procés Zemmour

 

LIBERTE D’EXPRESSION

 

 

 

 

La liberté d’expression est un droit fondamental de notre société. C’est aussi une des libertés fondamentales de l’Etre humain. Elle s’inscrit dans la tradition laïque, républicaine et démocratique. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Dans les médias complaisants qui lui assurent une tribune, Eric Zemmour a toujours distillé le fiel de la distinction des races : « J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire… lance-t-il R. Diallo, présidente (à peau noire) d’une association …( Paris-Berlin, 13 novembre 2008, Arte.)

« Je suis pour la discrimination, la discrimination, c’est la vie… (Hebdo, 6 mars 2010, France O) » ou encore : « Les délinquants sont souvent noirs ou arabes…(Salut les Terriens, 6 mars 2010, Canal +) ».

 

C’est en 1894, qu’un pamphlétaire du nom de Gaston Mery fut la première personne connue à avoir utilisé le mot « raciste ». Hitler, plus tard, théorisa et promut le mythe de la race aryenne, ce qui aboutit au génocide des Juifs.

La répression de l’insultepublique et de la diffamation, la lutte contre les discriminations raciales et le négationnisme sont inscrites dans la Constitution. « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui…( Déclaration des Droits de l’Homme, 1789). »

 

Les propos racistes de Zemmour tombent donc sous le coup de la loi. C’est une stigmatisation, et une menace de la cohésion de la nation. Qu’aurait-on dit, si à la place de Noirs et Arabes, on avait déclaré, par exemple : « Tous les blancs sont racistes et truands à col blanc…Tous les banquiers sont des voleurs… » On aurait immédiatement hurlé au racisme anti-blanc.

Or que voyons-nous ? La montée de la cohorte de l’intelligentsia, pas toute certes, l’indignation de ceux qui se prennent pour les directeurs de conscience des citoyens, pour tenter, au nom de la Liberté d’expression, de justifier et de défendre l’indéfendable, les éructations de M. Zemmour.

 

Un Magistrat, Avocat général de la République, et une ancienne Ministre sont montés au créneau pour le soutenir et asséner avec des arguments fallacieux, que la Liberté d’expression était menacée. C’est de la démagogie et une injure à une partie de la composante de la Nation

 

En matière de cohésion sociale, une cohésion fragilisée par ces temps difficiles qui bousculent la Nation, chaque mot, chaque regard, chaque comportement doivent être pesés et soupesés avant d’être lancés dans les médias.

 

Burqua, Islam, catholicisme, et autres théories identitaires rampantes, menacent déjà sérieusement la solidité de la Nation et le ciment de notre vivre ensemble. Ce n’est donc pas le moment de faire joujou avec les fondements de notre République. La vigilance intellectuelle doit devenir la préoccupation de tous.

 

« La haine qui vient de rien, se retourne contre son auteur »

Proverbe Agni/ Cote d’Ivoire

 

A de Kitiki

 

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