Les gens attendent qu'on les protège...

Tu dis que tu aimes les fleurs, Tu les coupes. Tu dis que tu aimes les poissons, Tu les manges. Tu dis que tu aimes les oiseaux, Tu les mets en cage. Quand tu me dis "Je t'aime", J'ai peur...

En conclusion de son article Stéphane Aliès nous dit - https://www.mediapart.fr/journal/france/010116/fra -

Au soir du second tour des régionales, dans l’entourage de François Hollande, on annonçait déjà trois priorités pour l’avenir : « la sécurité et la lutte contre le terrorisme – surtout depuis les attentats, les gens attendent qu’on les protège. C’est la base », expliquait un proche du président.

Tu dis

Tu dis que tu aimes le Soleil,
Mais tu te caches sous une ombrelle ;

Tu dis que tu aimes la Pluie,
Mais tu ouvres ton parapluie ;

Tu dis que tu aimes le Vent,
Mais tu clos fenêtres et portes ;

Tu dis que tu aimes la Mer,
Mais tu l’infectes et tu la souilles ;

« Tu dis que tu aimes les Poissons,
Mais tu les pêches et tu les manges » ;

Tu dis que tu aimes ton Chien,
Mais l’abandonnes au bord de la route ;

« Tu dis que tu aimes les Oiseaux »,
Mais tu les emprisonnes ;

Tu dis que tu aimes les Bêtes,
Mais tu vas à la chasse ;

« Tu dis que tu aimes les Fleurs »,
Mais tu les coupes et tu les cueilles ;

Tu dis que tu aimes la Forêt,
Mais tu y fumes et elle brûle ;

Tu dis que tu aimes la Vie,
Mais tu joues des banderilles ;

Tu dis que tu aimes ton prochain,
Mais, pourtant, tu fais la guerre…

…Alors, « j’ai un peu peur
Quand tu dis que tu m’aimes… »

Jacques Prévert

 

Moi, j'attends que l'on ne me dise plus que je suis en danger, j'attends que l'on ne me dise plus qu'à chaque coin de rue je risque ma vie. De toutes les façons que l'on prenne le problème, dès que j'entre dans ce monde, dès que je vis, je suis en danger de mort et cela à tous les âges de la vie.

Aujourd'hui j'attends plutôt que l'Etat garantisse à chacun une place dans la société, c'est plutôt cela qui garantira la cohésion sociale.

Ce qu'il nous faut inscrire dans la Constitution, c'est que l'Etat n'abusera jamais de son pouvoir comme il le fait aujourd'hui en écartant la séparation des pouvoirs, en ne soumettant plus ses prérogatives de la violence légitime à l'accord d'un Juge. Ce sont ceux qui sont dans la Toute Puissance qui pensent ainsi, il se prennent pour Dieu ! voir le point 2 'L'origine de l'Etat" dans le lien suivant :  

http://www.droitconstitutionnel.net/Etat.htm

Cours écrit par O. CAMY
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Un court extrait

B Le risque de la statocratie ?
Parce qu’il a le monopole de la violence, parce qu’il incarne seul l’intérêt général, parce que ses organes produisent un droit supérieur à tous les autres droits, parce qu’il détient des pouvoirs extraordinaires (police, armée, monnaie), parce qu’il exerce l’autorité souveraine du peuple, l’Etat au lieu de se considérer comme un simple moyen peut très facilement prétendre être une fin en soi.
Les conséquences en sont connues : despotisme d’Etat, abus de pouvoir des agents de l’Etat, mise en avant exclusive des intérêts de l’Etat (qui ne sont souvent que le masque d’intérêts de certains organes d’Etat, donc d’intérêts particuliers). Comme le droit constitutionnel occidental ne conçoit pas d’extériorité à l’Etat, de droit effectif en dehors ou au-dessus de l’Etat produisant une limite au pouvoir d’Etat (échec du droit de résistance), il ne peut éviter de telles dérives. Pire, ce droit rend possible l’arrivée de régimes dit de statocratie comme le fascisme où l’Etat devient le seul pouvoir. Cela ne signifie pas extension du domaine de l’Etat ou de la sphère publique mais domination totale de l’Etat. (cf. le régime nazi qui admettait une économie libérale, l’URSS au noir). Dans ces régimes, l’Etat devenu la seule valeur agit pour l’Etat dans une logique nihiliste.Peut-on alors parler d'une statocratie ? 

Solution : le concept de statocratie est problématique car il fait croire à la possibilité d'une extension indéfinie d'un droit de l'État et à la souveraineté de l'État. Mais le totalitarisme n'est pas stratocraitie. Il se manifeste par une inflation de normes plus ou moins ordonnées qui sont situées entre le droit et le fait.

http://www.droitconstitutionnel.net/Constitution-cours.htm

 



C Le risque de dissolution de l’Etat ?
Tout Etat comme nous l’avons vu repose sur une fiction : une incorporation de tout un peuple à un chef (Président, Premier ministre, etc) capable d’incarner l’Etat ; tout un peuple accepte qu’un seul au bout du compte agisse en son nom. C’est une mystique qui fonde cette union, solidifie le corps politique et le fait durer. Mais cette mystique n’est qu’imitation de la mystique chrétienne. Elle n’en a pas la force, la justification ultime… Le Christ est corps mystique par sa nature même (perfection, déité, etc.) ; le chef d’Etat n’est corps politique qu’indirectement : par le secours de la grâce lorsqu’il était Roi, par la béquille de l’idéologie lorsqu’il est élu ou désigné par un parti d’Etat. Dès lors si ce secours vient à manquer, si l’idéologie meurt, alors le processus d’incorporation peut cesser de fonctionner. L’Etat qui se voulait immortel meurt.

 

Ce lien avec Dieu reste toujours aussi vivace comme j'ai pu le découvrir dans le travail que j'ai mené sur l'institution scolaire, mais quel sens donnons-nous aujourd'hui à toute cette structure symbolique ? - http://josiane.blanc.pagesperso-orange.fr/fichiers_pdf/domination_emancipation.pdf

 

Les hommes avaient fait une Alliance avec Dieu, ces quatres mots sont porteurs d'un grand sens : Alliance, Promesse, Election, Loi. Aujourd'hui veulent-ils dire encore quelque chose ?

Qui croit encore aux promesses de nos élus ?

Qu'est devenue l'élection ?

et la Loi et l'Alliance qui en découlaient ?

 

N'est-il pas temps de reprendre cette construction humaine pour la moderniser véritablement ?

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