journal L'Envolée
pour en finir avec toutes les prisons
Abonné·e de Mediapart

11 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 mai 2020

Les amis de JC Merlet accusent !

Dans cette lettre à l'attention des journalistes, les amis de JC Merlet reviennent sur les raisons du maintien en détention de M. Merlet. A ce jour la Ligue des droits de l'homme (LDH), L'Envolée et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) ont fait savoir à la direction du CD de Nantes qu'ils suivent cette affaire de près.

journal L'Envolée
pour en finir avec toutes les prisons
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Lettre des amis de JC Merlet à l’attention des journalistes,

Nous, amis et soutiens de M. Merlet, venons par la présente vous relater des faits concernant la mort de M. Sambaly Diabaté  le 9 août 2016 à la prison centrale de Saint-Martin-de-Ré et concernant la situation de M. Merlet, actuellement détenu au CD de Nantes.

A Saint Martin de Ré, M. Merlet était présent lors de l'agression de Sambaly. Il a entendu les discours des surveillants se glorifiant de la façon dont ils avaient procédé pour le tuer.
Trois semaines après la mort de Sambaly c’est M. Merlet qui est devenu la cible des surveillants car celui-ci en savait trop, et ils ont essayé de l'éliminer.

Les coups qu'ils lui ont administré l'ont rendu paralysé a vie. En effet le 26 août 2016, Mme Berthon, chef de détention, a demandé l'intervention de neufs surveillants sur M. Merlet. Ces derniers lui ont porté de nombreux coups et bléssures, ont pratiqué la technique du «pliage» (technique qui consiste à briser les jambes et le dos d’une personne sans laisser de trace). Ils lui ont donc causé d'importants préjudices corporels.
C’est grâce a l'intervention de M. Hervé Gachet, premier surveillant, qui a ordonné a ces neufs collègues d’arrêter, car M. Merlet ne respirait plus. Sans M. Gachet il serait aujourd'hui mort, comme Sambaly Diabaté.
En mai 2017, M. Merlet (avec son conseil de l’époque Me Thiam ) a déposé plainte à l'encontre des surveillants Aurélien, Mika, et Jany pour ces faits (les seuls dont M. Merlet connaissait les prénoms). Il a été entendu par un brigadier de police : PV n°00278/2019/034166 et PV n°2019/005828). Ces plaintes sont restées sans suite.
Pour l'heure M. Merlet est dans un état catastrophique, une première demande de suspension de peine pour raison médicale à été rejetée en 2017. Une nouvelle demande vient d’être audiencée ce 6 mai : la juge d'application des peines (JAP) en charge du dossier a décidé de suivre l’avis du procureur et de demander de nouvelles expertises (psychiatrique, physique et neurologique).

Cette décision est incompréhensible : la suspension de peine de M. Merlet est urgente, et l’expertise psychiatrique n’est pas obligatoire (quant bien même elle le serait, des examens du CNE de Réau, fin 2017 stipulent qu'il n'est plus « dangereux »), l’expertise neurologique quant à elle existe déjà et décrit un état dégénératif (qui n’a donc aucune chance de s’être arrangée, même l’inverse) et la dernière expertise médicale date du 4 mars (par le Dr Visseaux, expert judiciaire au CHU de Nantes), sans compter que l’expertise du Dr Ferret en 2017 établissait la non comptabilité de son état de santé avec la détention.!!!!

Pourquoi ? Tout simplement parce que M. Merlet a porté plainte à plusieur reprises et ce, contre la JAP de la Rochelle (Mme Gratacos), la procureur de la Rochelle (Mme Ahras) et contre Mme Manau-Bénazéraf, à l'époque directrice de la maison centrale de St-Martin-de-Ré, au motif que celles-ci ont délibérément étouffées « l'affaire  Merlet » ne voulant pas un second scandale après celui de « l'affaire Sambaly Diabaté » (qui est d’ailleurs toujours en cours).

Selon M. Merlet, on a gentiment demandé a son conseil Me Thiam de ne pas poursuivre cette affaire au risque d’être rayé du barreau (tout petit barreau de La Rochelle)... Ce que fit Me Thiam qui ne souhaite plus entendre parler de M. Merlet et qui, à l'heure d'aujourd'hui refuse de tenir informé son client de l’avancé de son dossier ainsi que tout commentaire sur le sujet.
La justice persiste donc a vouloir laisser M. Merlet en prison malgrés son état de santé, malgrés la crise sanitaire et les libérations annoncées par Mme Belloubet !
Ils ont décidé que celui-ci allait mourir en prison, afin qu'il ne puisse pas témoigner des violences qu'il a subies et ainsi que celles commises sur Sambaly Diabaté.

C’est pour ces mêmes raisons que ses demandes de cellule PMR (adaptées aux personnes à mobilité réduite) n’aboutissent pas. Mme Pamart (directrice adjointe du CD de Nantes) fait la sourde oreille, et comme elle l'a si bien dit a M. Merlet : elle fait ce qu’elle veut !! Elle est la directrice!! Elle rejette donc la demande de cellule PMR, mais elle s'autorise a mentionner dans son dernier rapport de CPU, que suite a la demande de M. Merlet, celui-ci resterait au bâtiment C0. Le C0 est un quartier disciplinaire du CD de Nantes, M. Merlet n'a jamais fait la demande d’y être placé, et n’a pas non plus de rapport d’incident qui correspondrait au fait que la direction le place en disciplinaire. Il  ne demande que l'obtention d'une cellule PMR, et il obtient en retour des menaces de transfert. Le docteur Giaume de l’UCSA du CD de Nantes a correspondu par mail avec la direction à ce sujet, mais rien ne bouge, il semblerait même que l’avis d’une directrice soit finalement supérieur à un avis médical !!! Donc Mme Pamart lui refuse obstinément, laissant ainsi M. Merlet dans des conditions odieuses : il souffre d'un manque d’hygiène car il ne peut pas se déplacer pour se rendre aux douches, cela fait 18 mois qu’il en est privé !!!


Il est enfermé dans une cellule dont les murs sont moisis, sur lesquels il y a des champignons, et lorsqu’il pleut l'eau dégouline sur son lit et dort dans des draps trempés. Rappelons que c’est très grave, d’autant plus que ce dernier souffre pathologies pulmonaires entre autres.
Ces faits ont été constatés et dénoncés par des surveillants, mais en vain ! Mme Pamart reste sur ses positions !!
Pourquoi ? Parce que M. Merlet maintient ses plaintes a l'encontre de la justice et du système carcéral. Alors on le laisse délibérément crever au fond d'une cellule, afin de le faire taire, on l'isole de tout contact avec d'autres détenus. Vouloir la mort d’une personne handicapée afin qu'elle se taise semble normal à tout ce petit monde. Où est la justice de ce pays ?
Mais l'affaire ne s’arrêtera pas là et Mme Pamart devra s'expliquer sur les faits de détention abusive dans un bâtiment des punis, non adapté a un adulte handicapé, dans une cellule moisie, depuis 18 mois !!!
M. Merlet souhaite vivement témoigner des faits relatés dans cette lettre, il souhaite que ces plaintes aboutissent, que les témoins soient entendus (ce qui n’est pas le cas).
Il souhaite que Sambaly ne soit pas mort pour rien, il souhaite ne pas être handicapé pour rien, il souhaite que la vérité soit dite, et que chaque personne paye pour son degré d’implication dans ses violences.
Nous sommes révoltés devant autant d'injustice, nous disposons de nombreux documents prouvant les faits relatés ici.

M. Merlet n'a pas été condamné a mort, mais vu la situation actuelle cela reste a prouver !!

A ce jour, la Ligue des droits de l’homme, section Nantes, L'Envolée, et la Contrôleuse des lieux de privation de liberté, Mme Hazan, se sont saisis de notre appel et demandent des informations à la direction du CD de Nantes. Ce n’est que le début ! Nous espérons que le plus d’organisations et de journalistes possible se saisissent de cette affaire afin de rendre dignité et liberté à M. Merlet.

Pour toute information supplémentaire veuillez nous contacter à :

lesamisdeJCMerlet@gmail.com

Les amis de J.C. Merlet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Des femmes et des enfants survivent dans la rue à Bagnolet
Une vingtaine de femmes exilées, et autant d’enfants, dont des nourrissons, occupent un coin de rue à Bagnolet depuis le 4 août pour revendiquer leur droit à un hébergement. Une pétition vient d’être lancée par différentes associations pour soutenir leur action et interpeller les autorités sur leur cas.
par Nejma Brahim
Journal — Migrations
Face au risque d’expulsion à Montreuil : « Je veux juste un coin pour vivre »
Ce mardi, une audience avait lieu au tribunal de proximité de Montreuil pour décider du délai laissé aux cent vingt personnes exilées – femmes, dont certaines enceintes, hommes et enfants – ayant trouvé refuge dans des bureaux vides depuis juin. La juge rendra sa décision vendredi 12 août. Une expulsion sans délai pourrait être décidée.
par Sophie Boutboul
Journal — Énergies
La sécheresse aggrave la crise énergétique en Europe
Déjà fortement ébranlé par les menaces de pénurie de gaz, le système électrique européen voit les productions s’effondrer, en raison de la sécheresse installée depuis le début de l’année. Jamais les prix de l’électricité n’ont été aussi élevés sur le continent.
par Martine Orange
Journal — Politique économique
Inflation : le gouvernement se félicite, les Français trinquent
L’OCDE a confirmé la baisse des revenus réels en France au premier trimestre 2022 de 1,9 %, une baisse plus forte qu’en Allemagne, en Italie ou aux États-Unis. Et les choix politiques ne sont pas pour rien dans ce désastre.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
Faire face à l’effondrement du service public de santé
Après avoir montré l’étendue et les causes des dégâts du service public de santé français, ce deuxième volet traite des solutions en trompe-l’œil prises jusque-là. Et avance des propositions inédites, articulées autour de la création d’un service public de santé territorial, pour tenter d’y remédier.
par Julien Vernaudon
Billet de blog
Ce que nous rappelle la variole du singe
[REDIFFUSION] A peine la covid maitrisée que surgit une nouvelle alerte sanitaire, qui semble cette fois plus particulièrement concerner les gays. Qu’en penser ? Comment nous, homos, devons-nous réagir ? Qu’est-ce que ce énième avertissement peut-il apporter à la prévention en santé sexuelle ?
par Hervé Latapie
Billet de blog
Variole du singe : chronique d'une (nouvelle) gestion calamiteuse de la vaccination
[REDIFFUSION] Créneaux de vaccination saturés, communication inexistante sur l'épidémie et sur la vaccination, aucune transparence sur le nombre de doses disponible : la gestion actuelle de la variole du singe est catastrophique et dangereuse.
par Jean-Baptiste Lachenal
Billet de blog
Variole du singe : ce que coûte l'inaction des pouvoirs publics
« L'objectif, c'est de vacciner toutes les personnes qui souhaitent l'être, mais n'oublions pas que nous ne sommes pas dans l'urgence pour la vaccination ». Voilà ce qu'a déclaré la ministre déléguée en charge des professions de santé, au sujet de l'épidémie de la variole du singe. Pourtant pour les gays/bis et les TDS il y a urgence ! Quel est donc ce « nous » qui n'est pas dans l'urgence ?
par Miguel Shema