Une nouvelle rentrée explosive se prépare à Suger

A quelques jours de la rentrée, le pôle Image et Son du lycée Suger, ses personnels enseignants, ses étudiants et élèves, leurs parents, les habitants du Franc Moisin et plus généralement de Saint-Denis se mobilisent face à une institution sourde, jusqu'ici, à leurs protestations ; ici, la lettre ouverte des enseignants du BTS.

Le 21 août 2017

Nous, personnels enseignants du BTS audiovisuel du lycée Suger, avons appris en juillet la mutation de Pascal Stoller, faisant fonction de Directeur délégué aux Formations Professionnelles et Technologiques du Pôle Image et Son de notre établissement. Cette décision de Madame la Rectrice plonge toute l'équipe dans le désarroi et la colère : cette mesure brutale, prise officiellement au nom de "l'intérêt du service" - quelle farce obscène ! - livre l’ensemble des formations du Pôle Image et Son à la désorganisation complète (personne à notre connaissance n'a été nommé à ce jour pour occuper le poste laissé vacant) et nous prive de celui qui le dirige avec passion et efficacité depuis sa création, dont il a été le principal instigateur.

Les performances remarquables de ces formations - qui flirtent pour le BTS audiovisuel avec les 100% de réussite à l’examen depuis ces 15 dernières années, dans un quartier particulièrement sensible du 93, et avec un taux d'embauche à 6 mois de l'ordre de 70% - doivent beaucoup au travail de Pascal Stoller, à sa détermination sans relâche et à la dynamique qu'il a su impulser et nourrir au sein de ses équipes.

Nous n'envisageons pas d'assurer la rentrée sans lui. Non seulement parce que le BTS, en l'absence d'encadrement, ne sera pas en mesure d'accueillir les quelques 140 étudiants inscrits pour cette rentrée en BTS et en Licence Professionnelle ; mais parce que cette mutation est absolument scandaleuse. Dans sa forme d'abord : c'est une sanction honteuse qui ne dit pas son nom, pour des fautes introuvables ou alléguées par un rapport calomnieux, rédigé par des inspecteurs manifestement mandatés pour dresser une "expertise" exclusivement à charge, et dont la confirmation est parvenue fin juillet, juste après la fermeture du rectorat pour ses congés d'été, lorsqu'il ne se trouvait plus aucun interlocuteur pour en rendre raison. Dans son fond ensuite : au lieu de reconnaître et d'épauler l'indéniable talent qui a permis à ces formations de se hisser à la première position en termes de réussite au diplôme (pour le BTS audiovisuel, la section cinéma audiovisuel et la Licence Professionnelle notamment), cette mutation semble l'expression d'un calcul abject, prétendant résoudre les problèmes d'un établissement exposé aux violences extérieures en faisant tomber une tête - et la meilleure d'entre elles.

Puisque nos tentatives de dialogue avec l'institution ont échoué, puisqu'elle s'est montrée sourde à l'ample mobilisation qui s'est déjà manifestée sous la forme d'une pétition de soutien (2000 signatures à ce jour) et de centaines de courriers adressés au rectorat, alors il ne nous reste plus qu'à faire connaître notre position en l'état actuel de la situation : si Pascal Stoller n'est pas rétabli à son poste faisant fonction de chef des travaux, nous ne serons pas en mesure d'assurer la rentrée à Suger. Il appartient à Madame la Rectrice de revenir sur cette décision absurde et de faire en sorte que la rentrée au lycée Suger soit possible. Dans cet espoir, et en attendant, aux côtés des centaines d'étudiants, de parents d'élèves, d’élus, de professionnels du secteur, d’habitants du quartier qui forment cette mobilisation, nous disons : "Pas de Suger sans Stoller".

L'équipe enseignante du BTS audiovisuel de Suger.

(Lettre postée à la Rectrice le 22 août 2017).

 

 

 

 

 

 

 

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