qui permet à tous les sympathisants de se reconnaître, y compris les nazis qui se sont par exemple illustrés lors de la dernière manifestation d'Abascal à Barcelone en arborant le drapeau de la division SS ayant perpétré des crimes contre l'humanité (18).
Le PP qui avait protégé en son sein cette ultra droite se retrouve débordée et perd de son électorat qui était resté fidèle à la pensée de Franco. Il essaye de le récupérer en suivant en partie le discours de Vox. Ces deux partis ont un point commun à savoir qu'ils considèrent que seule la droite à "le droit" de gouverner en Espagne et accusent le parti socialiste d'être illégitime. La raison est simple, ils ont formé un gouvernement avec le parti politique Podemos et sont également appuyés sur certains de leurs projets de lois par des partis basques ou catalans indépendantistes. Certes, tous les députés sont élus par le peuple mais c'est à croire que les électeurs, les élus de gauche et donc un gouvernement de coalition de gauche issu des urnes n'est pas légitime s'il ne trouve pas grâce à leurs yeux. La démocratie ne convient au PP que s'ils gagnent les élections. Pour attirer les électeurs, rien de mieux que d'avoir un ennemi, de le dénigrer, de le "déprécier" en distillant quelques mensonges à défaut d'avoir un programme. Mais le meilleur allié tant du PP que de Vox reste … Le pouvoir judiciaire.

L'esprit de Franco plane toujours sur le pouvoir judiciaire. Certes, les juges de "la vie courante", celle qui s'occupent des voleurs, criminels, de la drogue etc. font correctement leur travail, on ne peut pas dire la même chose de ceux qui occupent les postes les plus élevés, de ceux qui ont en charge de vérifier la conformité de lois à la constitution, (le tribunal constitutionnel TC), ceux de l'audience Nationale ou du tribunal suprême, choisis par les juges du Conseil Général du Pouvoir Judiciaire. Ces derniers sont choisis en partie par le pouvoir politique députés et sénateurs (3). Dans la réalité et jusqu'à présent, les candidats étaient présentés par le PP et le PSOE au prorata de leurs résultats électoraux. Personne n'en parlait mais deux "glissades" ont mis cette pratique à la lumière du jour. La première a été celui le député PP Mr. Cosido qui s'était vanté de contrôler le procès des indépendantistes du 1-O par "la porte de derrière" en nommant le juge Marchena (20). La manœuvre n'a pas fonctionné du fait d'avoir été dévoilée par la presse, le juge Marchena a dû refuser le poste proposé. La deuxième avec le blocage depuis deux ans de Mr. Casado dans la désignation des juges dont le mandat a expiré. Ce blocage est favorable au PP car les juges actuellement en place sont majoritairement de tendance conservatrice et, du fait qu'ils continuent à désigner les juges des autres instances judiciaires supérieures, cette tendance se trouve conservée voir renforcée (21). Ce bocage volontaire empêchant un bon fonctionnement de la constitution espagnole pourrait être levé mais pour cela, le PP exige que le gouvernement de Sanchez rompe avec son allié actuel Podemos et refuse toute discussion ou négociation avec les indépendantistes basques et catalans. En bref, que le gouvernement PSOE soit otage du PP (22). Le pouvoir judiciaire est devenu, pour le PP, l'obtention par les juges de ce qu'il n'a pas pu être obtenu par les urnes. Le but, faire tomber le gouvernement. Le meilleur moyen de vérifier cette "complicité" entre pouvoir judiciaire et principalement le PP mais aussi Vox est simplement de se référer à leurs décisions. Attaques concernant la gestion de la pandémie du virus Covid19 par le gouvernement. 20 dépôts de plaintes, Le juge Marchena demande aux tribunaux d'instruire la gestion de Pedro Sanchez (23). Le gouvernement présente une nouvelle loi pour la mémoire historique qui annule les sentences judiciaires franquistes, des juristes et journalistes censurent cette loi car elle pénalise l'exaltation du franquisme considéré comme faisant partie de la liberté d'expression (24). Brûler la photo du roi est un délit pour insulte à sa personne et non pas une liberté d'expression; Rectifié par le tribunal européen des droits humains (25). Mentir et inciter à la haine, si c'est un homme politique de droite comme Vox, pas de problème. Il peut diffamer sans problème des femmes fusillées par Franco pour leur appartenance à la gauche, las 13 rosas, disant qu'elles l'avaient été pour avoir <<torturé, violé et assassiné>> (26) ce qui est un mensonge flagrant. On pourrait ainsi remplir des pages tellement il existe de sentences fortement teintées de partidisme. Les juges des tribunaux suprêmes se sentent désormais entièrement libres et très indépendants même des instances internationales. le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire demande la libération des prisonniers politiques catalans (29). Amnistie internationale fait de même (30), l'Espagne estime qu'on l'insulte ou ignore l'avis. La cour européenne des droits de l'homme annule le procès de Mr. Ortegi pour un jugement non impartial et pour lequel il a déjà purgé la totalité de sa peine soit 6 ans et demi en prison ? le tribunal suprême veut refaire le procès (31) en oubliant un détail << Strasbourg dénonce que la justice espagnole a violé l’article 6.1 de la Convention Européenne : "Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi...", est-il annoncé au début de l’article. Le verdict établit que lorsque l’article cité n’est pas respecté, "la forme plus adéquate de réparation serait, en principe, un nouveau procès ou la réouverture du cas, sur demande de la personne intéressée".>>. Alors que c'est au condamné de demander la réouverture du procès, Mr. Ortegi n'a rien fait mais le Tribunal Suprême et Mr. Casado du PP oui (32) pour bien montrer que les tribunaux espagnols sont au dessus de tout. Pour ceux qui ont la chance de connaître la langue de Cervantes, je leur conseille de voir la vidéo de Mr. Martin Pallin, magistrat émérite du tribunal suprême "le gouvernement des toges" (27) ainsi que de son interview (28).

L'avenir de l'Espagne est bien noir, non seulement dû à la pandémie du Covid19 mais d'une droite qui risque de la faire revenir à des temps que l'on croyait révolus. Pour l'instant, toutes les enquêtes d'opinion montrent que le block de gauche (PSOE, Podemos, CDR, Bildu reste majoritaire. Les partis de droite ne font que de se "voler" les voix les uns les autres. Le PP augment un peu, Vox un peu plus au détriment de Ciudadanos qui voit ses adhérents fondre comme neige au soleil. Le PSOE avec Podemos ont une voie étroite pour éviter ce glissement progressif vers un régime autoritaire si la droite revient au pouvoir et c'est celui de réformer en urgence le pouvoir judiciaire, l'armée et la police afin d'atténuer l'influence du franquisme et pour qu'ils deviennent enfin démocratiques.
Un peu d'humour pour terminer : Suivant des informations révélées par la garde civile, la Russie avait accepté d'envoyer un contingent de 10000 soldats russes à Barcelone pour appuyer l'indépendance de la Catalogne. Si, si, c'est vrai et puisque c'est la garde civile qui le dit et jamais elle ne rapporte de mensonges et n'écrit de faux rapports, c'est donc une vérité au dessus de tout soupçon (33).

Nota : les N° entre parenthèse indiquent les documents en référence en bas de ce texte. Désolé que la majorité des textes soient en castillan. Les textes en français sont en caractères gras.

DOCUMENTATION

  (1) Real academia de la historia : biographie de Franco (castillan)

(1) Espagne franquiste (français)

(2) Ricos y poderosos por la gracia de Franco y la bendición de la democracia (castillan)

(2) Cuadros, libros, alfombras o pilas bautismales: las 697 joyas que los Franco querían expoliar del Pazo de Meirás (castillan)

(3) Constitution espagnole de 1978 (français)

(4) Phalange historia (castillan)

(5) Los origenes del partido popular (PP) (castillan)

(6) Vox (parti politique) (français)

(7) Recordando a las cabeceras del "NO-DO" (sans paroles)

(8) Así era la educación durante la dictadura franquista (castillan)

(9) Fondacion Francisco Franco (castillan)

(9) Fondation nationale Francisco Franco (français)

(10) Un ejército tan democrático que mantenía cuadros de Franco en 2006 (castillan)

(11) El chat de 'La XIX del Aire': mensajes de altos mandos del Ejército retirados que sueñan con fusilamientos y golpes de Estado (castillan)

(11) "En el chat se habló de un pronunciamiento": un miembro del grupo de militares revela conversaciones (castillan)

(12) Soldados hacen el saludo nazi mientras cantan una canción de la División Azul en un cuartel del Ejército (castillan)          Pour mémoire, la "division azul" était une division de "volontaires" espagnols qui combattirent en Russie à coté de l'armée allemande durant la deuxième guerre mondiale. Elle est régulièrement montrée en exemple dans l'armée espagnole.

(13) Un exmilitar del xat amb missatges colpistes: "Va sortir Vox i va començar l'odi" (castillan à partir de 13s)

(14) Las subvenciones del PP a la Fundación Francisco Franco. (castellano)

(15) Cuando el emérito apoyaba la dictadura franquista frente a las campañas "antiespañolas" (castillan)

(16) El diputado de Vox que se reconoce "heredero del franquismo" e inquieta a Espinosa de los Monteros (castillan)

(17) El líder de VOX en estado puro: sus peores frases (castillan)

(18) Denuncian por apología y delito de odio a los "grupos nazis" del acto de Vox en Barcelona (castellano)

(19) Pablo Casado recupera a ETA para el discurso del PP y la hemeroteca ridiculiza su planteamiento (castellano)

(20) Cosidó presume ante el PP de colocar a un presidente del Supremo que controlará "desde atrás" la sala del procés (castillan)

(21) El CGPJ caducado nombra tres nuevos magistrados de la sala penal sin unanimidad (castillan)

(22) Casado exige a Sánchez que pida perdón por su "incompetencia" y Abascal insiste: "Convoque ya elecciones" (castillan)

(23) Marchena pide a los tribunales de Madrid que investiguen la gestión de Sánchez (castillan)

(24) El Gobierno presenta la nueva ley de memoria histórica que hace responsable al Estado de la exhumación de fosas y anula sentencias franquistas (castillan)

(24) Juristas y periodistas censuran la nueva Ley de Memoria Histórica por penalizar la exaltación de franquismo (castillan)

(25) Estrasburgo dice que quemar fotos del Rey es libertad de expresión (castillan)

(26) Por qué fusilaron a las "Trece rosas" (castillan)

(26) El Supremo archiva la querella contra Ortega-Smith de las Trece Rosas (castillan)

(27) "El gobierno de las togas", José Antonio Martin Pallín (castillan)

(28) Martín Pallín: "En el Tribunal Supremo hay jueces activistas" (castillan)

(29) Les Nations Unies demandent la libération immédiate des prisonniers politiques catalans (français)

(30) Amnesty international (français)

(31) El Tribunal Supremo ordena repetir el juicio contra Arnaldo Otegi por el 'caso Bateragune' (castillan)

(32) Casado pide a Sánchez que "rompa" con Otegi: "Será juzgado por terrorismo, no es un hombre de paz" (castillan)

(33) Los 10.000 soldados rusos de la operación Volhov llegan al Parlamento Europeo (castillan)

 

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