Chasse Aux 'Négres' EN GRECE

 

CHASSE  AUX «NÈGRES» EN GRÈCE

 

 

          La photo est terrible, insupportable : le dos, lacéré au cutter ou au couteau, d’un Noir que les nazillons grecs du parti de l’Aube Dorée ont supplicié. Socrate, Platon et Sénèque, les pères de la Démocratie, doivent se retourner dans leur tombe. C’est l’agence Reuters  qui a obtenu le témoignage de la victime, un Soudanais, photo à l’appui. Un autre Africain, un Egyptien, a été torturé par quatre nervis nazis, chaîne au cou, comme un chien, dans l’Ile de Salamine…

         Les médias français se sont-ils émus de cette abomination ? Un seul - Paris Match - a repris le reportage de Reuters. On aurait pu croire que l’Europe, qui donne des leçons de démocratie, de tolérance et d’humanisme au monde entier, ne se laisserait plus hanter par les résidus infects du nazisme. Mais, devant cette horreur, l’Union européenne reste silencieuse. Elle, si prompte à condamner la France à propos des Roms, se tait, dans un silence assourdissant. Deux poids, deux mesures ? On n’ose y croire. Mais, après tout, il ne s’agit que de « Nègres »…

          Depuis longtemps, trop longtemps, certains pays européens, incapables de résoudre les problèmes de la crise, ont entrepris une politique populiste, en désignant à la vindicte populaire tout ce qui n’est pas blanc. Hitler avait utilisé la même méthode d’intoxication. On sait à quoi elle a abouti…

          Le silence du gouvernement grec, l’absence de condamnation vigoureuse des autres Etats européens, le quasi-mutisme des médias européens, sont insupportables. En France, pays des droits de l’homme et de S.OS Racisme, ce manque de réaction est intolérable. Entre l’exhibitionnisme politiquement indécent de l’U.M.P., les «pains au chocolat» et le «racisme anti-blanc» de Jean-François Copé, la presse française n’a que l’embarras du choix : l’insignifiant ou la complicité par le silence. Comment ne pas stigmatiser ce comportement déshonorant ?

          Quant aux Etats africains, leur silence équivaut à une non-assistance à leurs citoyens en danger à l’étranger et, disons-le, à de la lâcheté. Comment expliquer l’absence de protestation vigoureuse de l’Union Africaine ? Pourquoi n’applique-t-elle pas le même traitement aux immigrés blancs qui vivent sur son territoire, de  plus en plus nombreux d’ailleurs à cause de la crise ? Pour l’instant, ils y résident en paix, on ne les lynche pas.

          Mais il faut que l’Afrique se réveille et dise non au traitement réservé à ses ressortissants en Europe. Aujourd’hui, elle a les moyens de faire entendre la voix du Continent noir. Avec fermeté.

        « On peut toujours déverser des tas d’immondices sur l’étage inférieur : le Peuple ». (Michel Serres)

                                                                                                                     A .DE KITIKI

(8 décembre 2012)

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