Joseph Confavreux
Journaliste à Mediapart

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Billet de blog 19 oct. 2016

Une autre fin du monde est possible

Le numéro 5 de la Revue du Crieur sort jeudi 20 octobre et vous propose des enquêtes sur le Pape François, le pape de l'écologie Pierre Rabhi, les petits secrets du droit d'auteur, les désarrois dissimulés des capitalistes, les "collapsologues", la nouvelle droite américaine, la Rumba congolaise ou encore la mystérieuse disparition de la poésie française. A vos librairies !

Joseph Confavreux
Journaliste à Mediapart

« Une autre fin du monde est possible », affirmait un graffiti sur les murs de la fac de Nanterre lors des mouvements contre « la loi travail et son monde », en référence au slogan altermondialiste de la fin des années 1990,« un autre monde est possible ».

Un écho lointain, filtré par l’essor de la thématique de la catastrophe écologique, de l’effondrement social, de la déréliction politique, comme si le théoricien Fredric Jameson avait raison de juger qu’il était désormais « plus facile de penser la fin du monde que celle du capitalisme ». Dans un monde où la peur de l’effondrement se substitue au culte du progrès, la phrase aussi célèbre qu’éculée du philosophe italien Antonio Gramsci demeure donc pertinente : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

Issue de ses Cahiers de prison, la formule date d’il y a presque un siècle, mais paraît décrire l’année écoulée depuis le meurtrier 13 novembre 2015. Face aux sanguinaires loups djihadistes ont en effet surgi des apprentis sorciers identitaires, des vieux démons sur le retour, des Frankenstein politiques dangereux, des zombies idéologiques ineptes… Ces créatures inquiétantes se recrutent parmi les magnats américains de l’immobilier appelant à construire de nouveaux murs, ou au sein d’une droite de plus en plus décomplexée et convaincue, tel Robert Ménard, qu’être « français, c’est être européen, blanc et catholique ».

Mais on en trouve aussi au sein d’une vieille gauche intellectuelle en faillite. À l’instar de Jacques Julliard, celle-ci désigne ceux qui pensent que le port du « burkini » relève d’une liberté individuelle fondamentale – ainsi que le Conseil d’État l’a rappelé – comme les membres d’un « parti collabo ». D’ordinaire confondu« avec la réaction »,ce parti serait désormais « d’extrême gauche ». Le Conseil d’État décrit en « Comité invisible » se reconnaîtra sûrement…

Face à ces tremblements issus des fonds caverneux de notre modernité, le numéro 5 de la Revue du crieur s’efforce de penser les effondrements intellectuels, écologiques, économiques ou politiques qui nous menacent, pour mieux résister.

Plus de détails sur le site de la Revue du Crieur, avec le sommaire complet de ce n°5

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