Mediapart et « Le Crieur » au festival d’Avignon

En partenariat avec les « Ateliers de la pensée » du festival d’Avignon, dans le cadre du Cloître Saint-Louis, Mediapart et la Revue du crieur organisent à partir du 12 juillet huit rencontres, tous les jours à 10 h 30, du lundi au jeudi. Entrée libre et gratuite.

La réinstallation d’un couvre-feu en France nous a obligés collectivement à reposer la question des liens que nous entretenions avec la nuit : son monde, sa noirceur, sa durée, ses usages, ses formes, ses représentations… Dans une époque où la nuit semble s’effacer sous les coups de boutoir d’un monde marchand fonctionnant 24 h/24, que reste-t-il de ce qui ne se déploie que dans l’épaisseur d’une obscurité fragilisée économiquement, politiquement et intimement ? 

• Lundi 12 juillet. Peindre la nuit (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

Source d’inspiration majeure de l’histoire de l’art, comment représente-t-on la nuit en peinture ? La nuit n’est pas reproduite, elle est traduite sur une toile, voire recréée. Et ne se laisse pas, de même que le ciel étoilé, capter d’un seul coup d’œil. Parcours en images dans les perceptions du nocturne, que l’on peigne la nuit ou bien de nuit.

Avec Jean-Marie Gallais, responsable de la programmation du Centre Pompidou-Metz et commissaire de l’exposition « Peindre la nuit », et Hélène Valance, maître de conférences à l’université de Franche-Comté et auteure de Nuits américaines. L’art du nocturne aux États-Unis.

• Mardi 13 juillet. La dernière nuit du monde (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

Déjà dans L’Épopée de Gilgamesh, le héros mésopotamien voulait tenter de s’affranchir du cycle du sommeil : tenir éveillé plus de six jours pour devenir immortel. Des siècles plus tard, sommes-nous sur le point de réussir là où il avait échoué ? Et si oui, que serons-nous dorénavant ? Une humanité à la fois éternelle et fatiguée ?

Avec Fabrice Murgia, metteur en scène, et Laurent Gaudé, écrivain, qui créent à Avignon La Dernière Nuit du monde.

• Mercredi 14 juillet. Les politiques de la nuit (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

Le couvre-feu constitue-t-il l’estocade finale à l’exception noctambule, où l’on pourrait vivre sans témoin ni surveillance, en laissant place à l’imprévisible ? Est-il le dernier avatar de la relation de défiance que les pouvoirs entretiennent le plus souvent avec la nuit ? Et comment vivre ce moment mystérieux, tantôt ténébreux, tantôt étoilé ?

Avec Michaël Foessel, philosophe, auteur de La nuit : vivre sans témoin (Autrement).

• Jeudi 15 juillet. Le sommeil en miettes (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

L’injonction à une vie possible 24 h/24, pour suivre le chercheur Jonathan Crary, ainsi que la forte extension du travail de nuit ces dernières années menacent-ils notre sommeil ? Et quelles sont, sur ce sujet, les avancées de la science et de la médecine permettant de mieux comprendre ce que disent nos rêves, nos cauchemars et nos insomnies ?

Avec Isabelle Arnulf, cheffe de service au service des pathologies du sommeil de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

• Lundi 19 juillet. La fin de l’obscurité ? (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

L’astronomie est-elle en train de devenir une pratique obsolète ? Les lumières de la ville fragilisent-elles le monde du vivant ? Comment lutter contre la pollution lumineuse ? Et faut-il alors réclamer un « droit à la nuit » ? La géographie et la sociologie de l’obscurité émergent en même temps que des mouvements citoyens.

Avec Samuel Challéat, géographe, auteur de Sauver la nuit. Comment l’obscurité disparaît, ce que sa disparition fait au vivant, et comment la reconquérir (Premier parallèle).

• Mardi 20 juillet. Les nuits blanches (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

Plus encore que les autres secteurs, le monde de la nuit a été mis à l’arrêt pendant plus d’un an, certains artistes découvrant qu’ils relevaient du ministère de l’intérieur et non de celui de la culture… Comment ce moment a-t-il été vécu par celles et ceux qui en ont fait leur métier ? Cela a-t-il changé leur rapport à la nuit et à la fête ?

Avec Chloé Thévenin, DJ et compositrice.

• Mercredi 21 juillet. Une histoire de la nuit est-elle possible ? (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

Comment faire l’histoire d’un objet à la fois paradoxal et fuyant, appartenant autant à l’histoire des mentalités et des sensibilités qu’à l’histoire sociale, qui constitue à la fois un objet perçu et construit par les hommes ? Avec une documentation vaste, disparate et fragmentaire, quels points relier pour tracer le récit de la « nocturnité » ?

Avec Alain Cabantous, historien, auteur de Histoire de la nuit (XVIIe-XVIIIe siècles) et Une histoire de la nuit est-elle possible ?.

• Jeudi 22 juillet. Travailleurs et savoirs de la nuit (10 h 30-12 h, Cloître Saint-Louis)

C’est la face cachée de la profession, celle qui, depuis la nuit des temps, a perdu une partie de son sens faute, le plus souvent, d’être reconnue et défendue comme valeur en soi par ses membres. Pourtant, à l’hôpital, mais aussi dans tous ces métiers qui s’exercent de nuit, le rapport au monde et au travail n’est pas le même que de jour.

Avec Anne Perrault-Soliveres, infirmière et chercheuse, auteur de Infirmières, le savoir de la nuit (PUF).

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