Lettre ouverte des étudiants du BTS de Suger à Madame la Rectrice

Dans le cadre de la mobilisation Mouvement Suger, qui dénonce la mutation forcée du responsable du Pôle Image et Son du lycée Suger (Saint-Denis, 93), les initiatives se multiplient pour exiger auprès du rectorat la réintégration de Pascal Stoller à son poste. Ici, la lettre ouverte des étudiants du BTS audiovisuel, en grève depuis le 11 septembre, pour obtenir audience auprès de la Rectrice.

Les étudiants du BTS audiovisuel de Suger, en grève depuis le 11 septembre Les étudiants du BTS audiovisuel de Suger, en grève depuis le 11 septembre

 

Saint-Denis, le 11 septembre 2017

Madame la rectrice,

Vous n'êtes pas sans savoir que la mutation de Pascal Stoller, professeur faisant fonction de chef des travaux du pôle Image & Son au lycée Suger à Saint-Denis, est la cause d'un vigoureux mouvement de contestation qui perturbe la rentrée depuis fin août. Un mouvement s'est constitué, composé de professeurs, d'étudiants ou d'anciens étudiants, de parents d'élèves, d'élus, de syndicats, de professionnels... Tous demandent la réintégration de Pascal Stoller au sein du lycée Suger.

Nous, étudiants en BTS Audiovisuel du lycée Suger, avons décidé d'apporter notre soutien à ce mouvement en nous déclarant grévistes à compter de ce lundi 11 septembre 2017 : nous ne commencerons pas les cours dans les conditions désastreuses qui nous sont proposées par l'Education Nationale pour cette rentrée scolaire.

La mutation de Pascal Stoller, à notre avis totalement hors de propos au vu de sa compétence dans la gestion du pôle Image & Son (qui, devons-nous le rappeler, est un des plus performants de France grâce au travail de M. Stoller et de l'équipe éducative sur plus de 15 ans), intervient de plus dans des circonstances pour le moins obscures : nous avons tous appris cette mutation, sans en comprendre la raison, au retour de nos vacances d'été. L'injustice et le caractère précipité, dissimulé de cette décision, nous amènent à suspecter qu'elle ne formule pas réponse à des problèmes pédagogiques posés par le travail de M.Stoller, mais qu'elle est en fait une forme de sanction à son égard.

Sans même parler du caractère suspect de cette mutation, c’est surtout les conséquences directes qu’elle implique sur nos études qui nous poussent à la protestation. En effet, aucune alternative au départ de Pascal Stoller n’était manifestement prévue par l’administration, en témoigne la confusion générale qui entoure la rentrée, au niveau de l’illogisme des emplois du temps, de l’organisation de nos projets audiovisuels, qui pour le moment ont tout bonnement disparu, de la survie des partenariats tissés au fil des ans avec le milieu professionnel, etc.

Nous voulons exprimer notre forte inquiétude vis-à-vis de ce qui semble se dessiner comme une ou plusieurs années de “rodage” pour la nouvelle administration : en effet, le temps pour trouver des solutions aux innombrables dysfonctionnements soulevés par le départ de M. Stoller sera long, très long. Et ceci en admettant que solutions il y ait, ce dont on peut raisonnablement douter. L’inconséquence de la décision de mutation de Pascal Stoller fera alors de nous une génération d’étudiants sacrifiés, en compromettant gravement la qualité de notre enseignement. Les étudiants de 2e année, qui doivent passer leur diplôme à la fin de l’année, verront leurs chances de réussite atteintes, tandis que les nouveaux venus, à qui on a promis une formation d’excellence dans un des meilleurs BTS audiovisuels de France, ont très vite compris qu’ils avaient été dupés par cette désorganisation soudaine du pôle Image & Son : ils ne veulent pas d’une formation au rabais.

Tous ces éléments nous font craindre ultimement pour la survie même du BTS et des autres formations du pôle (Lycéens option CAV, Bac Pro Photographie, Licence Pro…) : le départ de M. Stoller risque de lui porter un coup fatal. Pour cette raison nous pensons qu’une erreur a été commise en écartant Pascal Stoller, et que la portée de cette décision sur l’enseignement n’a pas été mesurée par ceux qui en sont les auteurs.

C’est pour trouver une solution constructive que nous nous adressons à vous, Madame la Rectrice : nous demandons un entretien avec vous pour discuter des conditions qui nous permettront d’envisager notre année avec sérénité, et non avec appréhension comme c’est actuellement le cas. Une délégation du mouvement pour Suger avait été reçue au rectorat fin août, par des agents qui nous avaient malheureusement notifiés ne pas disposer de pouvoir décisionnaire sur ce dossier. Nous savons que vous l’avez, ce pouvoir, aussi nous souhaitons être reçus par vous directement, comme l’urgence de la situation l’exige. La grève des étudiants se poursuivra tant qu’aucune solution n’aura été trouvée. Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Madame la Rectrice, nos respectueuses salutations.

Les étudiants du BTS Audiovisuel du Lycée Suger

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