Le Crieur vous invite ce soir à la Gaité Lyrique

A l'occasion de la parution du N°8 de la Revue du Crieur, en librairies et Relay le 19 octobre, vous invite à rencontrer les auteurs à la Gaité lyrique le 25 octobre à 19h. Au menu : les droites dures à l'assaut de l'écologie, les rêves ensablés du Maréchal Sissi ou les dessous du design sonore. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Cent après celle d’Octobre, le terme de Révolution est mis à toutes les sauces, politiques comme éditoriales. Le banquier « rock’n roll » et propriétaire de médias Matthieu Pigasse la déclinait au pluriel dans son livre Révolutions. L’actuel locataire de l’Elysée en avait fait, au singulier, le titre de son texte programmatique, Révolution, avant de se convertir à l’éloge du Roi-Soleil. Et Bernie Sanders y avait accolé un pronom, intitulant son best-seller Notre Révolution.

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Au-delà des récupérations d’une référence historique chargée, la configuration actuelle n’est plus celle du Bicentenaire, lorsque l’antimarxisme triomphant pouvait affirmer, comme François Furet, que « l ’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser. » Situation paradoxale, toutefois, que la nôtre : les propositions alternatives abondent, mais le système capitaliste a montré, dix ans après la déflagration de 2008, à la fois sa résilience et son impunité, puisque les inégalités et les prédations sur la nature n’ont fait que s’accentuer.

L’échec du socialisme réel, comme du capitalisme concret, impliquent bien une révolution, faite d’une redistribution massive, non seulement de pouvoir d’achat, mais de puissance de vivre. Et les pro- jets politiques doivent donc être jugés à l’aune de leur degré de rupture, comme les échecs ou semi- échecs d’expériences de gauches parvenus au pouvoir en témoignent a contrario. Le Brésil de Lula n’a pas su rompre avec la corruption endémique. Le Venezuela, l’Equateur et la Bolivie n’ont coupé les ponts ni avec une économie rentière et extracti- viste, ni avec une conception autoritaire du pouvoir. La Grèce de Syriza n’avait pas de plan B face aux institutions européennes.

L’exigence d’un changement profond et urgent demeure donc. Et il n’est d’ailleurs pas fortuit que les quatre candidats arrivés dans un mouchoir de poche lors de la dernière élection présidentielle aient tous affiché leur volonté « révolutionnaire » : révolution nationale pour Le Pen, révolution conservatrice pour Fillon, révolution citoyenne pour Mélenchon, révolution libérale pour Macron.

Face à cette dernière, le leader de la France Insoumise exige « du combat, pas de blabla ». Mais si l’on veut s’opposer aux politiques régressives et répressives et imaginer une transformation radicale qui ne soit pas seulement un barrage de mots, ni le retour aux vieilles lunes ou à des petits matins toujours différés, il faudra aussi élargir les espaces laissés entre le César 3.0, Emmanuel Macron, et le Tribun tout-terrain Jean-Luc Mélenchon.

Cela suppose d’articuler actions et discussions, tant sont importants les différends stratégiques, les débats théoriques, les clivages idéologiques et les nœuds politiques que les gauches doivent trancher si elles ne veulent pas se résigner à attendre un «sauveur suprême » ou un malheur extrême. Autant de sujets qui seront débattus lors de la journée organisée par la Revue du Crieur, au carrefour des gauches, le 2 décembre prochain .

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