Le Canard ou le Corbeau déchaîné ?

On m’avait prévenu. Il se préparait « quelque chose » contre moi. Le sniper était une dame, Madame Anne-Sophie Mercier. Je ne la connais pas. Je vous rassure, elle non plus.

On m’avait prévenu. Il se préparait « quelque chose » contre moi. Le sniper était une dame, Madame Anne-Sophie Mercier. Je ne la connais pas. Je vous rassure, elle non plus.

Dans l’édition des fêtes de fin d’année, en guise de vœux, ce journal, Le Canard Enchaîné, a pensé à moi et a décrété que je faisais « l’unanimité »… contre moi. Unanimité anonyme bien-sûr.

Qu’en penser ? Rien. Il n’y a pas un seul fait. Pas un seul nom. Des morsures et du venin anonyme. Autant de tact que dans un concours de ball trap.

Dans l’ordre, je suis « un fou furieux », « maniant l’intimidation » (dixit un nommé Dumay, ex-rédacteur en chef éphémère de Témoignage chrétien), je suis « un homme de grands combats » mais « un peu cintré » ; je fais l’éloge de la coalition allemande gauche-droite, « je suis à la droite de Macron » horresco referens ! ; mieux, j’aurais des « affaires de fric » avec des confrères. Quels confrères, quel montant et quand ? Toujours l’anonymat, la vieille caractéristique des corbeaux.

A lire ce « portrait », je voudrais mettre tous mes confrères sur écoute : j’ai très exactement dit le contraire mais je ne confonds pas le principe du secret professionnel et l’affaire Sarkozy amalgamé dans la pétition dite des écoutes. J’ai soutenu la proposition de l’Ordre des avocats de Paris et de son bâtonnier à ce sujet : un Juge des libertés.

J’aurais troqué mon habit de trappeur contre un smoking de gandin en quittant Henri Leclerc, avec lequel j’ai été associé neuf années cependant, pour défendre la Ville de Paris, les Régions littorales dans l’affaire de l’Erika où j’ai contribué à indemniser le patrimoine public à hauteur de 25 millions d’euros toutes sommes confondues. Je suis le conseil de Mediapart le compétiteur du Canard ce qui me vaut des accrochages avec tous les ministres présents passés et sans doute à venir. Peu lui importe : je m’embourgeoise. Dame Mercier a dit sa messe.

J’ai défendu les familles des gamins de Villiers-le-bel et de Clichy-sous-Bois, mais ce n’aurait été pour moi qu’une sorte de thalassothérapie spirituelle. Quatre enfants morts, un grièvement blessé. Et le pouvoir politique ligué contre les familles et leurs avocats. Alors là Dame Mercier, on est franchement au-delà du pathétique. No comment.

Plus, j’aurai complètement échoué dans ma carrière politique. Là où je me suis présenté, mes scores ont été pourtant décrits comme surprenants car le challenge initial à peu près impossible. Mais l’équité et l’exactitude ne sont pas le souci de l’auteur. Mordre tel est le mot d’ordre…

Enfin, je suis patelin mais attention, c’est pour cacher mon arrogance. Deux confrères livrent une opinion plutôt favorable. Aveugles ou trop charitables sans doute. Mais c’est excellent pour le plateau, asymétrique, de la balance de Dame Mercier.

Comment un personnage aussi dénué d’intérêt peut-il mobiliser la plume de Dame Mercier et plus d’un quart de page dudit Canard ? Qui faut-il donc convaincre  qui serait encore abusé ? Allez, encore un effort pour parvenir à l’unanimité sans doute…

Evidemment toutes les opinions sont autorisées. Mais qu’est-ce qu’une opinion anonyme et partant invérifiable ? On me dira : secret des sources. Le secret des sources a une vertu : l’exercice d’un noble métier et certainement pas d’être un système clandestin d’évacuation des eaux usées.

Cet article sera un bon support de cours à l’une de mes séances de l’Ecole de journalisme de Sciences Po spécialement consacrée à la déontologie.

Ce papier est un mix d’ignorance et  de beaucoup de suffisance. Ces traits de caractère eurent valu à leur auteur chez Molière, Gautier ou Rostand  le nom de « pecque ». C’était notre rubrique non pas Pan sur le Bec mais Pan sur la Pecque !

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