RACISMES


 

                                                                       RACISMES…

 

 

          La  France, c’est la nation héritière du Siècle des Lumières. L’initiatrice de la Déclaration des Droits de l’Homme. La génitrice de la Commune. Celle du Comité National de la Résistance, qui nous a tant légué en matière sociale.

          La France, c’est le pays qui a inscrit au fronton de ses mairies la devise républicaine par excellence : Liberté, Egalité, Fraternité.         

          Mais, aujourd’hui, la France, c’est aussi le pays des  réactionnaires de tous bords, assoiffés de revanche, de ceux qui utilisent une sémantique nauséabonde, aux relents racistes et xénophobes.

          Le terrain des idées nobles a été abandonné par les porteurs des idées républicaines. Des débats médiocres sont animés par des journalistes qui n’obéissent plus qu’aux diktats des propriétaires de chaînes de télévision, uniquement préoccupés par leurs profits. Le cerveau des citoyens est squatté par des médias qui transmettent un nihilisme continu. L’intoxication est reprise en boucle, sans l’analyse que recommande la déontologie, par les chaines d’infos en continu qui sont, aujourd’hui, les nouveaux hypnotiseurs des peuples. Les journalistes de ces médias se posent-ils encore la question de l’éthique et de la déontologie ?  La France est ainsi devenu le terrain où s’épanouissent tous les antirépublicains, les bateleurs, les bonimenteurs grimés en sauveurs de la nation. Cette nation dont ils essaient de saper les fondamentaux sociaux par leur démagogie. Sarkozy est de retour. Le Front National n’a pas besoin de faire campagne : il est déjà aux portes de l’Elysée !

           Depuis quelque temps déjà, journalistes et politologues, assidus des plateaux de télévision, affirment, sans pédagogie ni discernement, que le Front National de Marine Le Pen est devenu un parti comme les autres.

          C’est faux ! Le Front national n’a pas changé. C’est un parti xénophobe, briseur de cohésion nationale. Il surfe sur les angoisses d’une société étranglée par la crise et infiltre, peu à peu, ces idées d’exclusion dans le cerveau des populations françaises et européennes.

 

  • En France :

Christian Estrosi, un proche de Nicolas Sarkozy, maire de Nice, stigmatise les gens du voyage en ces termes : « j’en ai maté d’autres et je vous materai… La première chose que je ferai, c’est de mettre des caméras pour surveiller vos faits et gestes… » Il va même jusqu’à proposer un guide à ses collègues pour appliquer ses méthodes. Ces propos fétides ont des relents d’un appel au pogrom. On n’a entendu aucun responsable de l’U.M.P. s’offusquer et demander son exclusion.

Gilles Bourdouleix, maire de Cholet, s’est plongé dans les miasmes de l’ignominie et du racisme. Depuis le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy,  régulièrement rappelé par l’aile extrême-droitière de l’U.M.P. « décomplexée », comme le serine Jean-François Copé, toutes les éructations racistes sont permises. Ce n’est pas un dérapage. L’homme est connu pour ses excès de langage discriminants. Qu’ose-t-il dire, ce brave maire bien français ? « Comme quoi, Hitler n’en a peut-être pas tué assez.. » ( de Tsiganes)

          L’auteur de ces propos puants et insupportables qui salissent la France devrait être cloué au pilori. Car c’est la mémoire de toutes les victimes de la barbarie nazie que ce maire, indigne de la République, insulte de cette façon. L’U.D.I.,  le parti dont il est l’élu, n’a réagi que  mollement. Jean-Louis Borloo, son président, aurait dû faire une déclaration solennelle et l’exclure immédiatement. Le silence de Rama Yade, sa vice-présidente, est tout aussi inquiétant.  

          Chaque jour, les médias, soumis au mercantilisme triomphant, nous annoncent, tels les trompettes de Jéricho, la conquête du pouvoir par le Front National. La France est-elle devenue une cité de la peur ? Pourquoi les porteurs d’idées de progrès et de fraternité ne sont-ils quasiment plus invités à débattre sur les plateaux de télévisions et dans les studios de radios ?  Seuls, les passeurs des plats de la doxa ultralibérale viennent hypnotiser les citoyens. Quel est ce mal  qui gangrène le tissu social français ? Pourquoi le pays de Victor Hugo va-t-il si mal ? Que les Républicains, héritiers du Siècle des Lumières sortent du bois ! Qu’ils reprennent leurs plumes et les brandissent, telles des glaives de justiciers ! Qu’ils s’emparent des micros et des caméras pour les mettre au service du peuple ! Et que cesse, enfin, cette indécente propagande antirépublicaine !

 

  • En Italie :

Roberto Calderoli, sénateur de la Ligue du Nord, bave des insanités insupportables à propos de la première ministre noire du gouvernement italien, originaire du Congo : « Cécile Kyenge fait bien d’être ministre, mais peut-être devrait-elle l’être dans son pays (…) Je me console, quand je surfe sur Internet et que je vois les photos du gouvernement. J’aime les animaux, mais quand je vois les images de Keyenge, je ne peux m’empêcher de penser à un orang- outan, même si je ne dis pas qu’elle en est… »

          Il est vrai que, depuis l’intrusion des européens sur le continent noir, les blancs ont toujours assimilé les « nègres » aux « singes ». Il était courant d’entendre des colons éructer des « sales macaques ! » quand ils admonestaient leurs subordonnés noirs. Il faudra peut-être qu’un jour, les attardés mentaux, tel ce sénateur italien, sache, qu’en insultant la « Noire », il s’insulte lui-même, puisqu’il descend  du singe et du noir.

          L’Italie n’en fini pas d’être hantée par les démons grimaçants de son passé. Après Mussolini et son fascisme, après Berlusconi, ses « Bunga-Bunga » et ses comportements mafieux, la société italienne semble véritablement prisonnière d’idéologies xénophobes.

          

          Le racisme et le rejet de l’autre sont en train de se répandre un peu partout en Europe. La diffusion de ces idées pernicieuses devrait alerter les « chiens de garde » de la République, de la Liberté et de la Démocratie.  Face à ces comportements insupportables qui nous rappellent les années trente, il faut réagir avec force et détermination.  On souhaiterait que l’Union européenne - la France en tête - hausse le ton et condamne sans réserve cette dérive perverse qui menace les nations européennes.

 

           Il faudra aussi que l’Union africaine apprenne à défendre la dignité des femmes et des hommes qui vivent sur son territoire. De nombreux Italiens font des profits en Afrique sans se faire traiter de « ritals »…

          On vient d’introniser en grande pompe le nouveau roi des Belges, mais aucun historien, aucun journaliste n’a cru bon de rappeler les atrocités commises par le roi Léopold II au Congo en 1890 : amputation des mains des récolteurs de caoutchouc et autres mutilations tout aussi atroces quand le rendement n’était pas suffisant…

          Aujourd’hui, l’Afrique se redresse et tout le monde s’y précipite ! Claude Guéant, un ancien très proche de Sarkozy, ainsi que son gendre, se rendent en Centrafrique pour « affaires ». Jean-François Copé, président par intérim de l’U.M.P., rejoint Brazzaville, ancienne capitale de la France Libre, pour une conférence grassement  rétribuée. Et, pourtant, il n’y a pas si longtemps, leur chef, Nicolas Sarkozy et son scribe, Henri Gaino, n’ont-ils pas insulté les Africains ? Souvenez-vous : «  L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… »

         

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A.DE KITIKI

(30 juillet 2013)

 

 

            

 

          

 

 

 

 

 

 

 

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