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Billet de blog 17 août 2021

Lettre de rupture

La période révolutionne nos attendus et nous propose une nouvelle interprétation de nos certitudes. La vie ne serait plus la même le "jour d’après". Nous aurions appris de nos erreurs et serions prêt·es à ne plus les prolonger...

Julien Duc-Maugé
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Seulement, la machine hégémonique — celle à laquelle nous participons par nos actions, par nos ambitions — ne semble vouloir prendre en compte ces nouveaux paramètres que pour protéger ce qui nous aliénait. Car, rassurons-nous, "tout va bien aller" !

Pourtant tout se met déjà mis en œuvre pour re-normaliser. Rien ne doit nous permettre de briser nos conditionnements, de reconsidérer et de repenser nos fonctionnements inégalitaires, écocidaires, compétitifs et profondément incommodants. Nous devons réussir "quoiqu'il en coute" !

Echinacea © JDM

Jusqu’ici, il est indéniable que toute tentative de détourner la machine de son autoroute, à défaut de réussir à l’arrêter, ne servent qu’à la renforcer, à l’accélérer. Et beaucoup d’entre nous, faute de penser pouvoir mieux faire, continuons de l'accompagner et d’avancer avec elle par crainte de ne pas pouvoir repartir, de rester coincé·es, de perdre. Nous l’avons — peut-être — laissé croître parce que nous avons construit nos parcours, nos carrières et leurs enjeux, avec la croyance que ce système prendrait soin des plus démuni·es — comme nous voulions prendre soin. Nous nous sommes construit·es avec les éléments et matières de ce système. Alors quoiqu’on en dise, nous sommes commensaux, nous en sommes partie-prenante, nous sommes la machine.

Depuis des années, et de plus en plus intensément, beaucoup de nos discussions au centre d’art (Synesthésie MMAINTENANT à Saint-Denis) nous conduisent à chercher comment nous pourrions vivre sans cette main invisible qui nous nourrit, sans avoir à en attendre une caresse, ou d’avoir à la mordre pour la rappeler à nous ! En somme, nous essayons de la quitter, de rompre, de nous libérer, d’accepter de ne plus avoir affaire à elle, de reconnaître que cette relation est toxique et qu’il nous est possible de nous détourner, de la destituer...
C’est dur de lâcher le rocher auquel nous apprenons à nous agripper toutes nos vies !

Et alors qu’une occasion de nous arrêter et de penser nous est donnée, il apparait que nous rentrons dans le rang, que nous continuons en masse, et ne cessons, pour beaucoup, de travailler, malgré la baisse évidente de l'activité événementielle. Le télétravail est le nouvel open-space du libéralisme ! Il faut bien préparer la suite ; il faudra reprendre où nous en étions, lisser l’aspérité laissée par ce moment belliqueux où un virus s’en est pris à notre confort de vie, à notre économie. Car nous en sommes dépendant·es.

Or je souhaite que nous nous saisissions de cette occasion pour fabriquer non pas de l’espoir, mais de la confiance et de l’estime pour nous-mêmes, individuellement et collectivement, pour reprendre en compte nos émotions, comme habilitées et valables. Restituons notre nature ! L’inconnu se dévoile. Redevenons curieuses·ieux !
De nouvelles perspectives s’alignent et se révèlent, tandis que nous sentons nos corps avec d’autant plus d’acuité.

Publié initialement le jeudi 23 avril 2020
https://mmaintenant.org/festival/2020/solsticedete2020.html

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