CENTRAFRIQUE: DES ARMES RUSSES POUR NUETRALISER LES REBELLES EN CENTRAFRIQUE

Tandis que que les rebelles se fournissent en armes via le Tchad et le Soudan, le Gouvernement centrafricain subit de plein fouet un embargo sur les armes à destination de la Centrafrique. Un gouvernement sans armée, digne de ce nom et bien équipée qui ne peut empêcher les massacres et les violences des rebelles. Et protéger les populations. L'arrivée de l'armement russe est une bonne nouvelle.

                                                                                  CENTRAFRIQUE :

                                            DES ARMES RUSSES POUR NEUTRALISER LES REBELLES

 

CES ARMES NE DOIVENT PAS TOMBER AUX MAINS DES EX-SELEKAS

          La bonne nouvelle surgissant de Moscou, qui donne tant d’espoir aux Centrafricains, ne doit pas laisser place à la déception. Pour réceptionner et gérer l’armement russe, il faudra une structure vigilante, chargée de barrer la route à toute tentative de vol et de trafic.

          Car les ennemis de la République Centrafricaine sont toujours là, décidés à entraver une sortie de crise. Cette levée partielle d’embargo n’arrange pas leurs sinistres desseins.

          Les ex-Sélékas et leurs mentors nationaux ou étrangers voient leurs plans de prédation menacés et, peut-être, la fin de leur règne. Des rumeurs persistantes nous apprennent que des renforts en hommes et en armements sont en train d’arriver en Centrafrique, en provenance du Tchad et du Soudan, pour les soutenir. Il faudra, coûte que coûte, capturer tous ces criminels de guerre et les livrer à la justice.   

          Les ex-Sélékas auront désormais à affronter une force nationale centrafricaine, affûtée et fortement armée, servie par une nouvelle génération de soldats, patriotes et citoyens.

          Il faut espérer, en effet, que ces nouveaux membres des FACAS refuseront d’être utilisés comme légion prétorienne d’un président, d’un clan ou d’une ethnie comme dans le passé. Ils ne devront pas oublier que leur mission sera de se mettre au service de leur patrie et de leurs concitoyens.

          Dès lors, avec de nouvelles forces et un nouvel armement, le président de la République aura les moyens de répliquer aux séditieux. Il devra changer de paradigme, en commençant par se débarrasser des membres sélékistes qui ont infiltré la Présidence et le pouvoir exécutif. Ces rebelles nommés au gouvernement constituent une véritable tête de pont pour un retour des ex-Sélékas au pouvoir. Ce sont, de fait, des agents de renseignement qui informent, de l’intérieur, leur organisation terroriste. Nul doute qu’ils tenteront, avec des complices au sein de l’armée, de voler des armes, comme ils l’ont fait au Camp de Roux, pour les livrer à leur organisation de rébellion.

            Nommer des rebelles à la Présidence et au gouvernement pour espérer faciliter la paix était bien naïf : les ex-Sélékas ont toujours obstinément refusé la main tendue du président Touadera pour des négociations de paix (SIRIRI) dans le cadre du DDDR.

          Le seul moyen de mettre fin aux souffrances des Centrafricains, ce sera d’affronter les rebelles les armes à la main et de les vaincre.

 

QUELLES  CONDITIONS ONT  PERMIS  LA LEVÉE PARTIELLE DE L’EMBARGO  PAR  LES  RUSSES ?

          Il ne faut pas se leurrer : derrière la générosité russe, il y a aussi de la diplomatie et des intérêts économiques. Tout comme en Syrie où les Russes sont intervenus pour garantir, en premier lieu, leur accès au port de Lattaquié. Pourquoi s’intéresser à la Centrafrique ? Autant que la France et les autres puissances occidentales, la Russie lorgne sur l’extraordinaire richesse du pays en matières premières.

          Mais il faut rappeler que déjà, au cours des années 60, les Russes avaient offert des bourses à des étudiants centrafricains pour qu’ils viennent se former à Moscou dans diverses spécialités. L’ex-président Michel Djotodia, ancien chef des Sélékas, a lui-même été formé dans la capitale de la Russie, dont il parle la langue.    

          Il faudra donc que le président Touadera se montre patriote et habile. Il devra veiller aux intérêts des Centrafricains. Les Russes ne viennent pas seulement en bons Samaritains. Ils sont là, non seulement pour tirer profit des matières premières, mais aussi pour faire des affaires et bénéficier de la position stratégique de la RCA au centre de l’Afrique.

          La Centrafrique dispose, en effet, d’atouts économiques et stratégiques qui peuvent sans nul doute assurer son développement. Il appartient donc aux dirigeants de protéger et de bien gérer ces potentiels dans l’intérêt des Centrafricains et du pays. Les autorités doivent vêtir les habits d’une nouvelle diplomatie, qui place la Centrafrique sur un pied d’égalité avec les autres États pour les échanges à venir.

          La vieille amitié russo-centrafricaine est en train d’être réactivée par le soutien militaire. Aider la République Centrafricaine à recouvrer sa souveraineté pleine et entière doit se faire dans un cadre de respect mutuel et non de soumission. Bon vent à cette amitié !

         On peut aussi se poser la question de la Chine : pourquoi, puisqu’elle s’intéresse tant aux matières premières centrafricaines et qu’elle a, avec la RCA, des liens d’amitiés tissés de longue date, ne fournirait-elle pas elle aussi des armes aux Forces Centrafricaines ?

 

DERNIÈRES NOUVELLES

          On apprend, avec autant de satisfaction que de stupéfaction, que la France va, elle aussi, demander la levée de l’embargo…pour pouvoir vendre des armes à la RCA !

          La France ne faisait-elle pas partie des puissances qui ont instauré et maintenu avec fermeté l’embargo à destination de la République Centrafricaine ?

          Si ce changement de cap se confirme, ce sera encore une bonne nouvelle pour les Centrafricains. Une mauvaise pour les séditieux.

          A suivre...

                                                                                                                     JOSEPH AKOUISSONNE

                                                                                                                               (17 décembre 2017)

 

 

 

 

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