Le nouveau Crieur dans la bataille des idées

Le sixième numéro de la Revue du Crieur sort ce jeudi 23 février et vous propose des enquêtes sur les croisades de Caroline Fourest, le business pédagogique de Céline Alvarez, les spectres de Charles Maurras, la culture made in Bolloré en Afrique, les gâchis de l’Opéra de Paris, le grand bazar de Boris Cyrulnik, ou encore la gauche qui manque. A vos librairies !

En décembre 1901, au début de l’aventure des Cahiers de la Quinzaine, Charles Péguy s’adressa une mise en garde. Elle s’intitule De la raison et vaut pour nous aussi. Lui-même journaliste de « quinzomadaire », disputant les idées et documentant les faits, il mettait en garde contre ces journalistes qui « veulent cumuler tous les privilèges de l’autorité avec tous les droits de la liberté ». Or, argumentait-il, « le véritable libertaire sait apercevoir l’autorité partout où elle sévit; et nulle part elle n’est aussi dangereuse que là où elle revêt les aspects de la liberté ». Visant, à l’orée du siècle précédent, l’irruption de la presse de masse et, corollairement, d’un journalisme saisi par la marchandise, cette alarme vaut encore plus dans nos temps universellement communicants.

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Quand elle ne s’autorise que d’elle-même et de sa popularité, quand elle entraîne ses lecteurs «par la véhémence, l’audace, l’ascendant, moyens militaires, par le talent, moyen vulgaire, par le mensonge, moyen politique », la médiatisation devient « une forme de gouvernement, et non des moins dangereuses ». Aussi est-il non seulement légitime mais nécessaire de lui opposer les armes de la critique, cet examen argumenté par la raison qui, elle, « ne se fait pas de clientèle ». Bref, quand un éditorialiste, un essayiste, un publiciste, ces figures les plus banales de la notoriété médiatique, disposent d’un magistère comparable à une «circonscription lectorale» et portent «des coups redoutables », ils ne peuvent pas « venir pleurnicher » – Péguy toujours – dès qu’on entend leur rendre les coups qu’ils donnent.

S’exposant lui-même à la critique, le journalisme d’enquête sur la culture et les idées qu’entend défendre la Revue du Crieur s’inscrit dans cette tradition. C’est la raison pour laquelle chacun de ses numéros s’attache à « faire des personnalités ». La formule est également de Péguy qui, « ennemi de la moiteur des complaisances moisies », revendiquait de « publier toujours la vérité, quand même elle nous conduit à faire des personnalités». Après d’autres noms connus dans les précédentes, Boris Cyrulnik, Caroline Fourest, Céline Alvarez et Alain de Benoist sont donc les personnalités de cette livraison-ci. L’influence qu’ils revendiquent et assument exige contre-examen et controverse. Ce qui signifie les lire au plus près pour les discuter au plus serré, dans des enquêtes qui n’évitent aucune des questions qui fâchent. À la loyale.

Plus de détails sur le site de la Revue du Crieur, avec le sommaire complet de ce n°6

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