« Ne me parlez pas "d’acceptation", de "renoncement", mais posez-vous cette question : accepteriez-vous que l’on décide à votre place si vous avez le droit et le choix de vivre votre sexualité ? » C’est ainsi que Pascale Ribes, vice-présidente de l’Association des Paralysés de France et présidente de l’association CH(s)OSE, qui milite pour l’accès effectif à une vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, interpelle les lecteurs du Républicain Lorrain dans une Tribune parue aujourd’hui et en ligne sur le site du quotidien régional. Une tribune où elle remet en cause les raccourcis et les arguments parfois fallacieux des opposants à la création de services d’accompagnement sexuel en France, mais aussi ceux de certaines associations féministes.

(Mise à jour dim. 31 janv. 2016)

Depuis mon dernier billet, une idée me trotte dans la tête : et s'il n'y avait pas de problème ?! (juridique, j'entends) !

Et si l'audace suffisait ?! Notre capacité à surmonter nos tabous, nos non-dits, nos inhibitions, nos peurs, nos jalousies, nos colères... ?! Notre courage à puiser au fond de notre humanité ?! Notre lucidité à mesurer l'étendue de nos faiblesses ?!

Et si on se faisait confiance ? D'abord à soi-même, et puis aux autres ?

Et si, en "quémandant" un droit, on évitait de s'interroger au fond ?

Car j'aimerais bien qu'on me montre un texte de loi, un règlement, qui priverait la personne handicapée du droit de disposer à sa guise de son corps et de sa tête...

Ce que dit le droit selon l'association CH(s)OSE.

A supposer qu'elle dispose de toute sa raison, bien sûr.

Donc, pour une personne handicapée désireuse d'épanouir sa sexualité qui ne dispose pas de l'autonomie suffisante, elle doit pouvoir faire appel à un tiers sans que personne ne l'en empêche.

Pour beaucoup, l'idéal sera de chercher et trouver l'amour et de vivre une relation suivie, sentimentale, affective, amoureuse, sexuelle. Mais le handicapé en question pouvant être vous ou moi, il aura les mêmes désirs et les mêmes pulsions que le commun des mortels. Orientation sexuelle, importance du couple, tout est ouvert.

Le principal  risque auquel est confronté ce handicapé tient aux éventuels préjugés de ses proches... Si ces derniers sont dans l'incapacité de les surmonter, il aura bien du mal à se sentir en confiance pour nommer ses désirs... Un peu comme un adolescent qu'il est peut-être aussi...

C'est pourquoi il est si important que le tiers ouvert, neutre, impartial et bienveillant existe quelque part et qu'il puisse être connu et reconnu.

Supposons que ce soit le cas, qu'il soit compétent, éthique et supervisé.

La mise en relation se ferait le plus simplement du monde par la personne elle-même, un membre de sa famille, un personnel d'établissement social ou médical, comme faire venir un coiffeur à son domicile, par exemple...

 Le détachement moral sera un gage de simplicité et de réussite.

 

Reste à trouver un nombre suffisant de personnes en capacité d'être ce tiers !

Commençons par le premier. Moi, par exemple.... :-)

Je suis demandeur d'emploi, disponible, j'ai besoin de travailler et j'ai les compétences exigées. Je suis autoentrepreneur et membre d'un syndicat professionnel qui assure la supervision.

Quand commençons-nous ?!

 

Je suis capable de discerner mes limites. Si vous me contactez et que je décline la mission, c'est qu'un élément me les aura fait atteindre. Il ne faudra pas m'en vouloir :-)

Si vous me le demandez, je pourrai tenter de vous les expliquer avec pudeur et sincérité.

Dans le cas contraire, nous définirons ensemble l'objet et la complexité de la mission et nous définirons le cadre minimal nécessaire, notamment la contrepartie financière.

Je me refuse à les exprimer à priori car j'attache beaucoup d'importance à ce que cela reste ouvert et spontané, que je ne m'enferme ni ne vous enferme dans mes préjugés car, peut-être que vous aussi vous me ferez me dépasser...

Ce qui est sûr, c'est que c'est un métier de liberté. Comment l'appeler ? J'ai personnellement un faible pour accompagnateur. Mais je suis déjà prêt à laisser glisser tous les quolibets sur ma carapace intérieure... Homme prostitué sera un compliment pour ce si vieux métier qu'ensemble nous ferons peut-être encore progresser, qui sait... J'ai déjà vendu l'action de nombreuses parcelles de mon corps dans ma vie déjà bien remplie d'homme mâture...

Et quand j'expliquerai à ma fille que je fais don de mon corps pour une noble cause - aider l'autre à cheminer à travers ses désirs, je rêve qu'elle soit fière de moi...

Péripatéticien... du grec  « se promener » selon une fiche wikipédia qui semble consistante...

N'est-ce pas un synonyne de "cheminer" et donc, d'accompagnement ?!

J'aime les surprises philosophiques.... Pas vous ?

 

Je peux imaginer qu'il y ait une ou plusieurs failles dans mon raisonnement. C'est pourquoi j'attends avec impatience vos commentaires bienveillants ou outrés.

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